
"Ce qui fait la différence entre un traiteur et un autre,
c'est l'importance que l'on accorde à la décoration".
Traiteur Zakhari à Antony :
l'artisanat au profit
de la qualité
En 1996, Philippe Cohen crée le Traiteur Zakhari
et, grâce à la confiance déjà acquise auprès
d'une clientèle qui le côtoyait dans son précédent
métier, il prend rapidement de l'ampleur.
Mais, son outil principal réside dans son partenariat avec 2 grands
hôtels parisiens qui font appel à lui chaque fois qu'ils organisent
une réception. Une expérience de sous-traitance, inversée
Un partenariat original
Après plusieurs années passées dans l'hôtellerie
où il a appris son métier, Philippe Cohen décide de
créer sa propre société en 1996 : « Dès
le début, avoue Philippe Cohen, mon objectif était l'organisation
de réception pour les entreprises et les particuliers ».
Son expérience passée dans l'hôtellerie n'est cependant
pas pour rien dans cette décision : « L'hôtel dans
lequel je travaillais, explique Philippe Cohen, organisait déjà
des réceptions.
C'est là que je me suis fait connaître : il y avait un
marché qui s'ouvrait et une clientèle potentielle. Par conséquent,
poursuit-il, j'ai tout de suite eu la confiance de cette clientèle ».
Depuis, beaucoup de choses ont changé, en particulier le mode de
fonctionnement du Traiteur Zakhari.
« J'ai eu la démarche inverse de la plupart de mes collègues
qui, généralement, sous-traitent le lieu, la décoration,
etc. : 40% de mon activité est, en fait, une spécialisation
de sous-traitance pour 2 grands hôtels parisiens qui, donc, me confient
toute la partie consacrée aux réceptions.
En d'autres termes, ces 2 hôtels louent leurs salons et proposent
un service traiteur, dont je m'occupe, de la décoration jusqu'au
service. D'ailleurs, poursuit-il, je me suis spécialisé dans
l'organisation de réceptions à thème dont je fais tous
les décors : chinois, orientaux, mexicains, etc. Les 60% restant
de mon activité sont liés principalement à une clientèle
fidèle à qui, d'ailleurs, je demande si elle veut organiser
sa réception dans l'une des salles des hôtels avec lesquels
je travaille. Cette partie de mon activité demeure classique avec,
pour l'essentiel, des mariages, des communions, des anniversaires ».
La décoration : un élément
déterminant
Cependant, si une grande partie de l'activité du Traiteur Zakhari
demeure classique quant au type de réceptions organisées,
elle l'est moins en ce qui concerne le contenu. Les attentes des clients,
qui ont considérablement changées : « Aujourd'hui,
explique Philippe Cohen, les clients sont essentiellement attentifs à
tout ce qui relève de la décoration. Cela résulte de
la difficulté qu'il y a, à présent, d'étonner
la clientèle avec le contenu d'une assiette. En revanche, c'est encore
assez facile avec la décoration. Au fond, poursuit-il, ce qui fait
la différence entre un traiteur et un autre, c'est l'importance que
l'on accorde à la décoration ».
En revanche, les comportements alimentaires se sont très peu
modifiés : « Certes, nous dit Philippe Cohen, certains
comportements ont changé en raison de l'actualité plus ou
moins inquiétante, mais dans l'ensemble il n'y a eu aucune modification
fondamentale : les goûts des clients sont à peu près
toujours les mêmes. C'est pourquoi, par exemple, nous ne proposons
jamais des plats qui relèveraient de la nouvelle cuisine, même
si on nous le demande.
Car, les choses ne se passent pas avec un traiteur comme dans un restaurant
: lorsque les gens vont au restaurant, ils choisissent ; pour le traiteur,
c'est plus compliqué dans la mesure où tous les invités
d'une réception n'ont pas choisi le repas, ce qui signifie qu'ils
peuvent être déçus. Autrement dit, il faut faire très
attention avec l'originalité et les innovations ».
C'est ce souci de la mesure que révèlent les menus proposé
par le Traiteur Zakhari : un Menu à 82,30 avec, entre autre,
une Dariole de filet de sole au basilic frais, un Pithiviers de saumon aux
trois poivrons, un Filet de perche au fenouil, un Rôti de veau à
l'ancienne, une Roulade de volaille aux olives ou un Magret de canard au
poivre vert ; un Menu à 90 avec une Mousse de canard fumé,
une Escalope de mérou au fenouil, un Filet de loup à la julienne
de légume, un Rôti d'agneau à la menthe anisée,
une Cuisse de canard aux pêches et ananas et un Magret de canard à
l'orange ; un Menu à 97,50 avec un Filet de bar sauce champagne,
une Assiette de foie gras avec toasts grillés, un Carré d'agneau
primeur aux herbes de Provence et un Magret de canard sauce au cognac. Tous
ces menus comprennent, en outre, la salle, le buffet de cocktail, et de
dessert, des vins blancs et rouges sélectionnés.
S'accroître progressivement
Malgré sa réussite et son implantation, Philippe Cohen
ne tient pas à diversifier ses activités : « Je
fais un métier qui occupe un créneau éprouvant, précise-t-il,
car, comme je n'utilise que des produits frais, je travaille pour chaque
réception la nuit et la journée qui précèdent
mais aussi bien sûr la journée et la nuit de la réception.
Autrement dit, je peux difficilement avoir un magasin, par exemple, car
cela nécessiterait de s'étendre sur la journée. Le
seul moyen serait de trouver un partenaire.
Or, j'aime bien tout contrôler. Par exemple, j'ai un chef qui est
en cuisine, mais c'est moi qui gère la cuisine ». C'est
d'ailleurs le même problème qui se pose d'un point de vue structurel
: « Le Traiteur Zakhari est une petite entreprise, explique Philippe
Cohen, et je ne tiens pas particulièrement à l'agrandir, car
je ne suis pas certain que je gagnerais plus d'argent même si j'augmente
le chiffre d'affaires.
Notre métier est très aléatoire : on peut perdre
demain les contrats qu'on a aujourd'hui. Je me contente de monter progressivement
sans foncer aveuglément. En outre, conclut-il, pour proposer un produit
global de qualité, il est nécessaire de préserver une
structure artisanale. Les grosses structures sont certes performantes, mais
les produits sont souvent identiques. Dès qu'il y a un plus un peu
original, on ne peut s'adresser qu'à un artisan ».