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Sommaire du N°99 - Edito - Agenda - paroles - les echos - traditionnel - épicerie - rapide - voyage gustatif - innovation - dossier - talents - montagne - gastronome - tradition - accords - rétrospective - caviste - hotel - juridique - ambiance - décoration - carrière - noël en Europe - Resto à la maison - livres tradition![]() ![]() ![]() ![]() Noël en Provence une succession de traditions, fêtes, rites et coutumesRiches de symboles, fortes en émotions et sensations, les traditions de Noël en Provence donnent du sens et des couleurs à la fête. Tout commence le 4 décembre, jour de la Sainte Barbe, c'est le départ de la période dite Calendale qui ne s'achève qu'à la Chandeleur, le 2 février. Entre ces deux dates, c'est une succession de traditions, de fêtes, de rites et de coutumes qui sont, plus ou moins, suivis selon les villages et les familles. Un repas maigre mais une abondance de plats
Tout l'esprit familial de la fête est contenu dans les paroles de l'aïeul qui le soir de Noël après avoir, avec le plus jeune, satisfait au cacho-fio, l'allumage du feu, arrose trois fois de vin cuit la bûche en entonnant : Alegre, Diou nous alegre. Cacho fio ven, tout ben ven, Diou nous fague la graci di veïre l'an que ven. Se sian pas mai que siguen pas men. ; Soyons joyeux, Dieu nous garde joyeux. Cacho fio vient, tout bien vient, Dieu nous fasse la grâce de voir l'an qui vient. Si nous ne sommes pas plus, que ne soyons pas moins. La table est dressée à l'aide de trois nappes blanches superposées qui rappellent la Sainte Trinité. Elle est éclairée de trois bougies blanches qui représentent Jésus, Marie et Joseph. On y dépose des soucoupes de blé et de lentilles qui ont germé dans du coton imbibé d'eau depuis la Sainte Barbe. Elle est ornée de petits houx à boules rouges, quelquefois de roses de Jéricho et de rubans rouges et jaunes, couleurs de la Provence. On ne dépose surtout pas de gui qui est supposé porter la guigne (porter malheur). Un couvert supplémentaire est prévu pour le pauvre qui se présenterait. Le soir du 24 décembre, juste après le cacho-fio, et avant la messe de minuit, on prend le gros souper préparé dans la tradition provençale. C'est un repas maigre qui ne comporte ni viande, ni ufs. Au menu, sept plats qui représentent les sept douleurs de la vierge Marie : en entrée, on propose des légumes traditionnels (chou-fleur, cardons, céleri, artichauts servis à l'huile ou en sauce blanche et accompagnés d'une anchoïade) ; puis on sert du poisson (filets d'anchois à l'huile d'olive, morue en brandade ou séchée et dessalée, préparée avec des poireaux et présentée avec un gratin de courges et d'épinards doré avec un peu de fromage). Dans les villages de pécheurs, on peut même faire une bouillabaisse pauvre avec de la morue et des cardes. A Martigues, comme dans le pays d'Arles, on mange le muge en raito, le mulet en ragoût, dans sa sauce rousse parsemée d'olives noires. Dans le pays niçois, on apprécie les raviolis et les pâtes fraîches. On présente aussi des frites de panis, une plante fourragère dont on consomme la racine d'un blanc jaunâtre. Les escargots ont leur place bouillis ou passés 2 à 3 minutes à la braise. On ne les gobe pas, mais on les extrait de leur coquille à l'aide d'une arête de poisson. En fait, il n'y a pas réellement de plats spécifiques de Noël en Provence, mais un maximum de mets à base de légumes produits dans les différentes régions et accommodés suivant les recettes familiales. Il y a de nombreux gratins, tourtes, soupes telle que celle à la courge.
par Gabriel Boyer
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