 Les produits agroalimentaires de demain ne naissent pas dans les choux ! De longues recherches sont menées par les industriels mais les étudiants participent également a l'évolution des produits et de leur packaging. Cette manifestation regroupe en juillet chaque année, les meilleurs projets étudiants concernant les produits alimentaires de demain. Des équipes de formation supérieure scientifique et/ou commerciale s'affrontent pour obtenir le Trophélia d'or, d'argent et de bronze. Un prix Bernard Loiseau décerné par le public récompense une des équipes en compétition et cette année, un nouveau prix à été décerné a une innovation "Fruits et légumes frais". Sur les 48 dossiers recus par les organisateurs, 17 projets étaient présents a Avignon et 6 ont été retenus pour la finale de Trophélia. Loïc Brémond
 Croc'Apero  Crumble Méli-Mélo  Jardipot' |
Les lauréats Les lauréats sont :Trophélia d'or Ecole nationale d'ingénieurs des techniques des industries agricoles et alimentaires (ENITIAA) de Nantes, avec Duo d'en vie, une spécialité fromagère à tartiner aux fruits de la passion ou aux poivrons rouges. Trophélia d'argent IUP Innovation en industries alimentaires (IIA) de Quimper avec Croc'apero, une préparation de légumes sous forme de saucisse cocktail apéritif. Trophélia de bronze Ecole nationale supérieure d'agronomie et des industries alimentaires (ENSAIA) de Vandoeuvre-Les-Nancy, avec Crumble Méli-Mélo, un plat cuisiné (crumble salé surgelé au fromage, truite et coppa avec un duo de légumes). Les lauréats des deux autres prix sont :Prix Bernard Loiseau Institut supérieur d'enseignement au management agroalimentaire (ISEMA) d'Avignon et L'IUP Produits de consommation alimentaire (PCA) de Marseille, avec Hermitaj' un plat cuisiné (tajine d'agneau aux coings caramélisés). Prix spécial innovation Fruits et légumes frais L'Institut des sciences et techniques des aliments de Bordeaux (ISTAB) à Talence, avec Jardipot', un accompagnant (préparation sucrée de légumes). Lors de la remise des prix, Pierre Gagnaire, bien connu pour son intérêt dans les nouveautés culinaires, a manifesté son bonheur d'être présent et membre du jury national. Il a notamment souligné la nécessité que les métiers de l'innovation alimentaire et celui de la restauration se rencontrent afin de pouvoir échanger avec les points de vue de chacun.
Loïc Brémond |
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Franck SARRAT 23 ans IUP Innovation en industrie alimentaire, Quimper. Croc'apéro. FranckSarrat est né en Lorraine. Après un Bac S, il s'inscrit en Math sup à Metz avant de se réorienter vers un IUT Génie biologique option industrie alimentaire et biologique à Nancy. Il fait un stage au service Qualité d'une charcuterie-salaison et s'occupe de la démarche HACCP. Toujours dans la continuité de son goût pour l'alimentaire, il poursuit sa formation à l'IUP Innovation en industrie alimentaire de Quimper. Il nous explique comment il est arrivé à Trophélia : Nous étions volontaires de la promo, car d'autres étudiants ont réalisé des produits innovants mais n'ont pas voulu participer à Trophélia. Pour nous ce concours représente la réalité du terrain car nous nous destinons à un profil de chef de projet alimentaire. Trophélia permet à l'étudiant de mener le projet du développement jusqu'à sa réalisation. Cela nous a appris à gérer des projets lourds car cela fait deux ans que nous y travaillons. En sus du développement, il faut faire attention à plusieurs aspects : la réglementation, la protection
Cela permet aussi d'apprendre beaucoup sur les relations humaines car c'est un travail de groupe, il faut faire en fonction des capacités de chacun. C'est du management de projet car il y a une répartition des tâches. Moi j'étais sur la formulation, l'analyse nutritionnelle du produit nous dit Franck. En toute logique, il souhaite continuer jusqu'au Bac +5 et travailler plus tard dans une PME
ou un grand groupe.
Loïc Brémond |
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Aurélia SEGUIN 24 ans Ecole nationale supérieure d'agronomie et des industries alimentaires, Vandoeuvre- -les-Nancy. Crumble Méli-Mélo. Aurélia Seguin est en 3e année de l'école d'ingénieur de Nancy, l'Ensaia, en spécialité formulation. Elle a passé un Bac S à Narbonne puis continué avec un Deug de Biologie à Montpellier avant de s'inscrire à l'IUP de Marseille. Quand on rentre à l'Ensaia, nous savons qu'il faut concourir pour Trophélia. Nous avons constitué notre groupe par affinité. C'est pourquoi nous sommes cinq filles
et 1 garçon. L'idée de leur produit est venue de trois industriels. Ces PME cherchaient une école d'ingénieurs pour réaliser leur projet. Les élèves ont été séduits. La contrainte majeure était l'utilisation des trois matières premières ou produits : nous avions un charcutier italien, un éleveur de truites et un fabricant de quiches et de tartes explique Aurélia. Nous avons bien réfléchi et le crumble est né avec la matière première du fabricant et les produits de l'éleveur et du charcutier. Trophélia c'est donc pour nous six mois de travail. Je suis très heureuse car pour une étudiante qui veut travailler en Recherche et développement, cette manifestation permet de comparer les différentes idées, de voir comment le marché évolue, quelle est la tendance
Le projet a permis un enrichissement énorme : Nous avons été en contact avec des industriels et nous avons dû nous adapter à leurs procédés de fabrication. Il y a eu un partage des connaissances entre nous, les étudiants, et eux, les industriels. Cela oblige à devenir sociable, à faire des compromis et à toujours trouver la solution. Plus tard elle souhaite débuter sa carrière en France mais l'étranger l'attire pour les moyens mis à disposition des développeurs produits et les salaires.
Loïc Brémond |
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Sami BIASONI 21 ans Pick'n Pasta.
Je suis passionné par les concours et j'aime les défis. C'est ce que Sami Biasoni, nous dit à propos de sa participation à Trophélia. Le garçon est atypique, sur plusieurs points. D'abord dans sa formation : après un Bac S dans le Val-de-Marne, il intègre une classe préparatoire (Math sup/Math spé) : J'ai réussi plusieurs concours dont celui des Mines et j'ai intégré l'école des Télécoms à Paris. En parallèle je suis aujourd'hui une maîtrise de philosophie à la Sorbonne. Atypique dans sa vie également : J'ai gagné le concours Défi du net, une épreuve de culture générale dont la finale avait lieu au Carrousel du Louvre animé par Michel Field. J'ai été demi-finaliste du Tournoi international de stratégie d'entreprise Euro Manager 2004. Voilà pourquoi il est présent à Avignon bien que n'étant pas de la filière agroalimentaire. J'ai pris connaissance de ce concours sur le net et comme je suis curieux et que j'ai le goût d'apprendre j'ai voulu y participer. Mon idée était de me mesurer à des étudiants de la filière alimentaire. J'ai donc constitué une équipe composée de deux copains élèves d'écoles de commerce et j'ai fait un casting pour avoir deux élèves d'école d'agronomie. Sami, très perspicace, a fait le choix du produit après un sondage sur le net. Nous avions quatre projets ; les votes du net et les arguments de notre entourage ont défini le projet pour Trophélia. Sami espère que sa participation va ouvrir de nouveaux horizons à cette manifestation. Trophélia c'est une idée comme ça, mais je ne souhaite pas travailler dans l'agroalimentaire, je vois mon avenir dans un laboratoire de recherche en physique. Décidément, un éternel chercheur
Loïc Brémond |
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Cécile LADECKY 24 ans Institut des sciences et techniques des aliments de Bordeaux, Talence. Jardipot'. Jardipot' c'est l'idée d'une innovation dans la filière fruits et légumes frais. Cinq étudiants de l'école d'ingénieurs en agroalimentaire de Bordeaux ont eu l'idée de ce produit. Cécile Ladecky, 24 ans en 2e année raconte l'aventure : Je suis originaire de Paris, où j'ai obtenu un Bac S avant de faire deux ans de médecine puis un Deug Biologie à Paris VI. Je suis allée à Bordeaux pour la situation géographique et pour la généralité de l'école. Trophélia est intégré dans un projet de 2e année. La promo organise 12 groupes de 5 personnes et les trois meilleures équipes sont sélectionnées pour y participer. Cette fille de caractère prend les choses en main dès le début, elle est le chef de projet. Elle aime cette fonction et apprécie le travail d'équipe. Le projet est complet car il faut s'occuper du produit lui-même mais aussi du marketing, de la partie financière
Pour revenir au produit lui même, Cécile nous explique : Jardipot' est une préparation sucrée de légumes. Nous avons trois parfums ; citrouille-carottes, courgette-aubergine et betterave-choux-fleurs. C'est un accompagnant de plat, on peut le déguster avec de la viande, du poisson et même des pâtes. Mais Jardipot' n'a pas la consistance d'une sauce et on peut l'utiliser sur une tartine au petit-déjeuner. On l'aura compris, Cécile aime l'alimentaire, le côté industriel et le mélange des aliments. Plus tard elle se voit dans une très grosse firme agroalimentaire mais elle souhaite préalablement faire une option nutrition dans ses études.
Loïc Brémond |
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Brigitte SERIES et Johanna VERDAN 25 ans et 23 ans Institut supérieur d'enseignement au management agroalimentaire, Avignon. Act'hy. Brigitte Series et Johanna Verdan sont coéquipières. Notre concept Act'hy est une barquette comprenant un fruit ou un légume prêt à consommer et un film. Cela permet de ne pas les faire cuire : on le met directement dans l'assiette. La barquette est autorégulatrice d'humidité, cela augmente la DLC et cela permet aussi d'éviter la perte de masse. Depuis son plus jeune âge, Brigitte est attirée par l'agriculture. Elle effectue un BEP contrôle qualité des produits agroalimentaires, continue ensuite avec un BTA toujours en contrôle qualité, un BTSA (Brevet de technicien supérieur agricole) et enfin l'Isema. J'aime le mystère de la conception des produits agricoles. Il faut croiser des plantes, des bactéries
nous dit Brigitte. Johanna après un Bac STT, a poursuivi avec un DUT à Avignon et enfin l'Isema. Nous avons commencé avec une recherche documentaire, puis est venue l'étape de l'étude de marché sur les attentes des consommateurs. Nous avons aussi réalisé une étude concurrentielle. C'est vraiment un travail complet nous dit Johanna. Après ces étapes, il faut voir la faisabilité du projet et établir un budget prévisionnel. Viennent ensuite la promotion et pour finir, il faut s'intéresser aux circuits de distribution, conclut Brigitte. Ces deux jeunes filles passionnées racontent leur rencontre avec des professionnels : Nous sommes en partenariat avec un laboratoire d'ingénierie alimentaire (Laboratoire nature concept.com) et avec un fabriquant (Sirap-Gema). Nous avons été en relation avec des scientifiques et nous avons fait des concessions mutuelles pour faire avancer le projet, qui était réalisé hors de notre cursus scolaire donc souvent le week-end. Il fallait donc que tout le monde soit content. Avec Act'hy, ces jeunes filles espèrent combattre la mal-bouffe et relancer la consommation des fruits et légumes frais.
Loïc Brémond |
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Nadege PERRET 22 ans IUP Produits de consommation alimentaire, Marseille. Equi'croc. Après un Bac S et un BTS biochimie à Lyon, c'est à Marseille que Nadège Perret vient parfaire sa formation à l'IUP Produits de consommation alimentaire avec une maîtrise. Il y avait une formation similaire à Bourg-en-Bresse, mais Marseille propose une option analyse des produits qui m'a séduite. Le projet Trophélia à été proposé par l'école en collaboration avec l'Isema d'Avignon. Nous devions apporter la technique de la conception et les analyses et l'Isema était en charge de la partie promotion, marketing et plan de financement. Notre école nous demande de constituer des groupes de cinq personnes, l'Isema en a fait autant. Par la suite, une journée de rencontre a été organisée et nous avons choisi avec quel groupe de l'Isema nous souhaitions collaborer nous informe Nadège. Au départ, ces dix élèves partent avec l'idée d'une barre de céréales : Nous étions intéressés par le procédé de faire une barre de céréales aux légumes. Mais une publicité de Carrefour montrant déjà le concept nous a fait changer d'idée. Toujours en gardant à l'esprit l'idée de céréales, nous avons opté finalement pour un biscuit apéritif aux céréales et aux aromates, léger en matière grasse. Il peut s'accompagner de différentes sauces comme du guacamole ou de la tapenade. Nadège est très contente de sa formation : en sus des multiples débouchés qu'elle offre, la filière permet d'appliquer la science à ce qui est quotidien. Cela touche tout le monde et permet de voir comment on fabrique les produits alimentaires s'enthousiasme-t-elle. Plus tard elle se voit bien dans un grand groupe industriel comme responsable qualité, ou en Recherche et développement.
Loïc Brémond |
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