Sylvain Mathy
A l'hôtel Majestic Barrière de Cannes, Sylvain Mathy
qui
a remporté le titre de Champion de France du Dessert 2002
avec le Riz Thaï à la coco, biscuit et sorbet à la mangue
et jus aux fruits de la passion servira son dessert gagnant, ainsi que le
dessert vedette de la Villa des Lys (le restaurant gastronomique 18/20 Gault
et Millau, une étoile michelin), à savoir le « Traou
mad » tiède, crème brûlée à
la vanille, fraises écrasées et sorbet au jus de fraises.
Christophe Michalak
Au Plaza Athénée, avenue Montaigne à Paris,
Christophe Michalak a revisité la Pêche Melba en représentant
une boule de parfait glacé à la vanille avec une gelée
de groseille à l'intérieur comme un noyau, le tout trempé
dans un chocolat blanc très fin, nappé ensuite de gelée
d'abricot puis teinté légèrement à l'aérographe
pour reproduire une pêche. Et, son Tiramisu est servi dans un verre
martini avec un parfait café glacé à la base, un sorbet
chocolat à la minute, un disque de biscuit imbibé au café
fort, un cordon de crème mascarpone avec un granité café
au milieu.
Franck Séguret
Enfin, Franck Seguret, chef-pâtissier du Clos des Lys, près
de Perpignan, servira un Minestrone de fruits frais à l'abricot avec
un granité au muscat de rivesaltes, ou encore une légère,
savoureuse et astucieuse Déclinaison de saveurs d'orange avec une
mousse vaporeuse à base de mandarine et caramel déglacé
au jus de mandarine et vanille bourbon, un soufflé à la mandarine
au cur d'une mandarine posée sur de la porcelaine pour restituer
la chaleur, un sorbet mandarine sur une tuile aux zestes de mandarine et
un petit sabot composé d'un biscuit chocolat sans farine avec, à
l'intérieur, une crème brûlée mandarine et une
crème chiboust chocolat.
L'été 2002 est bel et bien l'été
de toutes les saveurs glacées et fruitées
Sylvain Mathy
Au Majestic, Sylvain Mathy est le champion de la pâtisserie
Signe du destin, Sylvain Mathy a été sacré Champion
de France du Dessert 2002, alors qu'il fête son septennat dans le
laboratoire de pâtisserie de l'Hôtel Majestic Barrière
de Cannes.
Un parcours professionnel sans faute pour cet élève
de Paul Koeberlé, Jean-Paul Pignol et Maurice Bernachon.
« Bien sûr, on participe toujours à un concours
en espérant faire un bon résultat. Mais là, c'est une
grande, très grande joie de remporter le titre de Champion de France
du Dessert », lance dans un grand sourire Sylvain Mathy dont le
« Riz Thaï à la coco, biscuit et sorbet à la
mangue et jus aux fruits de la passion » a été sacré
par un jury présidé par Philippe Chapon, le responsable des
desserts du restaurant Guy Savoy.
Depuis l'obtention de son CAP de Pâtissier en 1991, ce jeune
professionnel de 28 ans peut se vanter d'un parcours professionnel sans
faute et ponctué de chance. La chance, c'est d'abord celle d'avoir
la pâtisserie de Paul Koeberlé -pâtissier depuis trois
générations-, dans son village familial de Villars les Dombes
(3.000 habitants), dans l'Ain.
Lorsque le jeune Sylvain cherche sa voie, il apprend que ce Meilleur
Ouvrier de France cherche un jeune apprenti. Le rendez-vous est pris et
il est invité à passer une semaine dans le laboratoire. C'est
tout de suite le déclic, Sylvain Mathy a trouvé sa passion,
ce sera la pâtisserie. Il finit sa troisième et rejoint Paul
Koeberlé l'année suivante : « Il m'a tout appris
et il avait une facilité étonnante à transmettre son
savoir. C'était le premier à nous montrer les nouvelles techniques.
Il passait ses après-midis à nous montrer le travail du sucre,
du chocolat. On était quatre jeunes et on touchait à tout
: glacerie, chocolaterie, pâtes, entremets. En deux ans, il nous a
fait faire le tour de tout avec des bases solides ».
Il a ensuite la chance de rejoindre Jean-Paul Pignol, Meilleur Ouvrier
de France Pâtissier sur la Place Bellecour, à Lyon : « Là,
j'ai découvert le volume et une autre ambiance. De quatre, nous étions
une vingtaine en laboratoire. J'ai tourné dans tous les postes, à
raison de trois mois à chaque fois. J'ai pu m'y perfectionner en
allant au fond des choses ». Sylvian Mathy rejoint alors la célébrissime
maison Bernachon, à Lyon toujours : « Là encore
j'ai eu beaucoup de chance. Monsieur Bernachon venait tous les matins pour
travailler avec nous. J'ai baigné dans le chocolat de A à
Z pendant une belle année, de la torréfaction des fèves
à l'enrobage, via les montages ».
Pendant son service
militaire à l'Hôtel du Gouverneur de Lyon, il découvre
la pâtisserie de restauration, avant de rejoindre la boulangerie-pâtisserie
Carrel, à Civrieux, dans le village de sa tante, où il lance
un rayon pâtisserie pérennisant le travail entrepris par son
prédécesseur.
Six mois plus tard, il entre comme chef de partie à l'Hôtel
du Golf, à la Tour de Salvagny, près de Lyon. Là encore,
il met en pratique son savoir-faire au service des banquets, séminaires
et repas familiaux du dimanche de cet hôtel d'une centaine de chambres.
Neuf mois plus tard, Paul Koeberlé lui conseille d'appeler l'hôtel
Majestic où le chef Bruno Oger cherche son chef de partie pâtisserie.
Quatre ans plus tard, le chef de partie est devenu chef pâtissier,
un vrai bonheur certes mais beaucoup de travail évidemment entre
la pâtisserie de l'hôtel, de la plage, des banquets, du room
service, du restaurant la Villa des Lys ou encore de la brasserie Fouquet's.
L'équipe de 12 personnes en pâtisserie (renforcée de
trois extras pendant le festival de Cannes) aura ainsi assuré 1800
à 2000 desserts par jour.
Avec l'été, les festivaliers ont laissé leur
place à une clientèle individuelle de palace, exigeante et
gourmande, qui trouve nombre de desserts glacés plutôt classiques.
Ainsi, les gaufres sont servies chaudes avec une boule de chocolat lait
et une boule de chocolat noir. La coupe Fouquet's conjugue un sablé
breton, un sorbet fraise, un sorbet cassis et des fruits rouges. A la Villa
des Lys (18/20 Gault et Millau, 1 étoile Michelin), le dessert vedette
est pour la troisième saison le « Traou mad »
tiède, crème brûlée à la vanille, fraises
écrasées et sorbet au jus de fraises. On trouve également
en suggestion les quartiers de pêche pochés, sorbet à
la framboise et croquantine de pignons caramélisés, ou encore,
un feuilleté caramélisé aux raisins avec un velouté
chocolat équatorial, glace rhum/raisin et ganache praliné/rhum.
Autant de desserts aux saveurs plutôt classiques qui s'inspirent
de la cuisine du chef Bruno Oger (élu chef de l'année 2000
Gault et Millau) qui préfère magnifier les goûts très
purs que de jouer tendance entre herbes et épices. Toutefois, on
peut déguster le dessert gagnant de Sylvain Mathy dans le grand menu
dégustation « Terre et Mer » de la Villa des
Lys, permettant ainsi au champion de concocter avec précision ce
dessert inspiré de ses différents voyages en Thaïlande.
Christophe Michalak
La Pêche Melba revisitée au Plaza
Passionné, Christophe Michalak se défait peu à
peu de ses maîtres Collet, Hermé et Piège, pour exprimer
un talent empreint d'un rigoureux professionnalisme aux accents classiques.
Tel est le jeune chef pâtissier de l'hôtel Plaza Athénée
qui, à son tour, devient un maître.
Depuis deux ans, ce fils unique d'origine picard a posé son
bagage technique dans l'un des plus prestigieux palaces parisiens. Au Plaza
Athénée, il dirige une vingtaine de personnes qui produisent
chaque jour quelques 500 pièces de viennoiseries, pains, feuilletés
salés, confiseries, et petits fours. Hormis les desserts à
l'assiette du restaurant d'Alain Ducasse qui sont réalisés
par Frédéric Robert, Christophe Michalak fournit ainsi les
desserts et pâtisseries parisiennes pour 6 points de vente du palace
de l'avenue Montaigne, entre bar et banquets, cour jardin, brasserie, galerie
et bien sûr room service des 187 chambres.
Passionné bien sûr mais surtout travailleur boulimique,
ce jeune chef de 28 ans a trouvé sa voie après une scolarité
rendue difficile par de multiples déménagements. Tout jeune
déjà, il faisait des kilomètres sur son vélo
pour aller dévorer des flans. Quand il faut choisir un métier,
c'est donc vers la cuisine qu'il se dirige alors. A Cholet, il trouve un
maître d'apprentissage, André Dugas, qui va lui inculquer passion
et rigueur du travail, et le mettre sur la voie de la pâtisserie.
Une fois la journée finie, il se remet sur son ouvrage, et, passionné
par l'écriture au cornet et les roses en pâte d'amande, s'entraîne
chez lui à la pâte à dentifrice ou au nutella.
Très vite, cette vive passion est détectée par
son directeur de CFA qui l'envoie à Londres au Hilton Park Lane.
Une autre vision commence avec le chef qui sort de chez Debailleul ou il
apprend une autre culture, celle des gros débits et des très
grosses organisations. Il passe ensuite un an au Hilton de Bruxelles où,
là encore, il fait et refait les pièces en sucre une fois
sa journée terminée. On le retrouve ensuite à l'Hôtel
Negresco de Nice, où il côtoie Grégory Collet, une des
grandes rencontres professionnelles de son parcours, Ce champion de France
du Dessert 1992, finaliste MOF 97, lui réapprend toutes les bases
et techniques, accentuant encore sa rigueur et sa technicité deux
ans durant. « Grégory, reste mon modèle de travail,
je lui dois beaucoup ! »
En 1995, un de ses rêves devient alors réalité. Lui
qui écrit depuis des années chez Fauchon pour y faire un stage,
se voit enfin invité à rejoindre la place de la Madeleine.
Chaque jour, de 6 h à 19h, il fait tout pour se faire remarquer par
Pierre Hermé, alors chef-pâtissier de l'auguste maison... et
ça marche : « Pierre Hermé, c'est un modèle
qu'on désire toujours atteindre, un rêve d'enfant. Il crée
les goûts et m'a appris les saveurs subtiles. Sa générosité
n'a d'égale que son talent, il possède une culture et une
créativité hors du commun. C'est un nouveau Gaston Lenôtre
et un pâtissier qui marque son siècle ».
Après le Japon et les Etats-Unis, il revient à Paris
Empreint de cette nouvelle sensibilité, Christophe Michalak
retrouve alors Gregory Collet à Kobé, au Japon, pour peaufiner
les créations de ses boutiques. Pendant que le magasin se construit
(1.000 m2 sur 3 étages), il élabore de nouvelles gammes proches
du goût japonais à ses côtés en conjuguant le
fondant plutôt que le croquant, le doux plutôt que l'acide.
Six mois de recherche et autant d'organisation d'un laboratoire et de management
de plus de vingt personnes...un an après, Christophe Michalak tourne
la page japonaise et part représenter Pierre Hermé au Canada
et aux Etats Unis. Devenu chef-pâtissier, il conçoit le laboratoire,
forme et manage une trentaine de personnes pour créer et produire
les desserts d'une boutique et de deux restaurants gastronomiques.
Décidé à revenir en France, par souci de rigueur,
il revient chez Ladurée sur les Champs-Elysées en qualité
de chef adjoint, il retrouve Philippe Andrieu l'actuel chef de la maison-
et va rester à ses côtés au poste décor et à
la production d'entremets.
« le travail de Philippe est exemplaire, je n'ai jamais
mangé d'aussi bons gâteaux... ». Enfin, en juillet
2000, il devient responsable de la partie sucrée de l'Hôtel
Plaza Athéné et des desserts du Relais Plaza, du Cour Jardin,
des banquets et du room service.
Deux ans après, l'homme est heureux, et le professionnel a
rencontré Jean-François Piège, chef des cuisines d'Alain
Ducasse dont le professionnalisme et la dextérité ne cessent
de l'étonner. C'est avec lui qu'il a revisité la Pêche
Melba : « On connaît la pêche melba avec sa pêche
pochée, sa glace vanille, ses amandes poulignac, sa gelée
de groseilles et sa crème chantilly.
Nous l'avons revisitée en représentant une boule de parfait
glacé à la vanille avec une gelée de groseille à
l'intérieur comme un noyau, le tout trempé dans un chocolat
blanc très fin, nappé ensuite de gelée d'abricot puis
teinté légèrement à l'aérographe pour
reproduire une pêche ». En cet été 2002, l'on
pourra aussi déguster la coupe tiramisu servie dans un verre martini
avec un parfait café glacé à la base, un sorbet chocolat
à la minute, un disque de biscuit imbibé au café fort,
un cordon de crème mascarpone avec un granité café
au milieu. A la carte encore, une fine pâte croustillante caramélisée,
glace pistache et cerises au jus de cuisson, ou encore un chocolat
framboise à la feuille d'or, sans compter les glaces et
sorbets
maison.
Onctuosité, croquant et croustillant sont les mots clés de
ce jeune professionnel qui ne cesse de peaufiner son art pâtissier
en suivant des stages de chocolat, de glace sculptée ou d'aérographe.
Et s'il n'a de cesse de remercier les maîtres qui l'ont fait rêver
et décoller professionnellement, il transmet déjà son
art avec talent. Dans son équipe, Claire Damon a remporté
la finale française du prestigieux concours Mandarine Napoléon,
et, Vincent Riandière a fini troisième à la finale
du Meilleur Apprenti de France Pâtissier. A son tour, l'élève
devient un maître.
Franck Séguret
Pâtisse les saveurs ensoleillées du terroir
Le chef-pâtissier du Clos des Lys joue la carte du terroir avant
tout, en s'appuyant sur les fruits de la région. Et, s'il ose quelque
extravagance, c'est toujours pour jouer des goûts francs qui revalorisent
le produit avec délice.
Ce natif de Rodez aime les goûts francs et ose quelques surprenantes
et astucieuses réalisations sucrées. Ainsi, ce petit sablé
au pralin et framboises fraîches avec une crème glacée
au chocolat et menthe fraîche, sa Macaronade chocolat avec chiboust
framboise et sorbet framboise. Ou encore, plus terroir, son minestrone de
fruits frais à l'abricot avec un granité au muscat de rivesaltes.
Et enfin, légère, savoureuse et astucieuse Déclinaison
de saveurs d'orange avec une mousse vaporeuse à base de mandarine
et caramel déglacé au jus de mandarine et vanille bourbon,
un soufflé à la mandarine au cur d'une mandarine posée
sur de la porcelaine pour restituer la chaleur, un sorbet mandarine sur
une tuile aux zestes de mandarine et un petit sabot composé d'un
biscuit chocolat sans farine avec, à l'intérieur, une crème
brûlée mandarine et une crème chiboust chocolat.
Franck Seguret a trouvé ce plaisir d'avancer et l'art de conjuguer
les saveurs aux côtés de Michel Bras.
Après un stage d'un été, il a en effet passé
deux saisons auprès de celui qu'il considère comme son parrain
et premier maître, après avoir décroché BEP et
BTH à l'école hôtelière de St Chély d'Apcher,
en Lozère. Il fait étape ensuite chez les frères Pourcel,
à Montpellier, où il s'occupera plus particulièrement
des poissons. Ce sont ensuite quatre mois comme chef pâtissier au
Morel's Restaurant de Londres, dans le Surrey, non loin de Londres. Dans
l'équipe de six personnes de ce restaurant un macaron michelin, il
sert jusqu'à 50 couverts par jour.
Sa vie va basculer une nouvelle fois quand il prépare son BTS de
Restauration. Il y rencontre Isabelle Vila, la fille de Jean-Claude Vila
qui deviendra son beau-père et deuxième maître au sein
du Clos des Lys, ce restaurant gastronomique de 80 places à la terrasse
si calme. Il y arrive en 1994 et l'équipe est déjà
en place autour de Jean-Philippe Maury qui partira bientôt rejoindre
l'hôtel Belagio de Las Vegas. Très vite, il se retrouvera seul
à la pâtisserie, prenant peu à peu les responsabilités
qui lui incombent, creusant son sillon jour après jour. En 1999,
le voilà en finale du Championnat de France du Dessert.
Et, pour son premier concours, il remporte carrément le titre grâce
à sa Douce Orange au parfum de Vanille Bourbon ; une orange entièrement
reconstituée avec de fins palets de chocolat, biscuit chocolat sans
farine, crème brûlée orange et chiboust chocolat.
Dès lors, il trône au sein de l'équipe de 6 pâtissiers
du Clos des Lys, ce restaurant gastronomique au joli décor catalan
dans un cadre verdoyant. Les mets cuisinés minutes s'inspirent de
produits frais provenant du Roussillon et l'on retrouve à la carte
volaille fermière au banyuls et aux gambas, millefeuille de foie
gras au jambon serrano, aiguillette de canard au cacao, « meil
i mato » au miel et aubergine confite. Cette cuisine à
quatre mains - entre Franck Seguret et le « grand monsieur »
JC Vila -, se veut très terroir et proche des goûts tous
aussi authentiques d'une clientèle fidèle :
« On retrouve cet attachement à la région
jusque dans les desserts. Ainsi, nos clients préfèrent la
crème catalane ou encore le bras de gitan caramélisé.
Ils ont un bec sucré très classique, se régalant volontiers
d'une tarte au citron meringuée aux zestes de citron, ou encore d'un
sablé framboise avec une confiture de framboise et framboises fraîches
posées sur le dessus. Mon travail porte aujourd'hui sur les textures.
Ainsi, je travaille une mousse chocolat allégée pour qu'il
y ait du volume dans l'assiette mais de la légèreté
au palais. Il nous faut réduire singulièrement le sucre pour
que les gens (re)consomment du dessert. Alors, on essaye aussi de conjuguer
moelleux et croustillant et d'alléger en sucre pour revaloriser le
dessert. »