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Epicerie

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Epicerie Newada

50, place V. Bonhomm
06750 Andon
Té.l : 04 93 60 42 63

Activités : Epicerie, boulangerie,
pâtisserie, traiteur, gaz.
Ouverture : du mardi au dimanche,
de 8h à 13h et de 16h à 19h.

L'épicerie Newada à Andon

Après plusieurs années passées en Afrique, puis dans l'hôtellerie, Danièle Warin décide de reprendre l'activité de la seule épicerie du village d'Andon. L'épicerie Newada, loin de se restreindre à un service d'appoint, demeure au contraire le point de ralliement du village, comme c'était le cas il y a une cinquantaine d'années.

Des voyages formateurs
Quiconque a déjà parcouru le département des Alpes-Maritimes ne peut qu'être étonné et enchanté par la diversité et la richesse de ses paysages. Tout le monde connaît la Côte d'Azur, avec ce qu'elle peut avoir de plaisant, mais aussi d'agaçant. Le pire est sans doute la défiguration d'une grande partie du littoral, au profit de constructions plus ou moins pensées, dont le seul objectif est d'attirer toujours plus de touristes, alléchés par des stéréotypes bien souvent surannés. Mais, si l'on veut, on peut facilement y échapper et retrouver un peu d'authenticité, en s'enfonçant dans l'arrière pays niçois, souvent lieu de villégiature des autochtones. Il suffit alors de prendre la route de Grasse et de monter en altitude vers le nord : on traverse plusieurs villages qui ont gardé leur charme d'antan ; on découvre quelques lieux écartés où il fait bon pique-niquer au bord d'une source qui a préservé sa fraîcheur et à l'ombre d'un chêne que plus rien n'étonne. On continue de monter par la Route Napoléon, en direction de Castellane, et l'on arrive sur un plateau baigné de lumière, entouré de montagnes au regard millénaire. Là se trouvent, à plus de 1600m d'altitude, les stations de l'Audibergue et de La Moulière, prisées par le tourisme local et familial. Un peu plus bas, il y a le village d'Andon, où Danièle Warin, grande voyageuse, a choisi d'élire domicile.
Lorraine d'origine, Danièle Warin a en effet fait bien des détours avant d'arriver sur la Côte d'Azur : “en 1982, précise-t-elle, je suis partie au Gabon, où j'ai suivi mon mari qui travaillait comme restaurateur sur l'une des bases du transgabonnais. J'y ai tenu une supérette jusqu'en 1986, date à laquelle nous sommes rentrés en France. J'ai à nouveau suivi mon époux au gré de ses mutations, jusqu'à ce que nous arrivions à Caille, à quelques kilomètres d'Andon, où nous avons acheté un chalet, puis un hôtel ici même : Le Petit Cabri. Pour des raisons strictement personnelles, poursuit-elle, j'ai décidé d'arrêter l'hôtellerie et de reprendre l'épicerie du village en juillet 2006. Cette nouvelle aventure ne m'inquiétait pas outre mesure, car non seulement j'avais une expérience de ce métier, mais en outre j'ai toujours beaucoup travaillé et je suis à présent libérée d'une grande partie des obligations familiales. J'avais néanmoins un petit souci en ce qui concernait la boulangerie et la pâtisserie : l'ancien propriétaire était lui-même boulanger-pâtissier et je me demandais comment les clients allaient recevoir l'arrêt de cette activité, au profit d'une panification à base de pâte surgelée”.

Une double clientèle
Ce souci était en fait inutile, car l'expérience et la notoriété de Danièle Warin ont suffi à asseoir l'activité de l'épicerie Newada : “il est vrai, avoue-t-elle, que je maîtrisais déjà tout ce qui concerne la gestion du stock et la comptabilité. Il me restait à apprendre la cuisson du pain. Le reste s'est fait grâce aux habitants du village, qui m'ont depuis longtemps acceptée. J'ai d'ailleurs été contactée par une enseigne, mais j'ai refusé leur proposition, car elle impliquait forcément une augmentation des prix et, étant donné ma clientèle, je ne pouvais me le permettre”. La clientèle de l'épicerie Newada est double en effet : “durant la plus grande partie de l'année, explique Danièle Warin, mes clients sont principalement les habitants du village, c'est-à-dire essentiellement des retraités ou des personnes seules, qui n'ont pas un pouvoir d'achat élevé :
certains ont un revenu mensuel de seulement 400 _. Or, comme mon objectif est de fidéliser la clientèle, je suis obligée de proposer des produits à bas prix. Bien évidemment, je goûte toujours les produits avant de les mettre à la vente, afin que ma clientèle soit satisfaite du rapport qualité/prix”. Cette politique des petits prix s'accompagne d'une certaine gestion des stocks : “je vais faire les courses trois fois par semaine, explique Danièle Warin, ce qui signifie que je n'ai jamais beaucoup de produits en réserve. D'ailleurs, je fonctionne souvent sur commande, lorsqu'il s'agit de produits plus coûteux”.
Mais l'activité du Newada change considérablement aux moments des différentes saisons touristiques : “grâce aux stations de l'Audibergue et de La Moulière, qui fonctionnent également l'été, Andon et sa région accueillent en saisons des touristes qui, en réalité, viennent de la région niçoise ou varoise. Il s'agit alors d'une clientèle familiale et traditionnelle, qui possède une résidence secondaire le plus souvent héritée de la famille, et dont le pouvoir d'achat est, par conséquent, plus élevée. Pour exemple, la saison d'été 2006 m'a permis de fonctionner tout le reste de l'année. A cela s'ajoutent les colonies et autres camps de vacances, qui viennent faire leurs courses ici, ainsi qu'un futur grand complexe sportif, qui devrait attirer encore une autre clientèle. C'est pourquoi, en plus des produits de base, je propose des produits artisanaux, fabriqués par des producteurs de la région, dont sont friands les vacanciers”.

On aura compris que l'épicerie Newada n'a rien à voir avec ces services d'appoint que l'on trouve de plus en plus dans nos villes : “en fait, conclut Danièle Warin, je suis un peu le point de ralliement du village, et tous les matins les habitués viennent prendre le café offert sur la terrasse. Je fonctionne encore à l'ancienne, avec des ardoises par exemple, car mes clients sont de véritables clients : ils viennent faire leurs courses ici, et pas seulement acheter ce qu'ils ont oublié. Le dimanche, par exemple, les familles viennent acheter des pâtisseries et autres produits frais (pissaladières, pizzas, etc.), que me prépare mon mari. Tout le monde se comporte encore comme dans un village des années 1950”.

par Philippe Viot