C'est un secteur qu'il ne faut pas négliger mais il ne faut pas non plus négliger ces clients.
Un lieu de mémoire et d'accueil
Oradour sur Glane
Lieu de mémoire où l'on se rend pour se souvenir des horreurs du passé. Un lieu qui malgré ses souffrances sait vous accueillir. Notamment grâce à Marc Thomas et son épouse qui, au travers de leurs deux établissements, La Glane et Le Milord, offrent le gîte et le couvert à ceux dont les pas les mènent en cette ville du Limousin.
Oradour ? Pour Marc Thomas c'est l'aboutissement d'une longue carrière faite de nombreuses expériences, toutes enrichissantes.
De Paris à Oradour
Marc Thomas a commencé sa carrière en région parisienne. En dehors de quelques saisons effectuées en Province, il y restera de nombreuses années, que ce soit chez Taillevent, au Louis XIV, à la Tour d'Argent, à la Tour de Lyon ou encore aux Bateaux Mouches. Il débute en salle à une époque où l'on y flambait encore les mets, proposait les découpes, élaborait les sauces... il avait 20 ans.
Des bateaux mouches, il retiendra le travail rapide et le sens du contact avec une population de passage que l'on devait servir promptement mais néanmoins de façon irréprochable ; sur les bateaux mouches, les gens étaient en droit d'attendre un service irréprochable. Qu'ils soient nombreux ne devait pas entrer en ligne de compte.
Il montera deux établissements en région parisienne avant de recréer le lien avec ses racines en s'installant à Oradour. En 1995, il acquiert La Glane et propose ainsi aux visiteurs deux hôtels restaurants. Mon père était d'un petit village situé à 5 kilomètres d'Oradour. Et je dois dire que j'ai des racines limousines très ancrées. Cela n'est pas facile de quitter Paris pour Oradour. Le changement de vie est saisissant. Mais cela était un véritable choix d'existence.
Une diversification essentielle
Sa réussite réside essentiellement dans sa capacité à avoir su diversifier sa clientèle : visiteurs individuels (25 à 30% de sa clientèle), groupes et hôtes de la région se succèdent ainsi selon les saisons. Le fait de posséder deux établissements proches l'un de l'autre permet de ne pas favoriser une clientèle plutôt qu'une autre. Quand je reçois un groupe important, je ne suis pas obligé de refuser les régionaux qui ne le comprendraient peut être pas. Alors avec mes deux salles de restaurant, je parviens à répondre à la demande. Une demande très saisonnière en ce qui concerne les touristes, puisqu'elle s'étend de juin à octobre.
L'accueil de groupe : la mobilisation d'un savoir-faire
Et cette saisonnalité a poussé le patron du Milord à miser également sur les groupes. Il compte en moyenne 170 passages par an. Une orientation qui demande un certain nombre d'efforts et une solide organisation. Il était hors de question de ne pas traiter les groupes comme des clients individuels. C'est un secteur qu'il ne faut pas négliger mais il ne faut pas non plus les négliger. Pour répondre à cette exigence, M. Thomas s'appuie sur un trésor inestimable : son expérience dans les hauts lieux du tourisme parisien. Alors sur ses menus pour les groupes, se côtoient des truites de la Glane, le médaillon de foie, filet d'oie fumé, châtaignes, la salade de gésiers confits au vinaigre de framboise, le filet de sandre, les aiguillettes de canard sauce aux figues
Une sélection de plats de qualité à déguster dans un cadre spacieux et convivial.
De l'organisation
La réception de groupes, c'est donc avant tout, une organisation :
dix personnes travaillent sur les deux établissements, ce qui apporte une flexibilité des salles et du personnel ainsi qu'une plus grande capacité d'accueil.
Une diffusion, à partir du mois d'octobre pour l'année suivante, des menus proposés. Diffusion nationale effectuée auprès des agences de voyage, autocaristes, voyagistes et Tour-opérateurs.
Une présence sur le salon des autocaristes.
L'important est de faire connaître les services proposés ; des services adaptés aux différentes demandes. Comme le relève Marc Thomas, travailler sur les groupes, cela signifie être dans une relative incertitude. Jusqu'au dernier moment, une demande peut être annulé, notamment avec les Tour-opérateurs s'ils n'ont pas fait le plein des places proposées. Je me souviens qu'un jour, nous avons attendu un groupe jusqu'à deux heures ou trois heures de l'après-midi. Au bout d'un moment, j'ai appelé le responsable du voyage. Il s'est avéré que la secrétaire s'était trompée de date lors des réservations. Le car, nous l'attendons toujours.
Alors le patron diversifie ses sources : Tour-opérateurs, voyagistes, autocaristes mais aussi associations de toute nature. Si cela ne débouche pas systématiquement sur des réservations fermes, en revanche, le Milord et la Glane sont présents dans les tiroirs de la plupart des transporteurs, qui peuvent ainsi les proposer à leurs clients.
Pour parvenir à ce résultat, un mailing important est expédié annuellement, de façon à se rappeler à la mémoire des professionnels, Aujourd'hui, les gens ne veulent plus avoir de surprise lors de leurs voyages. Alors il faut les assurer d'un prix, leur proposer du clé en main. C'est ce que nous faisons avec des menus entre 12 e, 19 e et 20 e, vin, eau minérale et café compris. Ainsi, il n'y a pas de variation possible, pas de mauvaises surprises pour le client. Si ce dernier est satisfait, l'organisateur l'est également. Et il est fort probable qu'il nouera de nouveaux contacts avec le Milord et La Glane. Et ce qui marche le mieux, c'est le menu à 16 e avec entrée, plat, fromage et dessert.
Référencé dans quelques guides comme le Petit Futé, Limoges Pratique ou les Logis de France, Marc Thomas envisage maintenant de proposer un site internet qui lui ouvrira plus facilement les portes de l'étranger. Aujourd'hui, il devient difficile de faire sans. Même si cela ne rapporte pas beaucoup de clients, il est encore plus dommageable de ne pas en avoir un. Alors