A quelques kilomètres de Lyon, en pleine campagne, se trouve le Fasthôtel que Guylaine et Serge Mauboussin ont créé en 1990. En vérité, ses actuels propriétaires ont tout abandonné de leurs précédentes activités, dans le nord de la France, pour se consacrer au métier d'hôtelier. Mais, cela ne va pas sans difficultés.
Le désir de créer
C'est en 1990 que Guylaine et Serge Mauboussin sont venus de la région lilloise pour s'installer à Irigny, ainsi que nous le dit leur fille, Géraldine Chareau : mon père, avoue-t-elle, avait 47 ans quand il arrivé à Irigny. Il était cadre dans une société pétrolière et, la plupart du temps, il effectuait des déplacements. Ma mère tenait une station service et ils avaient une jolie maison dans le nord de la France. Ils ont décidé de tout laisser tomber pour pouvoir travailler et vivre ensemble. A l'époque, l'hôtellerie était en pleine expansion et comme leur désir était de créer quelque chose, ils ont décidé de lancer leur propre affaire. Ils se sont donc mis à chercher un emplacement un peu partout en France et ils ont trouvé ce terrain à Irigny : à la fois très bien placé et très arboré, il leur a plu tout de suite.
On l'aura compris, le Fasthôtel d'Irigny est une création complète : ils ont tout fait construire, précise Géraldine Chareau, ce qui a représenté un investissement considérable dont ils ne sont d'ailleurs toujours pas débarrassés. Mais, le concept qu'ils voulaient réaliser était déterminé au préalable : il s'agissait de s'affilier à la ligne des Fasthôtels. Cette affiliation permet en effet d'être répertorié dans un guide et, par conséquent, d'être connu sur toute la France, tout en préservant une indépendance totale. La seule exigence est d'assister aux réunions annuelles. Si bien qu'aujourd'hui, nous sommes complets presque toute l'année. Je dis nous, poursuit-elle, car en réalité nous travaillons en famille : mon père est à la réception, ma mère et ma sur s'occupent des chambres et moi j'apporte une aide à la cuisine. Mais, ma sur et moi sommes surtout présentes lorsque nos parents partent en vacances, comme c'est le cas actuellement.
Après 13 années de fonctionnement, le Fasthôtel d'Irigny est devenu une véritable résidence secondaire pour nombre de clients : la moitié de notre clientèle est en effet composée d'habitués, précise Géraldine Chareau, qui sont principalement des employés en déplacements. C'est pourquoi nous avons des relations très conviviales et, parfois, familiales. Ma fille Marie, par exemple, est connue de tous les clients et, souvent, elle mange avec eux ou s'occupe d'une partie du service, ce qui fait beaucoup rire la clientèle. Certains de nos plus anciens clients ont également leurs habitudes : ils veulent toujours la même chambre et ont des exigences particulières que nous nous efforçons de satisfaire. Ils se sentent ici comme chez eux et nous faisons tout pour qu'il en soit ainsi.
Avantages et inconvénients de la convivialité
Mais, la convivialité n'a pas que des avantages : bien souvent, avoue Géraldine Chareau, les clients se sentent un peu trop chez eux, de sorte qu'ils ont des exigences que n'a pas la clientèle de passage. Par exemple, ils téléphonent au dernier moment pour avoir une chambre, alors que tout est complet, et ils sont mécontents si on ne leur en trouve pas une ; de même, ils se font repasser du linge par ma mère, alors qu'il n'y a pas de service de repassage à l'hôtel, ou bien alors ils vont se servir eux-même. Autrement dit, si la convivialité est nécessaire au bon fonctionnement d'un établissement, je crois qu'il est tout aussi indispensable de poser certaines limites à ne pas franchir, limites que les clients ne perçoivent pas toujours.
L'autre moitié de la clientèle est donc touristique : le week-end et en saison, nous accueillons en effet principalement des touristes, car nous avons le double avantage d'être à quelques minutes de Lyon et d'avoir la tranquillité de la campagne. En outre, nous pratiquons des prix qui n'ont rien à voir avec ceux des grandes villes puisque la chambre simple ou double est à 30 et que, bien souvent, nous appliquons le tarif des soirées étapes, soit 42 , à nombre de clients qui ne sont pas nécessairement en déplacements professionnels. Certes, poursuit-elle, cela ne favorise pas toujours l'augmentation du chiffre d'affaires, mais le principe est d'apporter le maximum de confort et de contentement à la clientèle. C'est la raison pour laquelle, nous avons entrepris un certain nombre de travaux : les chambres sont régulièrement rénovées ; on a fait installer des rideaux électriques et un digicode à l'entrée afin de sécuriser le parking.
Respecter le travail des autres
Le restaurant est également un confort supplémentaire pour la clientèle : la restauration fonctionne essentiellement avec la clientèle de l'hôtel, précise Géraldine Chareau. En réalité, c'est plus un service que nous leur rendons qu'une véritable activité, car, avec les soirées étapes, par exemple, il n'est pas certain que nous soyons véritablement gagnants. Il est vrai que les prix pratiqués sont on ne peut plus abordables : une Entrecôte, des Côtes d'agneau grillées, une cuisse de canard confite, une Andouillette de Troyes, un Filet de Sandre au beurre d'échalote ou un Plat du jour de 6,1 à 9,75 .
Mais la difficulté principale a lieu essentiellement le week-end : nous avons installé un service automatique de réservation des chambres par carte bancaire pour le week-end, explique Géraldine Chareau, et, en réalité, nous n'avons pas de véritables moyens de contrôler ce qu'il se passe dans les chambres. C'est pourquoi, le lundi, nous avons bien souvent de grosses surprises. Les chambres sont détériorées, dans un état catastrophique, car certains clients n'ont aucun respect pour le travail des femmes de ménage. C'est démoralisant et, parfois, on n'a plus envie de se donner à fond pour satisfaire la clientèle.
On comprend alors que Guylaine et Serge Mauboussin aient à présent envie de prendre quelque repos : un tel établissement est difficile à gérer, surtout en famille, avoue Géraldine Chareau, car il n'y a jamais de moment où l'on peut se retrouver. Mes parents ont tout donné pour cet hôtel, mais en retour, il n'ont pas une minute à eux : à tout moment, ils sont dérangés. Régulièrement, nous leur rendons visite, mais, en réalité, nous arrivons mieux à parler au téléphone que sur place, car nous sommes constamment interrompus. Certes, conclut-elle, mes parents n'ont aucun regret d'avoir tout laisser tomber, mais il faut beaucoup de courage et de persévérance pour être présent 7 jours sur 7, toujours à la disposition des clients.
Les conseils de l'hôtelière Géraldine Chareau
- Si la convivialité est nécessaire au bon fonctionnement d'un établissement,
il est tout aussi indispensable de poser certaines limites à ne pas franchir.
- Le principe est d'apporter le maximum de confort et de contentement à la clientèle.
- Il faut être présent, toujours à la disposition des clients.
Activités : hôtel, restaurant.
Capacité : 48 chambres de 30 à 37 (supplément animaux : 5 )
Petit déjeuner : 5
Soirée étape : 42
Prestations : parking fermé, canal+ et canal sat.