La France reste le pays le plus visité par les touristes du monde entier, avec 77 millions d'entrées sur notre territoire contre un peu moins de 52 millions pour l'Espagne, qui se classe au deuxième rang. Ces chiffres, à considérer évidemment avec modération puisqu'ils prennent en compte chaque entrée (un touriste américain qui visite l'Europe est ainsi comptabilisé chaque fois qu'il passe la frontière et la position centrale de la France est en ce sens avantageuse), prouvent néanmoins toute l'importance à apporter à cette clientèle d'autant qu'avec la multiplicité des offres, l'ouverture vers de nouvelles destinations et la baisse des prix des transports aériens en particulier grâce aux compagnies low coast, sa fidélité est loin d'être acquise
L'un des attraits principaux de la France reste bien évidemment la qualité de sa gastronomie. A l'hostellerie La Poularde par exemple, Gilles Etéocle qui compte bon an mal an, 50 % de clientèle étrangère relève que les gens veulent passer un moment de rêve, un instant d'exception en venant chez nous. Seulement, l'instant crucial ne se limite pas à la seule table. De la réservation téléphonique au petit-déjeuner du lendemain, l'accueil est un ensemble qui ne doit souffrir d'aucune erreur : site Internet en anglais comme le dossier touristique à disposition de tous dans les chambres, bilinguisme du personnel, cocooning permanent, mais sans ostentation résume le chef étoilé. Ainsi un client arrivé à 23 heures, pour quelque raison que ce soit, devra être reçu avec le même empressement et pouvoir manger comme si de rien n'était.
Une qualité de service élevée
La flexibilité de l'offre, au niveau durée des séjours comme des horaires, est justement l'une des recommandations édictées par la Maison de la France dans son dossier consacré à l'accueil des touristes étrangers et c'est bien la meilleure réponse possible à l'évolution actuelle du marché. La tendance aujourd'hui est à la multiplication des courts séjours et aux achats de dernière minute : L'un des enjeux pour la France est donc bien d'inventer les vacances brèves, c'est-à-dire celles qui correspondent à la mutation des breaks, en permettant un effacement des temps morts et en favorisant le dépassement du seuil de la seule nuitée
Savoir créer le dépaysement et la rupture dans un bref délai peut-on lire dans une étude réalisée pour le secrétariat d'état au tourisme.
L'autre enjeu est également de savoir s'adapter aux demandes spécifiques de chacun. Un Asiatique n'aura pas les mêmes envies qu'un Américain et, au sein même de l'Europe, un Espagnol est différent d'un Scandinave. De façon anecdotique, Gilles Etéocle a ainsi constaté que la clientèle suisse, lors d'un repas en groupe, ne partageait pas l'addition, mais préférait au contraire payer très exactement ce qu'elle avait consommé. Hors goûts culinaires, les exigences en matière de confort et de services diffèrent : Les Américains sont à la recherche d'une qualité de service élevée, compte tenu de leurs habitudes de consommation, avec possibilité de repas à toute heure, télévision dans les chambres avec chaînes internationales, équipement informatique et centre de remise en forme ; les Japonais, avec une exigence tout aussi forte en terme de qualité de service et d'accueil, ne se passeront pas d'une baignoire et désireront, pour des voyages en groupe, que chacun bénéficie d'une chambre identique,
relève par exemple la Maison de la France.
Ce n'est donc pas un hasard si dans les statistiques effectuées sur le tourisme des étrangers en France durant l'année 2002, la part des recettes engendrée par la clientèle nord-américaine dépasse les 15 % du chiffre total alors qu'en terme de nuitées, elle ne représente qu'environ 5 %. Le différentiel pour les touristes japonais va dans le même sens, même si la fréquentation nippone n'est pas encore très importante. A l'opposé, les visiteurs néerlandais qui comptent à 16 % dans les entrées sur notre territoire, ne rentrent qu'à 5 % au niveau des recettes
Pour bien connaître les cultures de chacun et ainsi pouvoir s'adapter très rapidement à des demandes particulières, il peut se révéler intéressant d'aller voir soi-même que ce soit en participant à des semaines gastronomiques ou à des show-case organisés par les villes, les départements ou les régions. Outre que c'est l'occasion d'une bonne campagne de publicité, offrant la possibilité de toucher une nouvelle clientèle, constater de visu les habitudes de chacun facilite ensuite l'adaptation de son établissement.
Un impératif de sécurité
En revanche, s'il est une constante quelle que soit la nationalité d'origine du client, c'est bien le désir de sécurité, non étranger au contexte international. Les touristes ont aujourd'hui besoin d'une destination zéro danger. Ainsi à l'hostellerie La Poularde, un garage souterrain a été créé depuis quelques années, surveillé en permanence et l'investissement s'est avéré aussi important que la piscine : Des clients qui arrivent avec une voiture de grosse cylindrée, ne veulent avoir à se poser la question de savoir si leur véhicule sera encore là le lendemain explique Gilles Etéocle. Dans le cadre de la campagne Bonjour ! (voir encadré), le message joue également sur cette corde sensible, en particulier pour la clientèle anglo-saxonne : La déclinaison de la campagne bonjour ! par le réseau des 33 bureaux de Maison de la France dans le monde, particulièrement dans les pays anglo-saxons, comme support de communication vis-à-vis du grand public doit renforcer le message d'accueil et de bienvenue auprès des touristes, les remercier d'avoir choisi la France et réaffirmer qu'elle est une destination rassurante et sécurisante.
Reste que l'image de la France reste celle du bien manger et du bien vivre. Quelle que soit l'évolution de la clientèle de demain, de son âge ou de sa provenance, elle prendra toujours un plaisir identique à se délecter de notre gastronomie : Quand ils viennent chez nous, ils veulent faire la fête à la française résume Gilles Etéocle. Alors, la meilleure réponse reposera toujours sur le sceau de la qualité. En gardant cette ligne de conduite, les risques de se tromper sont faibles
Les chiffres du tourisme des étrangers en France
Arrivées, nuitées et recettes Arrivées Nuitées RecettesEurope 89, 7 % 85, 3 % 68, 7 %
Amériques 6 % 8, 5 % 17, 5 %
Afrique 1, 2 % 2, 6 % 5, 8 %
Asie, Océanie 3 % 3, 4 % 6 %
Indéterminé 0, 1 % 0, 1 % 2 %
Total : 77 millions 588,4 millions 34,5 milliards deurosPrincipales clientèles étrangères Part des arrivées Part des nuitées Part des recettesRoyaume Uni 19, 4 % 18, 8 % 15 %
Allemagne 18, 6 % 18, 6 % 11, 5 %
Pays-Bas 16, 4 % 13, 9 % 5, 6 %
Belgique 11 % 10, 9 % 9, 1 %
Italie 10, 2 % 9, 1 % 7, 9 %
Suisse 4 % 3, 5 % 9, 1 %
USA 3, 9 % 5, 2 % 15, 2 %
Espagne 3, 9 % 3, 4 % 4, 1 %
Japon 0, 9 % 0, 8 % 3, 6 %
Durée des séjours
1 nuit : 21, 5 % - 2 nuits : 17, 5 % - 3 nuits : 14 % - 4 à 6 nuits : 17, 4 % - 7 à 13 nuits : 17, 5 % - 14 à 27 nuits : 9, 4 % - 28 nuits et plus : 2, 7 %
(Source : secrétariat d'Etat au tourisme)
Bonjour ! : dix ans déjà
La campagne bonjour !, conduite par le secrétariat d'Etat au Tourisme, a pour but de sensibiliser les professionnels du tourisme français et le grand public, à la qualité de l'accueil des visiteurs. L'opération, lancée en 1994, rassemble aujourd'hui 70 000 acteurs du tourisme français, engagés dans cette démarche d'accueil et, au delà, de qualité du service offert.
Outre la qualité de l'accueil, dont elle est la première ambassadrice, l'opération bonjour ! relaye l'information sur l'ensemble des démarches qualité émanant de l'offre touristique française auprès des publics français et étranger. Cette démarche s'inscrit dans le plan qualité du secrétariat d'Etat au Tourisme et dans la stratégie 2002-2004 de la Maison de la France.
Le vote de l'accueil, créé en 2001 et reconduit depuis, est l'une des animations phares de la campagne bonjour ! : il permet à la fois de récompenser l'engagement des signataires et de sensibiliser le grand public français et étranger à l'opération. Le public est invité à élire, entre mars et octobre, un professionnel par région française pour le meilleur accueil reçu. Le vote s'effectue par cartes postales éditées en cinq langues et via la rubrique bonjour ! de franceguide. L'initiative est accompagnée d'un tirage un sort pour gagner des week-ends dans les régions françaises.
Les six recommandations de la Maison de la France 1. Proposer un bouquet d'offres
2. Rendre l'offre plus flexible au niveau de la durée des séjours et des horaires.
3. Adapter l'offre aux besoins spécifiques des différentes clientèles, en offrant des prestations personnalisées.
4. Améliorer l'accueil qui contribuera à l'amélioration de l'image de la France, notamment dans le contexte actuel.
5. Rendre l'information plus accessible, en développant la mise en réseau.
6. Mieux mettre en avant la qualité, concrétisée par la mise en place de labels et de normes.