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Café Excalibur

5, rue de la Grue
51100 Reims

Tél : 03 26 50 81 28
L'Excalibur à Reims : La mission sociale du bar

Après quelques années passées dans la restauration, Florent Filip devient responsable de l'Excalibur, que sa mère, elle-même commerçante a acquis. Des modifications, en profondeur et en surface, s'imposent de manière à changer l'image de l'établissement. Très vite, l'Excalibur acquiert son rythme de croisière avec une clientèle d'habitués et des concerts organisés plusieurs fois par semaine.

Du champagne aux marionnettes
Les fins d'années ont ceci de particulier qu'on y sent une atmosphère à la fois festive et chaleureuse. Malgré le ciel bas et lourd, chacun est affairé et pense aux réjouissances qui s'approchent à grands pas. Les rues sont éclairées, animées et propices aux flâneries. Cela est encore plus vrai dans les villes où l'on perçoit une véritable richesse, aussi bien financière qu'historique, comme c'est le cas à Reims. La capitale du champagne offre en effet un visage souriant et accueillant aux touristes et autres passants, car elle a su mettre en valeur ses richesses : des boutiques où rien ne manque, pas même les produits de luxe en tout genre ; des cavistes où l'on découvre la grâce d'un terroir à travers ce que l'on a coutume d'appeler de “petits” propriétaires dont le fameux vin pétillant est largement à la hauteur des “grands”. Mais Reims, c'est aussi un passé qui a laissé ses traces : de nombreuses maisons à colombages qui donnent l'impression de se retrouver quelques siècles en arrière, plusieurs places encore pavées où l'on imagine le bruit des pas des chevaux traînant dans leurs calèches quelques riches aristocrates ; c'est enfin et surtout sa cathédrale, qui a accueilli les plus grands de nos monarques et empereurs : ils y furent sacrés et acclamés, semblables à des dieux vivants.
C'est entre la Place Royale et cette divine cathédrale que se situe l'Excalibur, à présent tenu par Florent Filip, son épouse et sa mère : “Mon intention première, avoue Florent Filip, n'était pas nécessairement de devenir responsable d'un établissement de ce type. En effet, j'ai une formation de cuisinier et j'ai commencé dans le métier en travaillant dans plusieurs restaurants traditionnels de la région ainsi que dans quelques établissements saisonniers. C'est en janvier 2001 que je suis arrivé ici : après avoir tenu, pendant plusieurs années, un magasin de champagne, ma mère a décidé de vendre. Elle cherchait un autre commerce et, bien évidemment, elle a pensé à un établissement qui ne soit pas aux antipodes de ma propre formation. Mais, poursuit-il, quand nous sommes arrivés nous avons dû faire quelques changements : la décoration, d'abord, a totalement été refaite par ma mère qui est une passionnée de marionnettes. Elle passe beaucoup de temps dans les brocantes à essayer de trouver la perle rare, qu'elle vient aussitôt exposer à l'Excalibur ; la clientèle ensuite a changé : nous avons opéré ce qu'il faut bien appeler un tri sélectif afin que tous les clients soient ici aussi tranquilles que chez eux. C'est d'ailleurs pour cette raison que nous avons changé l'enseigne de l'établissement”.
La tranquillité : un élément déterminant
La tranquillité est en effet un élément essentiel : “L'Excalibur, explique Florent Filip, est l'un des seuls établissements de la ville à posséder une licence V, ce qui signifie que nous restons ouvert jusque tard dans la nuit, notamment parce que nous organisons régulièrement des concerts. Tous les vendredis soirs nous ouvrons les portes de l'Excalibur aux musiciens de la région, tandis que les samedis soirs sont plutôt consacrés au rock, voire au hard rock. Enfin, les mardis soirs sont destinés au jazz et à la libre inspiration artistique, c'est-à-dire aux bœufs. L'entrée de l'Excalibur est gratuite et, de ce fait, nous n'exerçons aucune discrimination : ces soirées s'adressent à tous types de clientèles, de 18 à 55 ans. Malgré les 150 personnes en moyenne qui viennent profiter de ces moments de chaleur, tout le monde se tutoie et chacun respecte les autres. Car, notre souci principal est précisément que tout le monde passe une soirée agréable, dans la tranquillité et la convivialité”.
Mais, l'organisation de concerts répond également à une nécessité commerciale : “En réalité, précise Florent Filip, cette activité est plus que nécessaire au bon fonctionnement de l'Excalibur, car sans elle nous ne pourrions pas véritablement vivre. Certes, nous avons une clientèle d'habitués, qui vient le matin pour boire son café ou l'après-midi pour siroter une bière. Mais, l'essentiel de notre activité commence à partir de 21h30, lorsque les autres établissements ont fermé leurs portes et que les clients se retrouvent à l'Excalibur pour écouter de la musique et passer un moment agréable jusqu'au milieu de la nuit. De ce point de vue, poursuit-il, on ne ressent pas trop la lutte contre l'alcool au volant, car la majorité de nos clients viennent et repartent à pieds. De ce fait, la consommation n'a pas véritablement diminué et le premier produit consommé demeure la bière”. On peut en effet déguster un demi en pression, Blanche ou Abbaye, de 1,8 à 2,8 €, ou en bouteille de 2,8 à 3,5 €. Mais, on peut également choisir un apéritif ou un digestif de 1,8 à 6 €, des sodas de 1,8 à 2,5 €.
La véritable difficulté réside principalement du côté de la restauration : “Lorsque nous avons ouvert, nous faisions en moyenne 35 couverts par jour, tandis qu'à présent nous sommes tombés à 10. Pourtant, la cuisine est toujours la même : c'est moi qui la fait, et uniquement avec des produits frais. En vérité, je ne possède pas de réelle explication, même si quelques éléments permettent de rendre raison de cette baisse : l'agence de France Télécom qui se situait à proximité a déménagé et les employés de La Poste ont à présent une cantine ; à quoi il faut ajouter une diminution du pouvoir d'achat lié au passage aux 35 heures : les gens préfèrent maintenant s'acheter un sandwich plutôt que de payer un véritable repas. J'espère néanmoins que d'ici quelques temps, nous allons repartir à la hausse”. L'Excalibur propose en effet des formules attrayantes à 7 € le plat ou 10 € le menu complet : une soupe de poisson, une escalope normande, un tartare de bœuf accompagné de frites maison, ou une grande salade.
Mais, l'essentiel demeure dans le type de relation à la clientèle : “Le principe de ce métier est de respecter les clients, explique Florent Filip, c'est-à-dire de les reconnaître quand ils arrivent, les accueillir et prendre le temps de leur parler. De ce point de vue, notre métier relève aussi d'une mission sociale. D'ailleurs, il nous arrive parfois d'aider la clientèle à remplir ses papiers. Quand on est dans un bar un moment, on attend toujours quelques gestes aimables de la part du patron ou des serveurs. Souvent, je fais moi aussi la tournée des bars, conclut-il, afin de me mettre dans la position du client et pouvoir constater ce que celui-ci attend”.


Activités : bar, restaurant, concerts, expositions.
Restauration : plat ou menu à 7 € ou 10 €

Philippe Viot