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Lô Sushi II

1, rue du Pont Neuf
75001 Paris
tél : 01 42 33 06 06
www.losushi.com
Lô Sushi II : entre Za zen et High Tech

Le XXIe siècle européen est indéniablement séduit par la force tranquille de l'art de vivre traditionnel des Japonais. En pionniers, une poignée de restaurateurs français se lance dans l'exploration de cette culture pour l'appliquer aux nouveaux espaces de restauration ludiques et gourmands de nos temps modernes. Entre jardins Zen et cybernétique, voici Lô Sushi II, bar high tech.

Fort d'un premier succès dans le genre avec Lô Sushi rue de Berry à Paris, Laurent Taïeb s'est vu proposer d'ouvrir un deuxième opus remanié et encore plus original, de sa formule, en même temps qu'un restaurant, le Kong, respectivement au sous-sol et au dernier étage du nouvel Espace Kenzo. Laurent Taïeb est un restaurateur bien connu de la capitale pour avoir réussi tous ses paris. Parmi les premiers à avoir compris qu'il fallait désormais accorder le design des temps modernes à l'art culinaire, le Café du Trésor installé dans le Marais dès 1993 eut une réussite indéniable qui l'a poussé à créer d'autres espaces de restauration sur deux axes principaux. Le premier, la restauration traditionnelle de qualité. Dans un décor signé Philip Stark, les deux restaurants “Bon” crées en mars 2000 puis en 2002, ont rapidement été revendus pour monter d'autres affaires. Le second, un concept novateur de restauration rapide haut de gamme déclinée autour de la gastronomie japonaise et son art difficile du sushi. Cette fois-ci, c'est la célèbre designer Andrée Putman qui conceptualise les espaces et les volumes. Lô Sushi, premier du nom implanté à deux pas des Champs Elysées, rencontre tout de suite le succès, notamment grâce à son tapis roulant circulant autour de la cuisine et permettant à chacun des hôtes assis au bar qui la ceinture de se servir en sushis, makis, sashimis et salades qui y sont posés par les maîtres cuisiniers au fur et à mesure de leur production. Mais Laurent Taïeb voulait aller plus loin dans le concept et apporter encore plus de convivialité autour de ces vastes espaces où quelque 90 personnes peuvent s'attabler, les unes à côté des autres.
“Le manque de communication engendre une nouvelle forme de communication”
Lionel Sfez, collaborateur de Laurent Taïeb et responsable des restaurants Lô Sushi, nous raconte : “La légende veut que Laurent Taïeb, un homme passionné par l'Asie, circulant un jour en avion, soit séduit par la présence d'une jolie femme à quelques rangées de fauteuils de lui. D'un naturel plutôt timide, Laurent s'est mis à rêver qu'il disposait d'une connexion Internet, pour pouvoir l'aborder beaucoup plus facilement”. Le Net a effectivement révolutionné les rapports entre les hommes et les femmes qui, grâce aux “chat” (espace virtuel de discussion) peuvent se rencontrer et se connaître parfois plus intimement. Sans se douter parfois qu'ils vivent à quelques centaines de mètres les uns des autres. Alors l'idée jaillit : pourquoi ne pas connecter tous les clients d'un sushi bar où les gens sont assis les uns à côtés des autres, via les dernières technologies de communication et un écran d'ordinateur tactile individuel relié à tous les autres ? La mise en application du principe est fort simple. Devant chaque place assise est inscrit un numéro qui permet d'envoyer directement à la personne avec laquelle on désire entrer en contact un message en sélectionnant son numéro de place sur l'écran tactile au moyen d'une fine baguette de bois, comme on le ferait sur un “Palm Pilot”. “Mais bien sûr, précise Lionel Sfez, si nous voulons créer un espace de convivialité maximum, il ne s'agit pas pour autant de laisser la porte ouverte à des dérives malencontreuses. Comme on le fait partout sur le Net, nous veillons strictement à ce qu'il n'y ait pas d'abus. On peut aussi accéder au réseau mondial depuis chacun des écrans ; beaucoup de touristes de passage, des familles en visite à Paris, viennent à Lô Sushi II pour y relever leurs boites e-mail et surfer sur leurs sites préférés”.
Une alimentation traditionnelle et saine dans un décor épuré
Côté nourriture, Laurent Taïeb a tenu à entretenir sa réputation d'excellence. Le chef, Gaza, un cuisiner d'origine philippine passionné par le Japon et ses arts, a reçu un apprentissage rigoureux de la part du grand maître sushi japonais de la capitale, monsieur Nagao, le pionnier des restaurants à sushi traditionnels. Gaza officie en compagnie de ses assistants, rapides et impassibles, au milieu de la salle. Si la nourriture traditionnelle japonaise est réputée pour ses qualités nutritives et sa saine fraîcheur, la préparation de mets à base de poisson crû ne permet aucun écart de conduite. C'est l'exigence de qualité totale, du zéro défaut qui prévaut à ce poste. Chaque assiette préparée et immédiatement posée sur le long tapis roulant qui déambule devant les clients attablés qui s'y servent directement. Un code de couleur sur les assiettes permet de visualiser immédiatement le prix de chacune d'entre elles, de 2 à 5,5 €. L'addition est facile à faire : il suffit de compter les assiettes de différentes couleurs que l'on empile au fur et à mesure dans un petit réceptacle prévu à cet effet à chacune des places pour connaître l'ardoise finale, généralement comprise entre 20 et 25 €. Dans un décor très épuré où l'on est parvenu à faire jouer largement des jeux subtils de lumière, malgré l'installation dans un des anciens sous-sols de La Samaritaine consacrés auparavant au bricolage, la sensation de dépaysement, de voyage à l'autre bout du monde, dans un univers à la fois traditionnel et à la pointe de la technologie est décidément étonnant !


“Si vous comprenez que za zen est la grande porte de la loi, vous serez semblable au dragon pénétrant dans l'eau ou au tigre retrouvant ses forêts profondes”. (Maître Dogen XIIIe siècle)



connexion informatique système Blind@Lo
Ouvert tous les jours, de 11h à minuit.
Ticket Moyen : 25 €

Bruno Diogon