 Le CFA du Beausset, dans le Var forme les jeunes a de nombreux métiers de bouche, du BEP au BP. Voici le portrait de cinq étudiants, cinq parcours différents, dans des filieres variées : boucherie, patisserie, boulangerie, cuisine et service. Audrey Simond
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Yohan Revest A 19 ans, ce jeune Varois que rien ne destinait a suivre cette voie, est passionné par sa formation de boucher. Personne n'aurait cru que ce jeune homme se lancerait un jour dans le métier de boucher. En effet, aucun membre de sa famille ne travaillait dans ce domaine, ce fut donc une surprise, lorsqu'à 17 ans, il quitte le lycée pour faire un CAP Boucherie. Ses parents, tous les deux fonctionnaires, n'étaient d'ailleurs pas d'accord sur la décision prise par Yohan. Sa mère aurait souhaité qu'il continue des études classiques, alors que son père avait compris que ces dernières n'étaient pas faites pour lui. L'apprentissage correspondait à quelque chose de beaucoup plus concret et donc plus proche de ce qu'il voulait. Pour être sûr que cela allait lui convenir, il réalisa dans un premier temps un essai de 15 jours dans une boucherie traditionnelle à Tourves. Cela lui plu beaucoup de travailler la viande, et le froid ne le dérangeant pas, il resta dans cette boucherie durant tout son CAP. Cette année, sur les conseils de son entourage, il a entamé un bac professionnel, qu'il poursuivra cette fois-ci par un brevet de maîtrise. Il lui permettra d'accumuler davantage de connaissances, notamment en gestion, afin de monter en grade et de prendre davantage de responsabilités. Son bac professionnel, il le fait en alternance dans une boucherie de gros à Hyères. Son objectif est d'avoir un jour sa propre entreprise avec un certain nombre d'employés, pas un petit établissement familial.
Audrey Simond |
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Marc Nuez La patisserie, et en particulier la chocolaterie, est un art que pratique avec succes Marc, 20 ans, depuis le début de sa formation. Depuis qu'il est enfant, Marc souhaite travailler dans ce domaine. Mais c'est en 5ème, alors qu'il n'a que 14 ans, qu'il décide de quitter le collège pour se lancer vraiment dans la pâtisserie, en intégrant en pré-apprentissage, le CFA de Saint Maximin pour un CAP Pâtisserie. Il rejoint ensuite le CFA du Beausset afin de réaliser une mention complémentaire en Pâtisserie puis un CAP Chocolatier. Cette année, il prépare un BTM Chocolatier. C'est très agréable de travailler au CFA du Beausset car le matériel est quasiment neuf, il n'a que deux ans. Il a travaillé durant 5 ans dans une boulangerie-pâtisserie de Pertuis, qui a depuis fermé pour cause de retraite des propriétaires. Ils étaient comme une deuxième famille pour lui, et lui ont beaucoup appris sur le métier. Actuellement, Marc apprend à travailler le chocolat dans une grande chocolaterie de Puyricard. Dès que j'ai touché le chocolat, ça m'a intéressé. On peut faire beaucoup de choses et c'est passionnant. Il nous explique qu'il y a deux qualités essentielles à avoir lorsque l'on veut faire ce métier : le calme et le soin. En effet, c'est comme avec le sucre, si on est énervé, le chocolat ne suit plus. D'autre part, il faut être un minimum créatif. Le plus difficile, c'est de mettre sur papier, ce qu'on a dans la tête. Il pense qu'il est très important de visiter des salons, de se tenir informé des nouveautés technologiques et même des matières, car en chocolaterie cela avance très vite. Afin de se familiariser avec de nouvelles techniques, il a réalisé un stage de 3 semaines en Italie, l'année dernière. Il espère que cette expérience se renouvellera. Il est vrai que c'est un métier difficile car le rythme de vie est décalé, mais lorsqu'on aime ce que l'on fait, on est prêt à accepter beaucoup de choses, précise-t-il. En outre, ses parents lui ont toujours été d'un grand soutien, tout en le mettant en garde contre les difficultés qu'il allait rencontrer. De plus, au sein du CFA, il y a une réelle communication, et les étudiants peuvent faire part de leurs questions, de leurs doutes
Son objectif est de faire ses preuves en tant que Compagnon du devoir. Quand on entend un ancien compagnon parler de cette expérience, on a une poussée d'adrénaline ! Ensuite, il aimerait bien devenir professeur afin d'apprendre aux nouveaux les techniques traditionnelles, qui ont tendance à disparaître face à l'intervention des machines.
Audrey Simond |
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Florent Durand A 17 ans, ce jeune homme a déja acquis un certain niveau d'expérience en cuisine et ne compte pas s'arreter la. A tout juste 17 ans, Florent est déjà en 1ère année de brevet professionnel Cuisine. Ce Varois, originaire de Saint-Cyr a su mettre tous les atouts de son côté pour voir se profiler une fabuleuse carrière. Il a fait son premier stage en cuisine alors qu'il était en 4ème, pour voir si le métier lui plaisait. Il s'agissait du restaurant de spécialités anglaises Le simple Simon, situé en centre-ville à Marseille. Ce fut pour lui un choc, une révélation : ce métier était fait pour lui. Il savait que cuisiner lui plaisait depuis son enfance, puisqu'il faisait la cuisine pour ses parents, mais là, il s'est rendu compte qu'il voulait en faire son métier. Son BEP, il l'a passé à Marseille. En 1ère année, il faisait son alternance au restaurant de bord de plage La Patouille, à Saint-Cyr. Puis en 2ème année, il est entré dans l'équipe du restaurant Le Rovestel à La Ciotat. Il s'agit d'un restaurant qui fait en moyenne 60 couverts le week-end et pour lequel il s'occupe des entrées et un peu du chaud. Il y apprend beaucoup de choses et aime l'ambiance qu'il y règne. Mais Florent est perfectionniste et voulait acquérir davantage de rapidité dans la préparation des plats. Pour cela, quoi de mieux que de faire une saison dans un snack ayant beaucoup de couverts à chaque service. C'est ce qu'il a fait l'été dernier, dans un établissement de Saint-Cyr. Cependant, avant de reprendre les cours, il a dû faire une semaine de réadaptation à la gastronomie, dans l'établissement Chez Henri, toujours à Saint-Cyr. A présent, il est de retour au Rovestel, où il s'occupe seul des entrées. Ce que Florent aime par dessus tout dans ce métier, c'est la poussée d'adrénaline que l'on a quand il y a le coup de feu. Et pour lui, les qualités essentielles pour réussir sont nombreuses. Il faut allier patience, détermination, envie, mais également prendre du plaisir dans ce que l'on fait et aimer les gens.
Après son BP, il souhaite poursuivre ses études par un brevet de maîtrise et même au-delà, afin d'accumuler davantage de pratiques. Il faut, selon lui, aller le plus loin possible avant de se lancer. Il reste cependant très réaliste quant aux opportunités de carrière qui s'offrent à lui : on ne peut pas immédiatement ouvrir son restaurant. On doit monter les échelons un à un, pour devenir un jour chef. Une fois que l'on a fait ses preuves en tant que chef, alors on peut ouvrir son établissement. Il a toutefois une idée très précise du type d'établissement qu'à terme il désire tenir : Je voudrais un établissement qui fasse se rejoindre les régions d'origine de mes parents, c'est-à-dire la Provence de mon père avec sa cuisine raffinée et la Savoie de ma mère avec ses plats familiaux et nourrissants.
Audrey Simond |
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Frédéric Prevel A 19 ans, il est meilleur jeune apprenti de France en boulangerie, ce dont est fier le CFA du Beausset. Le parcours de Frédéric est assez atypique. En effet, il a commencé par faire un CAP Pâtisserie à Paris, sa ville d'origine. Puis, il est parti en Irlande, à Dublin, pour travailler dans cette branche. Mais ce ne fut pas le succès escompté. C'est pourquoi, il a repris ses études pour passer cette fois-ci un CAP Boulangerie. Installé à présent au Lavandou, où ses parents tiennent une boulangerie traditionnelle, c'est tout naturellement qu'il a choisi le CFA du Beausset. Ce qui lui plaît dans ce métier, c'est de tout faire lui-même, de créer un produit. Selon lui, pour être un bon boulanger, il faut être passionné mais aussi, rigoureux dans l'application des techniques. Et il faut croire qu'il sait appliquer ces principes puisqu'il a participé à un concours pour devenir meilleur apprenti de France. Au départ, 4000 jeunes apprentis de toute la France se présentent à ce concours. Puis chacune des 16 régions définies par l'organisation du concours, sélectionne un étudiant. Pour la région PACA, se fut, cette année, Frédéric. Enfin, la finale a eu lieu à Valenciennes le 5 novembre 2003. Les 16 participants avaient 8 heures pour réaliser : des croissants, des pains au chocolat, des tartelettes en pâte feuilletée, un pain aux noix, un pain de campagne, une tradition française. Là, ils étaient notés sur 20, et ceux obtenant une note supérieure à 16, étaient élus meilleurs jeunes boulangers de France. Ce fut le cas de Frédéric et de 7 autres jeunes apprentis. Gérard Minard, le formateur de Frédéric, n'en est pas à son coup d'essai puisqu'il avait déjà aidé un ancien étudiant du CFA à devenir meilleur apprenti de France en boulangerie, avec succès. Il nous confie : Je suis très fier de Frédéric, c'est un garçon très modeste mais doué. Il a passé des moments difficiles quand on s'entraînait mais ce fut une telle émotion quand il a reçu le prix ! Son projet est ambitieux également : partir à l'étranger pour ouvrir son propre magasin, pourquoi pas au Canada. Mais pour cela, il attend de s'être un peu posé, d'avoir mûri et acquis un peu plus d'expérience.
Audrey Simond |
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Audrey Meran A 19 ans, entrée tres tot dans le monde de la restauration, au niveau du service, son parcours est tout tracé. Audrey est entrée en pré-apprentissage au CFA du Beausset alors qu'elle n'était âgée que de 15 ans, juste après sa 5ème. Elle savait déjà que les études générales n'étaient pas faites pour elle et qu'elle avait envie d'autre chose. Suite à une visite du CFA au cours de journées portes ouvertes, elle a pris sa décision et s'est inscrite dans la filière service. Mais elle n'a pas pris cette décision à la légère et savait parfaitement à quoi s'attendre puisque sa mère tenait un restaurant. Elle a fait son CAP-BEP Service en 2 ans, en alternance dans la brasserie Le France à La Valette. Elle y est encore aujourd'hui. Mais depuis, elle a continué sa formation. Elle a en effet passé une mention complémentaire barman à 18 ans et est actuellement en 1ère année de brevet professionnel. La mention lui a permis de connaître autre chose, d'étendre
son champ de compétences. Elle a appris à faire des cocktails, à travailler au bar
Elle sait que dans ce métier, il faut savoir tout faire, être polyvalent. Après son BP, elle aimerait bien devenir maître d'hôtel, pour avoir une place à responsabilités et un salaire en conséquence. Une autre possibilité l'intéresse également, celle d'intégrer une maîtrise en un an afin de devenir professeur par la suite. Elle a compris que c'est un métier difficile, et que de ce fait, il ne faut se fermer aucune porte. Il faut essayer d'avoir un maximum de diplômes, ainsi, on aura un plus grand choix de carrière. Ce qui lui plait le plus dans ce métier, c'est le contact avec la clientèle. Et selon elle, pour réussir, il faut être persévérant, serviable, patient et avoir un bon sens du relationnel. Elle conclut en nous disant que pour faire ce métier, il faut vraiment l'aimer.
Audrey Simond |
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