Un peu excentré par rapport au centre-ville de Concarneau, le Seventy One a su se bâtir une solide réputation en seulement quelques mois d'activité. Ouvert le 2 mai 2003, cet établissement pouvant accueillir 38 couverts a développé une ambiance unique, juste avant le début de la saison estivale.
Le Seventy One est récent mais l'expérience de son propriétaire est quant à elle déjà longue. A 33 ans, Renaud Morvezen a déjà travaillé dans divers restaurants gastronomiques, y compris les plus prestigieux comme La Tour d'Argent ou chez Robuchon à Paris. Dans plusieurs d'entre eux, il a même occupé le poste tant convoité de saucier. Mais il a souhaité revenir dans sa région d'origine et ce fut chose faite lorsqu'il obtint le poste de chef de cuisine dans un Relais et Châteaux Logis de France. Cependant, le désir de tenir son propre établissement devenait de plus en plus présent. Il a donc fait une saison dans une brasserie pour mettre de l'argent de coté et a ensuite racheté un ancien cabinet d'assurance pour en faire le Seventy One (numéro de l'établissement dans l'avenue Alain Le Lay). Il a alors fallu tout reprendre à zéro, tout repenser et enfin tout refaire. Mais après trois mois de travail, l'objectif était atteint. Ils sont deux à présent à s'occuper de l'affaire : Renaud et son amie Julia Lingenfelder, qui gère en grande partie les aspects adminsitratifs. Leur but est de trouver ce que les personnes ne peuvent pas voir chez elles ou sur le marché local. Ils veulent pouvoir leur inculquer une culture exotique. Il faut faire des choses hors norme plutôt que d'être dans le commun, le classique, l'ordinaire.
Une restauration indescriptible
Lorsqu'on demande à Renaud de définir le type de restauration qu'il pratique, il a du mal à répondre : Ma restauration est difficilement qualifiable car on travaille des produits différents. Nous ne sommes ni un restaurant gastronomique, ni une brasserie. Ce qu'on aime, nous, c'est que les gens se sentent à l'aise, que tout se passe à la bonne franquette, comme s'ils étaient chez des amis.
Les personnes qui entrent dans ce restaurant y apprécient les bonnes choses préparées différemment avec une large palette de couleurs et de saveurs, dans un cadre hors du temps.
Dans l'assiette, le monde s'ouvre pour les clients du Seventy One, des plats les plus classiques aux plus exotiques. En effet, pourquoi ne pas goûter à un espadon à la plancha ou encore à un mérou rouge à points bleus, sauce safran (on a alors les couleurs primaires dans l'assiette). Pour suivre, il est possible de s'offrir une quintessence de fromages fondus sur des toasts parfumés (qui ne se résument pas à du pain mais sont constitués de fruits). Goûter au crumble pomme-banane avec crème glacée aux algues finira le repas sur une apothéose. Avec tout cela, nul doute que les conseils du chef aux clients hésitants sont indispensables. Il donne en effet des repères en terme de saveurs et de textures pour les produits inhabituels présents sur la carte.
Un cadre ahurissant
La décoration du Seventy One est très haute en couleurs. En outre, on peut y distinguer plusieurs ambiances, différentes mais complémentaires. En effet, sur un des murs, on va trouver un décor très métallique, avec de la tôle ondulée posée sur les murs. La fresque en graphe qui la surplombe reprend un paysage issu du Bronx, en automne. Un autre mur va arborer une atmosphère faisant complètement référence au monde de la nuit, avec une affiche de Saturday Night Fever, des projecteurs 16 mm, des bobines et des postiches d'époque. Puis, on va subitement se retrouver aux Antilles, avec une représentation d'un jardin que l'on verrait de chez soi, au-dessus d'une balustrade en bois, et qui donnerait sur une cascade et un lac. Un autre coin est consacré au Flower Power très seventies avec de grandes fleurs colorées et un vieux poste. Pour finir, on arrive au Tibet, avec une partie zen, où sur un mur en pierre apparente on retrouve, graphé comme sur un vieux parchemin, un paysage montagneux de neige avec un chalet. Même les toilettes sont hors du commun puisqu'on est dans la jungle, avec comme ornement une peau de python de
6 mètres et une carapace de tortue.
Un moment de plaisir pour tous
Le Seventy One peut satisfaire tout type de clientèle. Des travailleurs pressés qui se contenteront le midi d'une formule exopress à 9 (comprenant une entrée, un plat, un dessert et une boisson) aux repas d'anniversaire en famille ou entre amis où une coupe de champagne est offerte à chaque invité à table. Bref, que l'on soit jeune ou vieux, riche ou modeste, tout le monde trouve ici son compte.
Un parking non payant, le positionnement sur l'un des trois axes principaux de la ville, le décalage par rapport au moule de la société, la décoration originale et bien sûr une assiette sympathique, font de cet établissement un lieu original où il fait bon se retrouver.
Les conseils du propriétaire Renaud Morvezen
Quand on travaille dans la restauration, il faut se faire plaisir :
si on entre dans le milieu de l'exceptionnel, ça marche
Le client doit être décalé, choqué ou surpris
Un métier de service implique d'écouter, de comprendre, de conseiller et de donner des références aux clients.
Ouvert tous les jours sauf le jeudi midi et samedi midi
Ticket moyen : entre 20 et 25