Il a le pétillant, le bouchon et la bouteille du
champagne. Il évoque les crêpes et la Bretagne, mais on l'a
trop souvent négligé. Il revient pourtant peu à peu
au devant de la scène
Il s'agit du cidre, bien sûr.
Redécouvrons ensemble ce produit noble de la pomme.
Des origines lointaines
On trouve la trace du cidre dès l'antiquité. On parle alors
de vin de pomme avec la découverte du phénomène naturel
de fermentation alcoolique. Ce vin de pomme s'appelle Shekar en hébreu,
Sikera en grec et Sicera à Rome. La première fabrication de
Sydre s'est faite en Biscaye, en Espagne, au XIIIème siècle.
Cette technique de fabrication a ensuite été importée
en Vallée d'Auge et en Normandie par Guillaume Dursus.
A la base du cidre, on trouve bien sûr la pomme
Deux sortes de pommes sont généralement utilisées pour
la fabrication du cidre : la « pomme à couteau »,
qui se mange, mais qui peut également être utilisée
pour le cidre, et la « pomme à cidre », plus
amère. Parmi ces dernières, il en existe des plus ou moins
amères. Le degré alcoolique du cidre dépend d'ailleurs
de l'amertume de ces pommes.
Il varie en effet en fonction de la concentration du sucre dans les fruits.
Le ramassage des pommes est une étape pénible mais incontournable.
Une fois ramassées, elles sont stockées dans des sacs en toile,
puis entreposées en intérieur ou en extérieur, où
l'on attendra qu'elles atteignent leur degré de maturité.
Le ramassage s'étale d'octobre à décembre selon la
variété des pommes.
Il est nécessaire de mélanger différentes variétés
de pommes: cela conditionne en effet le caractère du cidre. Trois
grands types de pommes sont généralement assemblés
: une variété douce, une variété amère
et une acidulée. Ensuite, chaque producteur choisit les proportions
de chacune des variétés pour obtenir un équilibre sucré,
acide ou amer.
Une élaboration par étape
Première étape dans la fabrication du cidre : la préparation
du matériel. Elle est primordiale, car de cette préparation
dépend la qualité du futur cidre. Avant toute chose, il est
pratiqué un nettoyage des barriques, des bouteilles vides et du pressoir.
Si cette étape n'est pas respectée, un dépôt
important se forme au fond de la bouteille, le cidre risque de s'oxyder
après ouverture de la bouteille, et il existe un risque que la fermentation
ne se fasse pas, ce qui donnerait un cidre plat, sans bulles.
Une fois le matériel propre, les pommes passent par la presse. C'est
une étape décisive dans la fabrication du cidre. Le pressage
se fait encore par des méthodes ancestrales et avec des outils anciens
chez certains producteurs.
Les pommes sont d'abord broyées, puis chargées dans le pressoir.
On commence par mettre une couche de paille, puis une couche de pomme. On
y ajoute une autre couche de paille et ainsi de suite jusqu'en haut du pressoir.
La paille sert à faciliter l'écoulement du jus. Le jus ainsi
obtenu est alors tamisé par un filet aux mailles très serrées
avant d'être mis en barriques.
Le stockage du jus se fait en deux temps.
Le jus est d'abord mis en
barrique, ce qui lui permet de se reposer. Les fermentations sont dès
lors activées.
La fermentation
La fermentation en barrique se fait en deux étapes. Il y a d'abord
la clarification du moût par séparation des impuretés
du jus. Le liquide se recouvre alors d'une écume brune appelée
chapeau brun. En dessous, le jus est parfaitement clair, apte pour une fermentation
alcoolique lente. Cette fermentation alcoolique produit du gaz carbonique
donnant ses bulles au cidre. En remontant, ce gaz carbonique entraîne
le chapeau brun vers la surface, et la séparation du chapeau brun
et du moût. Ce moût va continuer à fermenter lentement.
Le sucre est transformé en alcool et en gaz carbonique sous l'action
de levures.
On obtient ainsi du cidre. Il est important pendant ce temps de mesurer
la densité régulièrement. Elle doit baisser progressivement.
Quand cette densité est stabilisée, il est temps de mettre
le cidre en bouteille. Les bouteilles sont ensuite fermées, soit
par des bouchons en plastique ou en liège, soit par un système
de bouchons mécaniques, soit par un capsulage, qui nécessite
un appareil adapté.
Ces opérations ont lieu à une température allant de
10 à 15 degrés. Plus cette température est basse, plus
la fermentation est longue.
Le cidre est alors prêt à
être dégusté !
S'il a longtemps été
oublié, il est aujourd'hui de plus en plus plébiscité
et n'accompagne plus seulement les crêpes. Brut ou doux, il en existe
de nombreuses variétés, et chaque producteur apporte sa touche
personnelle pour en faire un produit unique.