La pâte de verre et la gastronomie ou quand deux passions lorraines s'allient.
C'est avec sa bonne humeur et autour d'un verre de Gewurtz que Jean-Claude Breton nous présente son restaurant La Belle Epoque. Dans un cadre original, ce restaurant mêle habilement une ambiance conviviale et un goût apparent pour la gastronomie lorraine.
Créé en 1975, le restaurant, offrait une capacité de 35 couverts. Il représentait plutôt un bistro, avec un choix de plats classiques.
Puis, petit à petit, une évolution s'est opérée au niveau de la qualité de restauration pour aboutir à l'établissement actuel : un restaurant gastronomique, spécialisé dans le poisson et la gastronomie lorraine. La clientèle est aujourd'hui composée en grande partie d'hommes d'affaires (70% du chiffre d'affaires est réalisé le midi et 50% viennent de Nancy) et de touristes qui arrivent par la gare voisine ou par le port de plaisance tout proche (La Belle Epoque est dans le guide Michelin).
Avant tout, un restaurant lorrain
Jean-Claude Breton, lorrain d'origine, a participé à une grande partie de l'évolution du restaurant. En effet, après un parcours classique en apprentissage, ce bon vivant a travaillé pour un mess des sous-officiers avant de venir aider à l'ouverture de La Belle Epoque en 75. Mais après un an et demi, le voilà repartit vers d'autres horizons en travaillant sur un bateau de croisière.
Dès 1980, il est de retour à Toul, sa région d'origine, non plus comme cuisinier mais en tant que nouveau propriétaire de La Belle Epoque, que cette fois, il ne quittera plus.
Mais ce cycliste, fumeur de cigare, a une passion autre que la gastronomie qu'il aime à partager avec ses clients : la pâte de verre, et plus encore, la luminosité qu'elle offre. C'est le soir que le restaurant est le plus beau.
En effet, chaque lampe dans le restaurant a une histoire et date au moins du début du siècle dernier. Toutes les appliques ont une origine différente et sont signées de maître en la matière tels Muller ou Croixmare. Il s'agit en outre d'un art régional, fidèle à l'école de Nancy. Et cette ambiance chaleureuse se reflète également dans les affiches accrochées au mur (uniquement, une fois encore, des originales) ou dans le bar vieux de plus de 80 ans.
Mais tout ne se situe pas dans le cadre
Pour ce restaurateur, fin gastronome, la qualité initiale des produits achetés est une des clés de la réussite ultérieure des plats proposés aux clients. C'est pourquoi il apporte une exigence particulière aux produits, notamment à la Marée et aux Fruits et Légumes (qui sont ses produits de base). Je veux du beau produit et de la qualité tout le temps.
Lorsque vous aurez été charmé par le cadre, il vous faudra alors réussir à choisir, en entrée, par exemple entre diverses spécialités au foie gras (foie gras de canard maison cuisiné au Gewurtzraminer, la salade de ris de veau poêlée et copeaux de foie gras, ou encore la Trilogie de foie gras de canard) ou une Quiche Lorraine Façon Marguerite, ma grand-mère. Toutefois il ne faut pas oublier que la spécialité de ce restaurant gastronomique est le poisson (95% des plats choisis). Jean-Claude Breton propose alors quatre variétés de Homard vivant, un duo de Parmentier de sandre et saumon, une aile de raie au court-bouillon beurre noisette, ou, entre autre, une lotte rôtie au four sur lit d'épinard crémée de lardons. Mais la Belle Epoque est avant tout un restaurant lorrain, c'est pourquoi, pas moins de cinq desserts sont des spécialités de la région à la mirabelle ou à la bergamote. Le parfait glacé à la Mirabelle et son coulis, le soufflé chaud à la Mirabelle, la crème brûlée à la Bergamote de Nancy en sont quelques exemples. Le menu du marché quant à lui est à 31 .
Un cadre typique de la Lorraine
Mais ce restaurant ne serait pas un vrai restaurant gastronomique s'il ne proposait à ses clients une carte des vins digne de ce nom, selon les propres mots de JC Breton. Ils viennent car ils savent qu'ils peuvent avoir un bon vin.
Il offre en effet le choix entre près de 280 références de vins et possède en cave environ 4000 bouteilles. Il se fait, en outre, une règle d'or de ne proposer à ses clients que des vins ayant au moins 4 à 5 ans d'âge, quitte, si nécessaire à les faire vieillir dans sa propre cave. On y recèle des trésors d'nologie comme un Saint Emilion Château Canon de 1957, un Margot Château Giscourd de 1962 ou encore divers Côtes de Toul, de producteur locaux. Néanmoins l'essentiel de ses ventes se compose de grands crus de blancs de Bourgogne (90% des ventes).
La convivialité, une question de principe
Il y a enfin une troisième raison pour laquelle des clients viennent et reviennent au restaurant sans que Jean-Claude Breton n'ait eu à faire de la publicité en 12 ans : la convivialité. Il faut les recevoir comme si on les recevait chez soi. Puis on laisse agir le bouche-à-oreille. Quant à la fidélisation de la clientèle, elle semble naturelle à M. Breton qui répond alors : Tous mes clients deviennent des amis et mes amis sont mes clients.
Bref, pour 53 , on peut avoir un repas complet tout compris, personnel disponible et sourire du patron étant offerts.
Ce restaurant atypique à forte imprégnation lorraine nous offre des surprises à chaque regard mais également à chaque bouchée, puisque les plats sont largement à la hauteur du cadre. La gastronomie, comme la verrerie, sont bel et bien un art.
Le conseil du chef et gérant Jean-Claude breton
Il faut accueillir ses clients comme si on recevait des amis.
Directeur et chef de cuisine :M. Jean Claude Breton
Activité : Restaurant Gastronomique
Personnel : 5 personnes
Restaurant ouvert du mardi au samedi (excepté le samedi midi)
Capacité d'accueil : jusqu'à 25 couverts
Ticket moyen : 55