
Christophe Lroy
Christophe Leroy, une même passion pour quatre maisons
Christophe Leroy a quatre maisons, six restaurants et quelques
75 employés.
Entre cantines chics et havres de paix voluptueux, ce chef de 38 ans se
constitue un joli et talentueux royaume dédié aux VIP entre
« La Table du Marché », « Les Moulins
de Ramatuelle »,
« Les Dromonts » et
« Les Muscadins ».
Hôtel des Dromonts
74110
Avoriaz
Tél : 04 50 74 08 11
La Table du Marché & Sushi Bar
83990 Saint tropez
Tél : 04 94 97 85 20
Les Moulins
83350 Ramatuelle
Tél : 04 94 97 17 22
Les Muscadins
06250 Mougins
Tél : 04 94 97 91 91
En ce mois de février, Christophe Leroy est à Avoriaz où
il a repris depuis l'année dernière les destinées de
l'hôtel mythique des Dromonts, nourri de l'âme des stars accueillies
pendant l'âge d'or du festival. C'est Gérard Bremond, président
de Pierres & Vacances (propriétaire des murs) qui a proposé
au chef des Moulins de Ramatuelle et créateur du concept de La Table
du Marché à St Tropez, de prendre les rênes de cet établissement
où tout a été reconçu pour se sentir bien.
L'hôtel est habillé de matériaux nobles tels que le
bois de cédar, la pierre de lauze ou encore des soies et des tissus
pourpres et gris qui se mêlent aux couleurs vives et éclatantes.
Côté cuisine, Christophe Leroy reste fidèle à
son art de la polyvalence et à sa volonté de satisfaire tous
les palais, en proposant deux restaurants très différents.
Dans le premier, « La Table du Marché », comme
dans le célèbre restaurant du même nom qu'il a fondé
à Saint-Tropez voici dix ans, le chef décline une cuisine
simple à partir des produits du terroir : soufflé au Beaufort,
quenelle de brochet, écrevisses du Lac Léman sautées
au persil, Lard croustillant, jus à la sauge, ou encore, en dessert,
une astucieuse Soupe d'orange et zestes confits et des Flocons de neige
au chocolat, caramel au beurre demi-sel.
Brocherie, cave à
fromages, feu de cheminée servent de décor à une symphonie
orchestrée autour du bon, du simple et de l'authentique d'un menu
à 29 euros.
Dans le second, le « Restaurant Gastronomique Christophe Leroy »,
ce passionné des saveurs a imaginé des créations multiples
et raffinées, comme on le découvre au menu (65 euros) : Crème
goûteuse de châtaignes au fumé de poule faisane, Saint
Jacques juste rôties, feuilles & fruits d'hiver, Grenouilles des Dombes
au « vert » (ciboulette), Cochon de lait aux trois façons
(rôti, braisé et en boudin), fromages et traîneau de
desserts.
Un parcours mené tambour battant
Sacré « Clef d'Or de la Gastronomie » à
l'âge de 26 ans, peu après avoir obtenu ses galons de chef
aux fourneaux du Château de la Messardière, ce fils d'agriculteurs
de la Manche, issu d'une famille de cinq enfants, s'est construit une réputation
à plusieurs facettes dans le monde des affinités électives
gourmandes et conviviales des VIP de St Tropez, Ramatuelle, et maintenant
d'Avoriaz.
En 1978, il fait son apprentissage avec le chef Claude François en
Normandie, avant de partir pour un tour de France des brigades de cuisine,
qui lui donne l'occasion de côtoyer Alain Ducasse, Alain Senderens,
Jacques Maximim au Negresco, l'Hôtel de la Poste à Avalon et
l'Hôtel de Crillon à Paris : « Chez Ducasse, c'était
l'organisation, le chef d'entreprise manager et les produits. Jacques Maximim
c'est la fougue qu'il sait donner à son équipe, cette envie
de faire travailler les gens avec passion. Enfin, Senderens, c'est la subtilité
de la cuisine d'un homme plus discret. »
En 1990, il a 26 ans, et reçoit la Clef d'Or de la Gastronomie au
Château de la Messardière Saint Tropez, un hôtel 4 étoiles
de 120 chambres. C'est aussi l'année où il crée la
soupe glacée de pommes de terre aux truffes pour le mariage d'Adeline
avec Johnny Hallyday qui compte depuis parmi ses plus fidèles clients.
Deux ans plus tard, le plus normand des tropéziens, crée le
concept de « La Table du Marché », épicerie,
boutique et bistrot chic entre le port et la Place des Lices. Dans la foulée,
il développe un service traiteur et amène sa cuisine dans
les plus belles demeures de la presqu'île, sur les yachts et les plages.
En 1998 cette fois, il ouvre la maison de ses rêves, baptisée
« Les Moulins de Ramatuelle » en pleine campagne. Mi-bastide,
mi-auberge, à l'orée des vignes, voisin du potager aux cent
herbes aromatiques. L'année suivante, au faîte des tendances,
il s'ouvre aux cuisines du monde avec le Sushi Bar, clin d'il asiatique
au dessus de La Table du Marché St Tropez, où l'on déguste
entre autres une bouillabaisse à la citronnelle ou encore d'astucieux
nems au chocolat.
L'année 2000 verra l'entrée des Moulins de Ramatuelle dans
la chaîne « Châteaux et Hôtels de France »,
présidée par Alain Ducasse, ainsi que la reprise de l'hôtel
des Dromonts à Avoriaz. Un beau programme qui ne semble pas encore
suffire au cuisinier-restaurateur qui vient de reprendre la direction de
l'hôtel restaurant Les Muscadins à Mougins (11 chambres, 4
étoiles Châteaux & Hôtels de France). Dans la quiétude
de la verrière 1900 qui domine la Baie de Cannes, les festivaliers
dégusteront entre autres un uf de poule au caviar, simple et
chic, ou encore un homard rôti, épinard et citronnelle.
« J'ai une chance extraordinaire, je joue des pièces différentes
à chaque endroit », concède le chef, secondé
par sa femme, Fabienne, en ajoutant : « Toutefois je suis davantage
cuisinier qu'affairiste. Mes journées se découpent entre 30%
de cuisine, 30% de management, 30% de réflexion et 10% de repos.
Ce n'est pas facile tous les jours, mais c'est un vrai métier passion
que j'exerce. L'hiver en montagne et l'été entre Saint-Tropez,
Ramatuelle et Mougins ». Chaque année, désormais,
sa saison menée tambour battant se conclut par ses traditionnels
« Pique Nique » et « Bal Masqué »
où il fête clients et partenaires, amis et famille dans la
pure tradition du cuisinier qui aime à recevoir et à partager
ses aventures gourmandes avec, tout près de lui, sa fille qui se
prénomme... Victoire !