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Sommaire du N°125 - EDITO - AGENDA - PAROLES DE CLIENT - LES ECHOS - RESTAURANT TRADITIONNEL - EPICERIE - SPECIALITE - RESTAURATION RAPIDE - PRODUIT - DOSSIER - CULTURE DU GOUT - PETITE HISTOIRE DE... - C'EST LE MOIS - MON METIER, MA PASSION - SOMMELIER - TENDANCE - MARKETING - LES RENCONTRES D'ARNAUD ALBINONI - LIVRES MARKETINGCONNAISSEZ-VOUS LE "PLOG MARKETING"L'activité des chercheurs dans le monde du marketing ne cesse de surprendre, tant il foisonne d'études originales et d'idées venues de toutes les sciences humaines. Parmi les branches d'études du marketing, un auteur nord-américain, Stanley Plog, a marqué durablement les esprits au cours de ces trente dernières années par son approche sociologique du choix des destinations touristiques. Pour aller encore plus loin : expliquer aussi la distribution des biens et services dans une zone touristique comme l'évolution de cette dernière en fonction de son historique ! Passionnant. Qui s'intéresse à votre établissement ? Cette question, qui ne se l'est pas posée ? Le bon docteur Plog, un consultant du monde de l'Hôtellerie, se penche depuis 35 ans sur les destinations de ses compatriotes américains ; il est parvenu à en dresser un modèle représentatif. Par extension, ce modèle correspond aussi, par la définition qu'il donne à chaque type de voyageur, à n'importe quel voyageur touristique occidental. Nos amis Québécois par exemple, riche de sites historiques comme de sites naturels, les ont adoptés pour mieux comprendre le type de leur destination de voyage d'agrément. Nul doute que l'on peut aussi l'appliquer à notre doux pays. Et comprendre comment évoluent nos contrées en termes d'offres par rapport à des demandes souvent bien mouvantes. Stanley Plog distingue ainsi cinq types de touristes.
D'abord “l'aventurier”. C'est avant tout un débrouillard qui cherche à partir loin de son contexte quotidien. Il aime la nouveauté et l'étranger. Il adore partir vers une destination dont les trésors lui sont totalement inconnus. Il fait de longs séjours et peut dépenser plus d'argent que la moyenne. Il est dans l'esprit du “routard”. C'est par exemple l'Américain qui n'hésitera pas à s'enthousiasmer pour une cuisse de grenouille ou un escargot bien bourré d'ail. Il représente 4% de la population US. Vient ensuite le “quasi aventurier”. C'est la deuxième vague qui débarque sur la plage. Il représente une masse de population plus importante, 16%, mais est plus douillet. Pour lui, pas question d'apprendre à passer les vitesses sur une bonne vieille “deuche”. S'il part volontiers seul sur les routes, il lui faut la climatisation, quatre roues motrices et une boite auto. Un GPS suffit à son bonheur pour s'orienter de façon quasi indépendante. Puis nous voici enfin avec le gros du contingent. Le “centre”. 62% de la masse totale touristique US. En France, c'est typiquement notre couple d'amoureux américains qui vient dans notre beau pays se ressourcer parce que nous sommes “so romantic”. Il n'a pas forcément cherché à apprendre toutes les subtilités de notre langue pour demander son chemin, et il aime bien retrouver son niveau de confort habituel. (Nous avons un ami québécois venu nous visiter, tout étonné de ne pas avoir de clim' dans sa chambre d'hôtel, par exemple.) Il est aussi relativement indépendant et n'aime pas la fréquentation du troupeau. Enfin, les deux dernières catégories sont celles du “quasi conservateur” (16%) et du “conservateur” (2,5%). Quand le membre d'une de ces dernières catégories voyage, il entend bien retrouver ce qui lui semble familier chez lui. C'est le voyageur de groupe qui affectionne les chaînes standardisées et ne sort guère des chemins que son tour opérateur lui a tracés. Il est extrêmement prudent. Voire méfiant. Peu curieux. Il ne choisit que des bannières de restauration qui lui sont familières, ou engagent sa confiance. Quelle évolution des zones de tourisme ?
Quand on a l'occasion de traverser les grandes destinations touristiques françaises, on est étonné de constater leur évolution rapide dans les offres proposées. Et c'est encore plus flagrant dans les petites villes au tourisme développé. Du virage marketing qu'offrent notamment les entreprises de restauration près des grands sites touristiques. L'occasion de vérifier les théories de Monsieur Plog, qui lie étroitement le développement des zones de tourisme au type de touristes qui s'y rend, comme au cycle de vie de la destination touristique. On constate parfois la déception de touristes revenus de France et qui n'y ont pas trouvé ce qu'ils croyaient découvrir. Ce touriste, c'est celui du centre bien sûr, cherchant le dépaysement mais avec le confort auquel il est habitué dans son quotidien. Parce qu'il ne s'est guère aventuré au-delà de l'aménagement des abords immédiats des grandes curiosités qu'il a visitées.
par Jean-Baptiste Meunier
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