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Hôtel Porte Mars***

2, place de la République
51100 Reims

Tél : 03 26 40 28 35
Fax : 03 26 88 92 12
www.hotelportemars.com

L'hôtel Porte Mars*** Le don de soi à Reims

Lorsqu'en 1997 Chantal Chenu devient propriétaire de l'hôtel Porte Mars à Reims, elle ne savait pas dans quoi elle s'engageait. Mais, elle perçoit rapidement la démesure de la tâche. C'est par un travail acharné et, surtout, un don de soi permanent que Chantal Chenu est finalement parvenue à créer un établissement prisé de la clientèle étrangère et d'affaires, avec laquelle, d'ailleurs, elle entretient des relations amicales.

Un travail à long terme
Le hasard, ou le destin, offre parfois des occasions qui peuvent passer inaperçues ou être saisies pour recommencer une nouvelle vie. C'est ce qu'a su faire Chantal Chenu, dans des circonstances pourtant peu favorables : “En réalité, avoue-t-elle, je ne suis pas du tout hôtelière : je tenais un magasin de chaussures de luxe à quelques kilomètres de Reims. Mais, pour des raisons personnelles, j'ai dû tout revendre. Je me suis alors lancée à la recherche d'un nouveau commerce, et c'est en lisant le journal que je suis tombée sur quelques lignes qui annonçaient la vente du futur hôtel Porte Mars. Pour moi, c'était repartir à zéro et commencer une nouvelle vie. Mais, je ne me suis pas rendue compte de l'ampleur de la tâche : certes, l'hôtellerie est un commerce, mais c'est complètement différent de ce que j'avais connu jusque-là. Heureusement que ma banque me faisait confiance et que, comme j'avais signé, je devais aller jusqu'au bout”.

Lorsque Chantal Chenu est arrivée à l'hôtel Porte Mars, en 1997, elle a dû en effet entreprendre un certain nombre de travaux : “le bar et le salon n'existaient pas, explique-t-elle : à leur emplacement, il y avait de la terre battue. J'ai aussi créé la cheminée, refait toute la décoration et entrepris une rénovation complète des chambres. La majorité des meubles et de la vaisselle sont à moi et, au début, je vivais dans un petit débarras au milieu des cartons. J'ai travaillé 24 heures sur 24, car je n'avais pas les moyens de payer un veilleur de nuit ni d'employer un personnel important. Le redressement de l'établissement a été progressif et c'est seulement au bout de 5 ans que j'ai commencé à voir le bout du tunnel. En vérité, poursuit-elle, ce travail est un véritable sacerdoce, un don de soi permanent dont la solidité des effets ne peut être perçue qu'à long terme”.
Une attention de chaque instant
Ce don de soi passe par une disponibilité et une générosité de chaque instant : “j'ai fait porter une grande partie de mes efforts sur la qualité du petit déjeuner, précise Chantal Chenu. Ainsi, tous les matins, la grande table de la salle à manger est pleine de tartes, de crèmes, d'œufs à la coque ou au plat que je fais moi-même, et je n'hésite pas à mettre sur les tables de gros morceaux de beurre ou des cruches entières de jus d'orange, à tel point que mon petit déjeuner est à présent mentionné dans le Guide Michelin. Bien souvent, les petits déjeuners sont frustrants, car on reprendrait bien de ceci ou de cela. Or, en ce qui me concerne, je pars du principe que les gens ne mangent pas plus qu'ils ne le peuvent. Dans le même esprit, je ne lésine pas sur le nombre de serviettes dans les chambres ; dès qu'il y a la moindre petite fuite, je fais changer l'appareil défectueux, car je ne laisse jamais s'aggraver les détails ; je fais attention à ce qu'il y ait une chaise pour bébé dans toutes les chambres familiales. Plus généralement, poursuit-elle, mon souci principal est la propreté, de sorte que les matelas sont retournés tous les jours. Car, un hôtel peut être vieux, mais la clientèle pardonne bien des choses s'il est propre”.

Aujourd'hui, Chantal Chenu recueille les fruits de ses efforts. “Le taux de remplissage est de 70%, explique-t-elle, pour une durée moyenne de séjour de 2 à 3 nuits. 80% de la clientèle est étrangère et les 20% restants sont des commerciaux très fidèles qui, bien souvent, font un détour pour passer une nuit ici. Car, je suis arrivée à créer une relation personnelle avec chaque client : tous écrivent un petit mot gentil dans le livre d'or et certains m'envoient des photos d'eux ou arrivent ici avec un bouquet de fleurs. Toutes les années, j'organise une petite soirée pour le Nouvel An". Là encore, c'est une attention permanente aux détails qui permet aux clients de percevoir qu'on est attentif à leur confort et à leur bien-être. “D'ailleurs, poursuit Chantal Chenu, si les chaînes hôtelières se sont développées, c'est qu'il y a eu un temps où les hôteliers indépendants ont fait preuve de laxisme : ils n'ont entretenu ni leur outil de travail ni leur relation à la clientèle. Mais, heureusement, les choses ont changé”.
Se soucier de l'environnement
En effet, si Chantal Chenu apporte tous ses soins à son établissement, elle n'en est pas moins attentive à son environnement économique : “J'entretiens de très bonnes relations avec tous mes collègues, précise-t-elle. On s'appelle une fois par semaine pour faire le point sur les disponibilités et on s'envoie les clients lorsqu'on est complet. Ce rapport soutenu entre les hôteliers de la ville est important, car nous avons tous un objectif commun, à savoir que le maximum de personnes restent à Reims. D'ailleurs, poursuit la directrice, nous avons ici un très beau palais des congrès, qui permet aux caves de la région d'accueillir jusqu'à 3000 personnes. C'est dire si nous avons un potentiel à exploiter, aussi bien au plan national qu'international”.
Chantal Chenu se soucie également de son personnel : “Je n'emploie que des filles qui étaient au chômage, avoue-t-elle, et je leur fais totalement confiance. Il faut dire qu'elles ne regardent pas sur le travail à faire : en saison, elles font le maximum. De mon côté, je fais en sorte que cette générosité soit compensée : le week-end, par exemple, elles viennent plus tard ; et, deux fois par an, nous allons au restaurant pour nous dire tout ce qui ne va pas. C'est important, car comme on travaille tout le temps, il faut savoir ne pas aigrir les gens”.
Finalement, au bout de sept années d'un travail continu, Chantal Chenu est satisfaite de sa création : “J'ai appris le métier d'hôtelier en le vivant, conclut-elle, et à présent je suis fière de mon bébé, car je suis arrivée à faire ce que je voulais avec peu de moyens. Pourtant, je n'ai jamais eu l'intention de m'enrichir ; mais, lorsqu'on donne tout de soi, on en recueille nécessairement les fruits un jour ou l'autre”.


Capacité : 24 chambres (simples, doubles et triples) de 65 à 96 €
Petit-déjeuner : 9 €.

Philippe Viot