
James Berthier,
passionné de pâtisseries
depuis l'enfance
James Berthier,
une passion partagée au quotidien.
Passionné depuis l'enfance, James Berthier a ponctué
son parcours professionnel de prestigieuses étapes, avant de s'installer
à son compte. Trois ans après, il a pris une place de choix
dans un quartier parisien
au point de voir débarquer régulièrement
les équipes de télévision japonaise !
On ne peut pas lutter contre le destin ! James Berthier,
33 ans, a passé son enfance dans le pavillon familial, encadré
par deux voisins
pâtissiers. A dix ans, il visite son premier
laboratoire et réalise les cakes familiaux tous les week ends. Et
quand ses copains de classe rigolent de le voir annoncer qu'il veut devenir
pâtissier, lui s'accroche, sûr de cette passion qui ne le quitte
plus depuis. Une passion qui va rebondir de plus belle, au contact de son
professeur de CFA et de son maître d'apprentissage.
Le premier,
monsieur Carpentier, lui insuffle l'idée qu'on peut arriver à
beaucoup de choses dans ce métier. Le second, James Michelischt,
va lui en imposer dans sa pâtisserie située dans la banlieue
de Troyes. A la Toque Chocolatière, il lui apprend les bases, travaillant
en costume cravate, sans jamais se salir.
Une fois ancrée l'idée que tout peut arriver, James
Berthier prend alors les routes de France. Une douzaine d'étapes
vont ponctuer son parcours entre Toulouse et l'Ile d'Oléron, Sète
ou Montpellier. Au hasard des rencontres, un ancien de chez Dalloyau lui
dit tout le bien qu'il pense de l'auguste maison. Il y restera deux ans.
Deux années auprès de Pascal Niau, qu'il considère
comme le plus grand génie de tous les temps : « On voit
un type jovial et toujours décontracté qui dirige 150 pâtissiers
sans jamais hausser le ton. Le genre de maître qui regarde ton travail,
et qui prend une craie pour te dessiner et te commenter sur le tableau comment
doit être l'éclair. Un type incroyable ! »
La leçon est si bien apprise que très vite, James Berthier
remporte le prestigieux prix Charles Proust, en 1991. On le retrouve ensuite
à la légendaire maison Peltier, avant qu'il s'aventure chez
Gavillon et ne prenne la place de chef pâtissier au restaurant du
Fouquet's. Quand le chef de cuisine s'en va, il le suit au restaurant Lapérouse,
repasse par la maison Peltier et pose ses valises à l'hôtel
Meurice.
Dans ce palace 5 étoiles de luxe de la rue de Rivoli, il va
alors mettre à profit tout ce qu'il a appris, jonglant entre les
400 pièces de viennoiserie/jour, les 1000 pièces de petits
fours, les 200 bonbons de chocolat et les fastueux breakfasts composés
de pruneaux au vin, de compotes, de puddings et de pain perdu. Au moment
du tea-time, les clients qui prennent le temps de vivre, juste en face des
Tuileries, se régalent de la demi douzaine de recettes de tartelettes,
des quatre sortes de cakes, sans compter les scones.
Ajoutez les entremets pour le restaurant gastronomique et les banquets qui
rassemblent entre 200 et 600 couverts/jour, et vous aurez une idée
de son quotidien. Pendant ces trois années, il apprend l'amitié
avec les cuisiniers et leur chef, Marc Marchand. Il peut aussi participer
à nombre de concours : 27 au total, avec une douzaine de trophées
à son actif. L'homme est au sommet de son art. Il remporte même
le Trophée Tholoniat, et arrive trois fois en finale du Meilleur
Ouvrier de France. De tout cela, il s'excuse presque : « Il faut
dire qu'on a un très beau métier. Pensez qu'avec du sucre,
de la farine et des ufs, on peut faire des merveilles ! »
Et les merveilles, très vite, il va les réaliser mais à
son compte cette fois.
En septembre 1999, un brin poussé par sa femme Sophie, il ouvre
sa boutique « Sucrécacao », tout près
de la place Gambetta, dans le vingtième arrondissement parisien.
Tout seul dans son laboratoire, il concocte une pâtisserie à
base de cakes et de financiers, histoire d'éviter les pertes auprès
d'une clientèle dont il n'a pas encore cerné les attentes.
Peu à peu, on lui demande des entremets. Ils seront trois à
la carte, avant que les choses s'accélèrent au point d'en
proposer aujourd'hui près d'une vingtaine. Parmi ses produits-vedettes,
il y a « Isis » (mousse chocolat lait, crème
légère citron et fond moelleux noix de coco), « Osiris »
(dacquoise amande, mousse au chocolat noir et chocolat lait entier, framboises
fraîches), et « Le Cardinal » (biscuit amande,
crème vanille, compotée de fruits rouges).
Sans oublier ces autres merveilles que sont le « Chic Choc »
(biscuit cacahuète, chantilly cacahuète et mousse chocolat),
le « Granny » (sablé breton aux graines de sésame,
suprême granny pistache, dés de granny), ou encore le « Vivaldi »
un biscuit croustillant praliné (crème chocolat lait cardamone,
fine feuille de chocolat lait). Ajoutez un large éventail de cakes
et macarons, de viennoiseries et de kouglofs, et également les pâtes
de fruits et les
bonbons et moulages de chocolat.
Désormais, le jeune chef d'entreprise est entouré dans
son laboratoire de 80 m2 par Pilar Ricciardi, une pâtissière
argentine, et Marc Degout, appuyés par trois stagiaires dont deux
japonaises. Côté boutique
(35 m2), sa femme Sophie veille
au service avec une vendeuse.
La semaine précédente, une équipe était venue
tourner, cinq jours durant, le
quotidien de son entreprise. La semaine
suivante pour une télévision japonaise (encore !), il devait
créer cette fois un entremet autour de la thématique de Marc
Chagall. Gourmet, gourmand et inventif en diable, James Berthier n'en reste
pas moins un chef d'entreprise attentif, passant jusqu'à deux heures
par jour sur son ordinateur : « Les matières premières
sont beaucoup plus régulières qu'avant. On ne changera pas
la recette d'un Paris-Brest ou d'une Forêt Noire, par contre il est
nécessaire de gérer différemment. Grâce à
l'informatisation, je sais déjà de quoi seront faites les
prochaines fêtes de fin d'année.
Si c'était à refaire ? Je le referai, d'autant que j'ai la
chance, moi l'artisan, d'avoir une femme commerçante. Et le plus
grand bonheur, c'est de voir les clients s'arrêter à la porte
de mon laboratoire pour me saluer et commenter leurs moments de bonheurs
sucrés. Le commerce de proximité permet ce partage, ces échanges
et je m'en réjouis chaque jour, à 4 heures, quand le réveil
sonne ! »