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RESTAURANT TRADITIONNEL

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Le Moutardier du pape

15, place du Palais
84 000 Avignon

Tél. : 04 90 85 34 76
Ticket moyen : 50 euros

LE MOUTARDIER DU PAPE EN AVIGNON

Autrefois, la cuisine regroupait toutes sortes de métiers très spécialisés : le souffleur pour attiser la braise, le rôtisseur pour les viandes à rôtir et le moutardier qui, saucier, préparait la moutarde en graines. Dans les cuisines du Palais des Papes, “Le premier moutardier du Pape” avait une fonction capitale quant à la réalisation de plats bien relevés ! C'est de là que l'idée est venue au patriarche de la famille Perrin, Bruno de son prénom, de baptiser son restaurant semi-gastronomique “Le Moutardier du pape”.

“Le Moutardier du pape”
Sur la place du Palais des Papes

Situé sur la place du Palais des Papes, le Moutardier bénéficie d'un emplacement à la fois insolite et stratégique, du fait de sa proximité avec le majestueux édifice. Imposante forteresse et palais somptueux, celui-ci demeure un symbole de la puissance de la chrétienté et du pouvoir temporel et spirituel qu'exerçait la papauté à cette époque. Aujourd'hui, il accueille toute l'année des visiteurs de toutes nationalités, qui s'émerveillent aussi bien de son histoire, de sa prestance que de sa bouteillerie.
Ouvert en 1997 par Bruno Perrin, le Moutardier est une création au sens artistique : un restaurant semi-gastronomique pleinement inspiré du Palais. Le cadre, la décoration, la cuisine, la cave à vins, la majesté des lieux sont en parfaite harmonie avec le contexte propre au très fameux édifice. Bruno Perrin avait rapidement compris à l'époque que dans un lieu aussi renommé il était de mise de proposer un espace de restauration à la hauteur de l'emplacement, et surtout en adéquation avec l'environnement. C'est plein d'énergie et de projets, en famille, avec son épouse, Danielle, et ses deux fils Mathieu et Emmanuel, que Bruno a saisi l'opportunité d'ouvrir l'établissement, il y a maintenant onze ans.

Chacun officie dans ses fonctions, selon une répartition bien équilibrée ; Bruno supervise et orchestre l'ensemble, Emmanuel, trente-sept ans, élabore les recettes avec le chef Guillaume Tabolat et s'affaire en cuisine, Mathieu, trente ans, veille à ce que tout soit parfait en salle, tandis que Danielle joue le rôle d'arbitre et de médiatrice quand le besoin s'en fait sentir ! Travailler en famille n'est pas toujours chose facile. Mais la famille Perrin peut se féliciter d'avoir surmonté haut la main les difficultés des débuts, et d'offrir à ses visiteurs un restaurant d'exception.

Du fait de son emplacement privilégié, le Moutardier accueille essentiellement une clientèle touristique, sans délaisser pour autant les habitués de la belle ville d'Avignon. Bien que les exigences des clients de nationalités étrangères vis-à-vis de l'accueil, du service, de l'élégance de la table, de l'ambiance soient communes, elles divergent nettement vis-à-vis de la cuisine. Avec le temps et l'expérience, Emmanuel et Mathieu se sont vite rendu compte que leurs carte et menus devaient s'adapter aux goûts cosmopolites de leurs clients.

Ainsi, les Américains adoptent sans retenue le suprême de volaille, mais éprouvent souvent une certaine méfiance à l'égard des plats à base de lapin, pourtant succulents. Les Italiens font honneur à nos fromages bien français et aux plats froids comme les salades. Les Allemands, quant à eux, sont plutôt imprévisibles et n'ont pas vraiment de règles établies si ce n'est leur penchant pour la bière… Quant à nos compatriotes, c'est vers les plats en sauce qu'ils s'orientent, en souvenir peut-être de la cuisine traditionnelle de leur grand-mère…

Elaborer des plats en fonction de son type de clientèle est pour Emmanuel un défi et une passion… qu'il partage avec son talentueux chef cuisinier, Guillaume Tabolat. Ce dernier, avant de rejoindre la famille Perrin, a fait son apprentissage durant trois ans chez Christian Etienne, fameux restaurant gastronomique d'Avignon, situé à deux pas du Moutardier. De leurs réflexions et de leurs expériences communes est né un éventail de plats diversifiés, fins, subtils et savoureux, qui s'inspirent de cette province épicée et colorée. En fonction de la qualité des produits du moment et des arrivages, Emmanuel s'autorise en pleine saison à remplacer un plat par un autre. L'idée est de proposer des plats uniques en bouche avec des produits d'excellence dont les saveurs émerveillent les convives. Et cela, bien sûr, se décide sur le moment.

Ainsi, deux menus sont à l'honneur au Moutardier
Le menu du Palais, à 46 euros, est à la fois original et traditionnel : asperges vapeur, jambon Sérano copeaux de parmesan et pistou ; brochette de gambas au tandoori accompagnée de sa polenta poêlée aux parfums de citron et de romarin ; foie gras frais de canard au rhum vanillé, toast et demi-caille colorée au miel ; filet de thon mi-cuit compotée de carottes parfumée à la vanille, vinaigrette aux aromates ; Quasi d'agneau du Ventoux “vrai jus”, picholines et tian de légumes.
Le menu du marché à 33 euros privilégie les plats végétariens : soupe glacée de tomates aux croutons grillés au thym et pistou de menthe fraiche ; assiette de légumes de saison ; soupe d'abricot au lait de coco et citron vert, tuiles au thé.

Mathieu, en tant que gouteur de plats, aurait tendance à faire l'apologie du fois gras frais de canard au rhum vanillé et du succulent moelleux au chocolat auprès de sa clientèle cosmopolite aux envies et goûts opposés. Selon lui, quelle que soit la nationalité de ses hôtes ces deux mets connaissent un réel succès.

Pour les clients les plus pressés mais qui souhaitent tout de même manger gourmet, le chef propose deux formules à 25 euros qui comprennent une entrée, un plat et un dessert ou un plat, un verre de vin et un café.

Le Moutardier met à l'honneur les vins des vignerons des alentours. Châteauneuf du Pape, Côtes du Rhône, Bourgogne blancs… l'idée est de proposer aux clients des vins au verre qui soient en accord avec les mets choisis. Là encore, on constate que les demi-bouteilles ne font plus parties de la carte, pour éviter tout gaspillage et permettre aux convives de découvrir plusieurs saveurs à un prix attractif.

A la fois chic et gourmet, le Moutardier accueille en son fief une clientèle de classe moyenne grâce à son rapport qualité/prix raisonnable. La qualité du service digne d'un restaurant gastronomique et son emplacement justifient nettement les tarifs affichés. Le guide Michelin lui a d'ailleurs attribué en 1999 une fourchette, distinction très noble qui confirme la qualité des prestations.

Les deux frères, Emmanuel et Mathieu, passionnés par leur métier, l'un parce qu'il compare les deux services du jour à une pièce de théâtre dans laquelle les convives passent un agréable moment et partent en disant “Merci” ; l'autre, parce que, tel un chef d'orchestre, il s'épanouit pleinement derrière ses fourneaux, reprennent peu à peu le flambeau de leur père. L'affaire fonctionne, est prometteuse, elle risque même de s'accroître avec le futur plan de communication qui est envisagé pour renforcer l'image de marque du Moutardier et l'introduire dans l'univers très prisé du festival d'Avignon.

Mais leur ambition ne s'arrête pas là, puisque les deux frères viennent de reprendre un restaurant d'altitude à Méribel, où ils comptent bien organiser des événementiels pour une clientèle de privilégiés. De beaux projets en perspective, qui donnent envie de conjuguer tourisme et gastronomie pour se régaler aussi bien en Avignon qu'à Méribel.

par Angélina Dalban