Au fur et à mesure de l'évolution de la société,
l'hôtellerie/restauration a dû s'adapter.
Si les besoins des clients ne sont évidemment plus les mêmes
que ceux des colporteurs ou muletiers des siècles qui trouvaient
gîte et couvert dans les relais de poste, les goûts et les envies
ont aussi changé depuis que la « génération
Bocuse » a vu le jour : la restauration est devenue un art qui
nécessite un cadre adapté à son nouveau statut.
En ces temps-là, rares étaient ceux qui voyageaient pour le
plaisir. Le tourisme était une notion inexistante et l'idée
de vacances n'avait encore germé dans aucun esprit
S'il existait effectivement des établissements, spécialisés
dans l'accueil de voyageurs, ce n'était qu'à destination des
colporteurs, muletiers et autres maquignons.
Les relais de poste, baptisés ainsi parce qu'ils assuraient surtout
des étapes sur les voies de distribution du courrier royal, offraient
ainsi gîte et couvert pour l'homme et pour sa monture.
Nés aux XVIIIème siècle, en même temps que les
voies de communication se développaient, ils étaient tenus
par des aubergistes, le plus souvent fermiers en parallèle. Au siècle
suivant, la mise en place d'un réseau de voies ferrées conséquents
annonçaient l'évolution de leur existence
Un acte culturel
Mais aujourd'hui, ils sont encore nombreux ces anciens relais de poste
à assurer gîte et couverts. Ils sont restaurants à la
mode, hostelleries de luxe ou auberges campagnardes
et, sauf en de
très rares exemples, n'acceptent plus les chevaux ! Le monde de l'hôtellerie-restauration
a changé avec les siècles. Aujourd'hui, on ne mange plus comme
hier et l'évolution se poursuit au quotidien, avec des concepts nouveaux
qui naissent dans des esprits inventifs et précurseurs.
C'est surtout, le rapport à la nourriture qui a évolué
: si la quantité était auparavant un gage de qualité,
de sérieux et de respect du client, tel n'est plus le cas aujourd'hui.
Désormais, l'on connaît les maladies liées à
une alimentation mal équilibrée, les canons de la beauté
privilégient plus la taille mannequin que l'embonpoint et la restauration
s'est adaptée. Alors, les chefs doivent cuisiner moins gras et pouvoir
expliquer à leurs convives l'origine des produits qu'ils ont apprêtés.
Ainsi, la démarche du gastronome a changé. Il ne va
plus au restaurant pour uniquement faire bombance et le nombre de plats
proposés au menu n'est plus le critère principal dans le choix
de l'établissement. Il ne veut pas plus retrouver d'une carte à
l'autre des incontournables, sans lesquels un repas n'était pas réussi
voici quelques dizaines d'années. Et même lorsqu'il s'agit
d'une vieille recette de grand-mère, toute la difficulté est
de savoir la réécrire à la mode d'aujourd'hui, d'y
associer une saveur sucré/salé, une épice, voire une
fleur. Ainsi le topinambour, devenu désuet dès la fin de la
seconde guerre mondiale pour avoir trop été omniprésent
sur les tables de disette, est à nouveau en vogue en ce début
de XXIème siècle.
L'idée même de s'offrir une bonne table est devenue un
acte réfléchi, un loisir comme un autre pour donner du piment
à sa soirée du samedi, « un acte culturel »
comme le souligne Guy Savoy dans l'interview qu'il nous a accordée,
au même titre qu'un concert de musique classique ou qu'un opéra.
Et d'ailleurs, ne faut-il pas voir une réelle analogie dans l'omniprésence,
dans un cas comme dans l'autre, d'un chef ? A l'opéra Bastille, par
exemple la renommée du chef d'orchestre sera tout aussi décisive
dans l'esprit du public que l'uvre en elle-même, quand il choisira
de réserver sa place. Et il aura raison : la Traviata ne sera pas
la même, selon qu'à la baguette évoluera Myung-Whun
Chug ou James Conlon ! En restauration, l'approche est similaire depuis
que les Bocuse, Troisgros et d'autres ont bouleversé l'art culinaire.
Et la tendance s'est affinée, sinon affirmée au fil des années
jusqu'à la situation actuelle où l'inventivité et la
créativité des chefs est telle que deux mêmes plats
de cuisiniers différents ne se ressemblent jamais. Ce sont eux qui
font l'établissement et personnalisent leur cuisine d'un tour de
main à nul autre pareil, d'un ingrédient rajouté, d'une
pointe d'épice parsemée autant pour le décor que pour
une ultime touche gustative.
Mais la personnalisation ne se limite pas au contenu de l'assiette. Le client
a besoin d'être connu et reconnu jusqu'à se sentir invité
dans un restaurant
même s'il continue à payer l'addition
en fin de repas et le chef n'est plus une personne invisible. Désormais,
il est de bon ton, et pas seulement dans les très grands établissements,
qu'il sorte au contraire de son antre pour aller à la rencontre de
ses convives, leur parler, répondre à leurs questions ; quand
ce n'est pas le contraire et que le chef emmène les clients dans
sa cuisine pour lui expliquer l'endroit et son métier.
Logiquement, cette marque de fabrique a débordé le strict
cadre du restaurant. Les produits dérivés sont désormais
monnaie courante, en parallèle aux grandes tables. On ne compte plus
les chefs qui donnent leurs astuces et leur photo d'identité incrustée
sur l'emballage, à des gammes de produits. Et la démarche
ne se limite d'ailleurs pas aux « grands étoilés »
: à l'auberge de Peyrebeille par exemple, petite auberge rurale des
hauts plateaux ardéchois, même les bonbons vendus dans l'épicerie
attenante à la salle de restaurant, sont estampillés du nom
du lieu, référence historique oblige.
Le contenu et le contenant
Il est même des restaurants qui poussent le concept jusqu'au
paroxysme, en changeant à date régulière toute la décoration
de la table : verres, assiettes, couverts, chemin de table !
Et systématiquement, tout est à vendre
Le gourmet qui
dégustera tel ou tel plat remarquable dans un décor où
la couleur rouge est dominante, grâce à un créateur/designer,
pourra repartir chez lui, non seulement avec un souvenir fort dans ses papilles,
mais avec le service sous le bras !
La cuisine est devenue un tel art qu'un restaurateur ne peut plus seulement
se contenter de tout miser sur le contenu de l'assiette. Tout est important,
le contenu comme le contenant. Jamais sans doute, l'expression « arts
de la table » n'aura connu une justification aussi pleine et entière,
ce qui explique en partie que nombre de restaurants font aujourd'hui le
choix de diversifier leur offre.
Qu'un établissement fasse office de galerie de peinture à
l'occasion n'est pas nouveau. Que les deux activités soient créées
en même temps, aussi importantes l'une que l'autre, mais surtout indissociables
l'une de l'autre est en revanche novateur, à l'image du Resto qui
a ouvert ses portes au printemps dans un vieux quartier de la cité
clermontoise :
un restaurant qui va également commercialiser sous son propre
nom, des C.D. qui reproduiront les musiques d'ambiance diffusées
dans l'établissement. Ailleurs, c'est une librairie qui est le pendant
du restaurant ; ici, au contraire, c'est un grand couturier qui, dans son
magasin d'habillement, offre un espace gastronomique
C'est la tendance
« food in shop ».
Le temps est loin du relais de poste des siècles derniers,
où seuls comptaient gîte et couvert au sens strict du terme.
Et le cycle de l'évolution n'est bien évidemment pas terminé
: ainsi, pour sa part, Guy Savoy croit très fortement à une
personnalisation toujours plus importante du restaurant, de façon
à ce que le consommateur se sente réellement chez lui au moment
de passer les pieds sous la table !
Guy Savoy : « vers une personalisation de plus
en plus importante »
Au cours des dernières années, comment avez-vous perçu
l'évolution de la restauration ?
De plus en plus, la qualité s'améliore. Toutes tendances confondues,
et notamment la restauration traditionnelle : on a un bel artisanat qui continue
de se développer, parallèlement à une industrialisation
qui a plutôt tendance à s'améliorer. Quant aux bons restaurants,
il n'y en a jamais autant eu en France et partout sur la planète, que
ce soit en Europe ou aux Etats-Unis. Il y a encore quelques années,
il était inconcevable d'avoir une bonne table en Norvège, en
Hollande ou en Grande-Bretagne.
Aujourd'hui, tout cela existe et vous pouvez même trouver sur le plateau
de l'Aubrac une telle table ! Où que l'on soit dans notre pays, vous
avez un ou plusieurs établissements, à moins d'une heure de
voiture, qui ont un grand intérêt. J'entends par là, une
vraie personnalité car je crois que la grande différence aujourd'hui
se situe dans la personnalisation de chaque maison et c'est une tendance qui
a débuté voici une trentaine d'années.
Cela correspond t-il à une demande de la clientèle
?
Je crois plutôt que c'est l'arrivée de la génération
des Troisgros, Bocuse et autres qui ont montré que chaque maison pouvait
ressembler à son animateur, à l'homme qui imprime son style
à l'établissement et pas seulement dans l'assiette, mais aussi
aux tableaux sur les murs, aux styles des assiettes, aux objets
Quand vous présentez votre établissement sur Internet, comme
étant l'auberge de l'an 2000, quel concept cela recouvre ?
Pour moi, l'auberge est l'endroit qui est censé accueillir le
voyageur quel qu'il soit avec la volonté qu'il retrouve dans ce lieu,
la chaleur qu'il aurait retrouvée dans sa propre maison ou dans la
maison d'un de ses propres amis. Qu'il se sente chez lui, chez moi avec tout
ce que cela comporte de personnalité et de personnalisation.
La cuisine en elle-même a-t-elle évolué au même
rythme ?
Bien sûr, elle a évolué en fonction de tout ça.
Il ne peut pas y avoir de personnalisation de la maison, sans qu'il y ait
personnalisation de la cuisine : il y a trente ans, c'était des brigades
qui étaient à Paris l'hiver et qui l'été venu,
descendaient à Biarritz ou à Nice et l'on voyait les sempiternelles
soles Duglerret, tournedos Rossini et tout ça
Depuis plus de
trente ans, ça a considérablement évolué et chaque
maison a une cuisine personnalisée, avec des choses totalement différentes.
Aujourd'hui, entre un même plat préparé par Veyrat, Bocuse
ou Troisgros, vous êtes assuré de ne pas trouver le même
plat dans chacune de ces maisons et ça, c'est extraordinaire.
Est-ce les consommateurs ou les professionnels qui ont insufflé
cette évolution ?
Cela s'est fait simultanément. Il y a eu un intérêt
croissant des convives pour la gastronomie et un intérêt croissant
des professionnels, qui veulent dépasser leur technique pour apporter
leur sensibilité et leur touche personnelle à leur cuisine.
Cette tendance qui veut allier restaurant et galerie d'art, ou restaurant
et librairie, a t-elle un avenir ?
Absolument ! Moi, j'ai des tableaux que j'aime sur le mur de mon restaurant,
c'est un artiste verrier qui a réalisé les beurriers et les
assiettes de présentation, c'est Jean-Michel Wilmotte qui a créé
les assiettes de services comme la décoration du restaurant
Je
n'ai pas envie que chez moi, l'on voit les mêmes assiettes que l'on
voit partout. C'est la même démarche que M. Tout le monde quand
il veut aménager son chez soi de façon personnelle.
Et demain, quelle sera la tendance ?
Si je le savais, je le ferais dès aujourd'hui
Vous avez néanmoins une petite idée
On va aller je crois, vers une personnalisation de plus en plus importante
et donc une diversité de plus en plus grande. C'est évident
et on le voit déjà. Mais la cuisine restera toujours pour moi
l'art de transformer les produits en joie et aussi d'arriver à être
instantané avec des produits chargés d'histoire : car tous les
produits qui arrivent chez nous ont une histoire. Le poulet ne se fait pas
en 24 heures, la carotte ne pousse pas en une nuit
Faut-il s'attendre à un développement encore plus important
des produits dérivés ?
C'est en cela que je parlais de l'industrialisation et de son amélioration.
On ne veut plus faire de produits seulement sanitairement bons, mais des produits
ou des plats qui apportent du plaisir. Et quels sont dans l'alimentation en
général ceux qui sont le plus aptes à intégrer
la notion de plaisir dans une préparation culinaire ? Ce sont les cuisiniers.
Et quand est-il de la perception du restaurant par le consommateur
?
Cela revient à la même chose. Le consommateur n'a plus
envie de trouver chez un chef ce qu'il a trouvé six mois avant chez
un autre. Aller au restaurant est devenu un acte culturel au sens noble du
terme, parce que l'on a envie qu'il se passe quelque chose. Et cela va non
seulement se confirmer, mais s'amplifier.
Restaurant Guy Savoy
18, rue Troyon
75017 Paris
Tél : 01 43 80 40 61
Fax : 01 46 22 43 09
Site Internet : www.guysavoy.com
TEMOIGNAGE 2
Le resto à Clermont-Ferrand
Un pari sur l'art contemporain
Jérôme Exbrayat, l'un des trois associés à
l'origine du Resto, est professeur de droit européen et communautaire
! Mais si sa profession ne semblait guère le conduire à ouvrir
un tel établissement, il n'en est pas moins enthousiaste à l'idée
d'expliquer le concept mis en place : « C'est un lieu qui doit permettre
de faire rencontrer les amateurs d'art et les créateurs ».
Cette volonté est née d'un constat tout simple : « En
Auvergne en général, et à Clermont-Ferrand en particulier,
il existe un vrai terreau d'artistes bourrés de talent. Mais comme
il n'existe guère de tremplins, leur vie est forcément difficile ».
Dans les trois salles du Resto, l'art est donc omniprésent, les
murs sont autant de cimaises et des niches spécifiques aménagées
pour recevoir des sculptures : « Il y a des uvres partout,
avec un turnover régulier et priorité évidemment aux
artistes clermontois et auvergnats ». Mais dans la conception même
de l'établissement, l'art a toujours été un fil conducteur
: les appliques ont été conçues comme des vitraux, dans
le style Mondrian, par un créateur du cru ; le carrelage, mosaïque
multicolore, est également inspiré du même Mondrian tandis
que l'enseigne, qui laisse la part belle au fer forgé et à la
couleur, est une réplique parfaite du logo du resto, lui-même
dessiné par un ami de Jérôme Exbrayat
Dans ce contexte, les différentes salles ont elles-aussi leur
spécificité. Ainsi, la première est en semaine destinée
au déjeuner où un plat du jour est proposé, composé
uniquement de produits frais ; les vendredis et samedis soir, place à
un buffet qui marie harmonieusement gastronomie traditionnelle française
et antillaise : « Nous avons aussi la volonté de faire découvrir
de nouveaux goûts, de nouvelles saveurs ». A l'étage,
rénové dans l'esprit médiéval de ce quartier de
Monferrand, l'ambiance est plus cossue : la grande table est destinée
à accueillir un groupe de 20 à 25 personnes, désireux
de se retrouver pour une soirée gastronomique. Dans un coin, un espace
salon avec canapé et fauteuil permet à chacun de se détendre
confortablement, tout en se rapprochant d'une cave à cigare et d'une
réserve de vieilles cuvées digestives
Enfin, au pied de l'escalier, la troisième salle n'accueille
pas des convives. C'est une salle d'exposition, d'uvres picturales bien
sûr, mais aussi de la cave à vins : le consommateur peut ainsi
s'il le désire, choisir son vin de visu à la lecture de l'étiquette.
Cette passerelle entre gastronomie et arts est déclinée
à l'envie. Ainsi, la musique d'ambiance qui baigne le Resto a été
méthodiquement choisie, parmi des groupes scandinaves pour la plupart,
et compilée sur un C.D
en vente au bar : « C'est aussi
la possibilité offerte à nos clients de découvrir de
nouveaux artistes ». Quant à la publicité, elle est
en partie réalisée grâce à des cartes postales
qui sont disponibles dans tous les lieux qui bougent et qui représentent
des uvres des artistes exposants au Resto : « Avec ces cartes,
il y a d'une part l'idée collector, mais aussi la volonté d'avoir
une publicité qui circule »
Comme ces clients, que Jérôme Exbrayat et ses associés
espèrent voir circuler jusqu'à Montferrand, un quartier clermontois
qui était plutôt en retrait ces dernières années
au profit du centre-ville : « Mais je crois que nous sommes au début
de l'explosion de l'endroit, grâce à une volonté municipale
qui s'est déjà traduite par l'ouverture du musée d'art
contemporain Roger-Quillot et de la Coopérative de mai »
Associés : Jérôme Exbrayat,
Stéphane Hautin et Périscope Création
Le Resto
5, rue des Cordeliers
63000 Clermond-Ferrand
Tél : 04 73 24 49 48

M et Mme Clauzon
L'auberge de Peyrebeille à Lanarce
Un lieu chargé d'histoire
Il est toujours possible de manger à l'auberge de Peyrebeille.
Un repas simple, frugal, traditionnel composé le plus souvent d'omelette,
de charcuterie et de fromage blanc, même si au fil des ans la carte
s'est enrichie de desserts à base de myrtilles, de marrons ou de Verveine,
autant de douceurs marquées au sceau du terroir. Mais le voyageur peut
également effectuer le plein d'essence, le touriste acheter quelques
souvenirs et produits régionaux et le vacancier
y dormir ! Normal
pour une auberge bien sûr, sauf qu'ici, il fut des nuits où le
calme et la sérénité avaient perdu leur droit de cité.
C'était au cours de la première moitié du XIXème
siècle. Les époux Martin, fondateurs de l'auberge qu'ils avaient
construit de leurs mains, avaient la désagréable habitude de
voler le client et de l'assassiner à la nuit tombée. A l'époque,
si le tourisme n'existait évidemment pas et que les congés payés
n'étaient pas prêtes d'être inventées, les voyageurs
étaient pourtant nombreux : muletiers, colporteurs ou marchands de
bestiaux, ils allaient d'une foire à l'autre entre plateau ardéchois
et campagne auvergnate. A Peyrebeille, ils trouvaient donc le gîte et
le couvert ainsi qu'une écurie pour héberger leur monture. Sauf
qu'en 26 ans, une cinquantaine de disparitions ont été recensées
et que, même s'ils n'ont été condamnés que pour
un seul meurtre, la culpabilité des époux Martin et de leur
valet, Rochette, paraît établie.
Guillotinés devant leur auberge le 2 octobre 1933, les trois
assassins sont restés enfouis dans la mémoire, jusqu'à
ce qu'en 1951, « L'auberge rouge », un film de Claude
Autant-Lara avec Fernandel, Carette et Françoise Rosay ne conte leur
histoire au grand public : « C'est vrai que le film nous a bien
aidés » explique Mme Clauzon, dont l'époux est le
gérant de l'auberge. Jean-Louis Clauzon est né ici, sa mère
avant lui et son fils Jérôme qui y travaille déjà,
reprendra l'affaire ensuite. Si l'endroit n'a pas changé, l'hôtel-restaurant
est désormais installé dans une bâtisse neuve, immense
sur cet axe routier fréquenté qui permet de rejoindre la vallée
de l'Ardèche en évitant les sempiternels bouchons de la vallée
du Rhône. Outre le repas, l'essence ou l'éventuelle chambre pour
la nuit, Jean-Louis Clauzon propose de multiples souvenirs, tous estampillés
auberge rouge.
Car l'ancienne ferme, où sévirent les époux Martin, existe
toujours et est restée en l'état. Aujourd'hui, c'est un musée
attaché à l'auberge qui se visite et fait la renommée
de l'endroit : « Ici, l'authentique auberge de Peyrebeille »
annonce une publicité peinte à même les murs voici de
nombreuses années déjà. Dans le musée, la grande
table n'a pas bougé, l'âtre pas plus. A l'étage, les chambres
semblent encore attendre le chaland et il est impossible de n'y pas frissonner
en songeant au tragique destin des voyageurs d'antan, hôte d'une nuit
à Peyrebeille, et des difficultés subies par la population de
cette région du Vivarais : « Les habitants y gémissent
sous l'oppression de brigandages et de forfaits de toute nature »
se plaignait Louis XV.
L'auberge de Peyrebeille
Gérant : Jean-Louis Clauzon
07660 Lanarce
Tél : 04 66 69 47 51