Claude Matencio ne fait pas les choses à moitié
et quand il lance un bar pirate, c'est pour exploiter le concept à
100 %.
Tout le monde ne peut pas être pirate et accéder,
sans un minimum d'initiation, aux entrailles du navire
Claude Matencio,
propriétaire du Barberousse à Grenoble, a donc joué
sur le concept dès l'entrée de son établissement :
« Cela reste un peu secret. Il n'y a aucune enseigne à
l'extérieur et il faut donc connaître pour y venir ».
Mais la longue façade en bois n'en est pas moins attirante, résonnant
comme une invitation à pénétrer dans un monde étrange
et mystérieux
Comme méthode de communication, il n'y
a sans doute pas mieux que d'en cacher le maximum pour attirer le noctambule
curieux.
Depuis plus de quatre ans, Le Barberousse s'est logiquement bâti
une solide réputation dans le petit monde des nuits grenobloises.
Car, sitôt le sas d'entrée franchi, le client se retrouve pris
dans l'ambiance d'un navire. Pas confortable bien sûr puisque aucune
place assise n'est proposée. Mais conviviale forcément. Le
bar en lui-même est une cale de bateau, dont le gouvernail est utilisé
comme pompe à pression. Des épées, ou plus exactement
des rapières, s'entrecroisent sur un mur au dessus d'un vieux pistolet,
tandis qu'à bâbord trône majestueusement une tête
de corsaire, sculptée dans le bois et coiffée d'un bandana.
Des livres, vieux évidemment, semblent vous inciter à une
immersion dans les récits de Jean Bart, Surcouf et autres Long John
Silver.
Le cadre est posé, d'autant plus que derrière le bar,
les cordages se mêlent et s'entremêlent, accueillant derrière
chaque nud des dames-jeannes généreusement remplies
d'un breuvage en accord parfait avec l'endroit
Car que croyez-vous
qu'ils buvaient ces féroces boucaniers, sinon du rhum des îles
caraïbes ! Alors Claude Matencio décline le rhum à toutes
les sauces, toutes les épices, tous les parfums. Soixante-sept très
précisément. Basique ou arrangé, il y en a pour tous
les goûts. Pour toutes les bourses aussi qui ici, ne se font pas
détrousser : « A 99 %, toutes les boissons vendues au Barberousse
sont à deux euros. La grande majorité de la clientèle
est estudiantine et forcément peu fortunée. L'intérêt
de vendre à un tel prix est que chacun puisse payer sa tournée ».
Et dans l'ambiance festive de l'endroit, qui s'offre au disco chaque mercredi
soir, les clients peuvent s'amuser, chanter, danser.
Et Claude Matencio n'est pas peu fier de son Barberousse : « Il
y a eu des copies, mais personne n'a jamais exploité le concept à
100 % ». Tant et si bien d'ailleurs qu'il a l'intention d'augmenter
la flotte, en vendant des licences de marque : Montpellier est déjà
équipé, Bordeaux et Toulouse devraient suivre. Idem pour la
formule des petits verres de rhum qui portent le nom de shooter, un nom
déposé en bonne forme pour ne pas être utilisé
à tous vents.
Le Barberousse
Propriétaire : Claude Matencio
8, rue Jean-François Hache
38000 Grenoble
Tél : 04 76 51 14 53