Dans les années 80, monsieur Martineau tenait un restaurant aux Sables d'Olonnes. Lorsque le restaurant était fermé l'hiver, il préparait lui-même ses soupes et concentrés de poissons, selon d'anciennes recettes vendéennes, pour les servir à ses clients le restant de l'année.
Du jour au lendemain, sur la demande des services vétérinaires, monsieur Martineau est contraint de s'équiper d'instruments plus adaptés s'il veut poursuivre sa production et décide alors de fabriquer un bâtiment dédié à cela. Son fils, Antoine, âgé de 23 ans, qui se destinait plutôt à une carrière de reporter, lui propose de créer une entreprise et d'étendre la production familiale à une échelle plus grande. C'est le début d'une affaire qui va se développer lentement mais sûrement ! Pendant 5 ans, l'activité est tranquille, puis l'équipe s'agrandit, avec l'arrivée de Jérôme, le frère d'Antoine. L'objectif devient alors de développer le savoir-faire de la maison et de valoriser la pêche vendéenne en travaillant le poisson bleu (sardine, maquereaux, thon Germon
). La société grossit progressivement en adaptant des recettes de femmes de pêcheurs telles que les rillettes de poissons.
Les boîtes sont estampillées " Vent de la Galerne "
en référence à la provenance du poisson
En 2000, c'est l'association avec un ami de longue date, Thierry Thomazeau, qui va permettre de franchir un nouveau cap. Ce patron de pêche et armateur du bateau Vent de la Galerne pense depuis longtemps qu'il était dommage d'avoir le port de Saint-Gil-Croix-de vie à proximité, de voir les produits de la mer débarqués sur la côte et quitter la région sans en profiter. Il revoit sa grand-mère préparer ses anchois en marinade et emprunte sa recette pour lancer une nouvelle gamme. On a cru tout de suite en la démarche de promouvoir un produit local, les gens en sont friands et la recette on l'avait, on l'a déclinée pour avoir du choix, confie Antoine Martineau. Le premier produit est composé d'oignons blancs, clou de girofle, carottes, thym, laurier. Aujourd'hui, c'est également à base d'algues, d'ail et persil, de bouquets d'épices ou de moutarde à l'ancienne que l'on peut déguster les marinades. Les boîtes sont estampillées Vent de la Galerne en référence à la provenance du poisson. Cela permet de tracer la matière première puisque le nom du bateau, la zone de pêche et le port de débarquement sont indiqués sur le conditionnement.
Aujourd'hui, cette structure compte 15 personnes (2 commerciaux, 2 administratifs et 11 personnes à la production) et souhaite se développer en restant à taille humaine et ne pas perdre cet esprit artisanal. Car, comme aime le dire Antoine Martineau Ici, il n'y a pas de process industriel, de conservateur dans la composition de nos produits, on reçoit les poissons, on les étête, on retire les viscères, on le met en marinade et on fait le conditionnement manuellement. Et on est parmi les derniers à faire encore ça en France ! La philosophie, c'est de promouvoir le savoir-faire vendéen et l'utilisation des poissons débarqués sur la côte.
La volonté de conserver les traditions culinaires
La marque La Sablaise, qui fait référence aux Sables d'Olonnes, et l'appellation Vent de la Galerne, aux rafales qui s'abattent parfois sur la région, sont autant d'hommages au patrimoine local. On a vraiment envie que l'identité sablaise demeure, il n'y a pas si longtemps que ça, il y avait plus d'une vingtaine de conserveries dans la région ! observe Antoine Martineau. Cette volonté de conserver les traditions culinaires est conciliée à celle d'avancer tout en réalisant des contrôles tout au long du processus de fabrication. L'entreprise a d'ailleurs pour cela adopté la méthode HACCP, un système d'autocontrôle des normes d'hygiène. Car comme l'explique Antoine Martineau, Depuis un an, on a investi dans de nouveaux locaux, on veut se donner les moyens de franchir un nouveau cap, d'aller vers de nouvelles demandes en terme de qualité.