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Visuel de l'introL'été des saveurs

Le concours des jeunes talents du riz : une épreuve enrichissante pour trois jeunes d'horizons différents mais de passion commune pour la cuisine des chefs.

François De la Valle




Taillevent

15, rue Lamennais
75008 Paris

Tél : 01 44 95 15 01
Fax : 01 42 25 95 00
www.taillevent.com
Alain Solivérès,
respectueux du produit roi

--Alain Solivérès--
a relevé le défi de prendre la direction des cuisines du très réputé restaurant Taillevent, trois étoiles michelin depuis…trente ans. Dans cette institution mondialement connue, ce jeune chef se fixe pour obligation de suivre les saisons, hormis pour le légendaire Boudin de homard breton, émulsion fenouil, grand classique de la maison de la rue Lamennais. Jouant des produits d'exception, il lance ainsi pour cet été nombre de plats parmi lesquels un risotto truffé d'Epeautre du Pays de Sault avec des cuisses de grenouilles dorées et des fleurs de courgettes, ainsi qu'un étonnant Ventre de Thon aux condiments accompagné d'olives de Nyons, anchois et citron.

Aux commandes des cuisines du restaurant Taillevent depuis décembre dernier, Alain Solivérès est le plus méditerranéen des chefs parisiens. Il se veut aussi le plus respectueux des produits de saison.

Il est devenu cuisinier par passion de la table, stimulé par les émissions culinaires de Raymond Olivier et le désir de son père de le voir embrasser cette profession. En 1979, il prend donc la direction du CFA et devient Meilleur Apprenti de l'Hérault et du Sud Est, onzième au niveau national.
C'est auprès de Claude Ballocco qu'il apprend les bases à l'hôtel Mercure de Montpellier. “Le plus important dans cette profession réside dans la qualité du maître d'apprentissage qui donne l'envie d'aller toujours plus loin dans la motivation, toujours plus juste dans la technicité. Pensez, monsieur Ballocco restait le dimanche après-midi pour m'apprendre à débiter des pièces entières !”
C'est ce dernier qui l'envoie ensuite aux côtés de Jacques Maximin, chef de cuisine du Negresco. L'année suivante, bien décidé à profiter de sa jeunesse pour voir les plus belles maisons, il devient commis à l'Oustau de Baumanière aux côtés de Raymond Thuilier. La saison suivante, il devient chef de partie du Chabichou à Courchevel, auprès de Michel Rochedy. Après son service militaire, c'est chez Lucas Carton, place de la Madeleine, qu'il se tourne.
Il est devenu cuisinier par passion de la table
En 1986, il devient second de cuisine auprès de Bruno Cirino au Grand Hôtel de St Jean de Luz, et deux ans plus tard auprès d'Alain Ducasse au Louis XV de Monaco. C'est en 1989, qu'il prend sa première place de chef de cuisine à la Bastide de Gordes où il restera trois ans, avant de rejoindre en 1993, Les Elysées du Vernet, à Paris, où il décrochera une puis une deuxième étoile Michelin à 32 ans. Enfin, ce bitterois d'origine prend la direction des cuisines de Taillevent, “une maison fantastique au potentiel énorme avec une brigade de vingt cuisiniers, cinq pâtissiers, cinq plongeurs, le tout pour 180 couverts par jour”, souligne ce jeune chef qui relevait le pari de ce trois étoiles michelin depuis… trente ans ! Troisième étoile qui récompensa en 1973 l'association de Jean-Claude Vrinat, le maître de maison, avec son père, André qui l'a créée en 1946. Tout concourt à en faire l'image la plus parfaite du savoir-faire et du savoir-vivre français. Du rez-de-chaussée aux deux grandes salles à manger, dont l'une aux magnifiques lambris, jusqu'aux deux salons du premier étage ; l'un décoré de boiseries anciennes et l'autre orné de peintures chinoises sur soie.

Comme dit le chef, “le Taillevent est une institution mondialement connue, pas un lieu pour faire du El Bulli. Il faut la respecter. Ma mission est d'étonner les convives, pas de les choquer, autour du produit roi, avec maîtrise et régularité. J'ai un énorme respect pour monsieur Vrinat qui a conservé trois étoiles en trente ans sans être cuisinier. Il est toujours à l'écoute, faisant évoluer sa maison par de légères et constantes touches de modernisme. Midi et soir, sauf, bien sûr, quand il est au Château Restaurant Taillevent Robuchon, dans le quartier d'Ebisu à Tokyo, il accueille et raccompagne les convives. Pensez, il ne s'appuie ni sur un financier ni sur un hôtel, c'est tout bonnement fabuleux. Résultat, c'est une locomotive pour tout le personnel, dès 7 heures dans sa maison, il donne les moyens de travailler à 150 %”.
“Ma mission est d'étonner les convives, pas de les choquer”
Fort de cette motivation, Alain Solivérès se fixe pour obligation de suivre les saisons. Son seul écart est pour le Boudin de homard breton, émulsion fenouil, grand classique de la maison. Sinon, le chef joue le produit d'exception. Le foie gras de canard de Chalosse est confit au naturel, servi avec une marmelade de fruits. La Gourmandise landaise aux écrevisses s'accompagne de crêtes et rognons de coq mijotés, les Langoustines de Bretagne sont rôties et accompagnées de jeunes légumes à la croque au sel, crus et cuits à la dernière minute. L'Epeautre du Pays de Sault est en risotto truffé, avec des cuisses de grenouilles dorées et des fleurs de courgette. Le Bar de ligne est rôti aux artichauts poivrade, ravioli croustillant parmentier, le Homard breton et palourdes sont en cocotte, avec des pâtes fraîches et basilic.

Quant au Ventre de thon aux condiments “j'aime cette partie rare, la plus grasse et la meilleure”, il s'accompagne d'olives de Nyons, anchois et citron. Méditerranéen d'origine et de cuisine, Alain Solivérès conjugue aussi la Cocotte de lapin fermier au fenouil sauvage, olives niçoises et calamarettis, l'Agneau rôti au piment d'Espelette, gnocchi de pommes de terre et artichauts poivrade. Et, dans sa carte riche en saveurs, il propose un Chausson feuilleté à la truffe noire, chou vert et lard paysan qui va certainement devenir une spécialité maison : “Je m'inspire des saisons, en respectant les produits et en me mettant à la place du client. Je me demande toujours ce qu'il attend. Et je crée des plats selon un seul et même principe : ce qu'on met dans l'assiette…doit être mangé !”

François De la Valle