une vieille histoire
La société Roque est une société familiale
de Collioure. Guy Roque, l'actuel gérant de la Société
évoque alors son grand père, Alphonse, qui en 1870 était
tonnelier saleur à Collioure. Il fabriquait les barils siciliens
et les remplissait d'anchois.
En 1922, Léon, le père de Guy, fonde l'entreprise Roque. Il
est également saleur et oriente les activités de l'entreprise
vers une diversification des produits à base d'anchois. L'anchois
reste la principale activité mais s'y ajoutent l'olive farcie d'anchois,
la crème d'anchois ou le filet d'anchois, une nouveauté à
l'époque.
C'est en 1969, voilà plus de 30 années, que Léon décide
d'associer ses enfants, sa fille Renée et son fils Guy, et de monter
l'entreprise en Sarl. Ainsi naît Roque Sarl. Et l'histoire familiale
continue de plus belle. Au départ en retraite de Renée, les
parts sont cédées aux enfants de Guy, Malou sa fille et Armand
son fils. Et voilà que le petit fils de Guy, Vincent, vient, lui
aussi, poindre le bout de son nez. Il y effectue son apprentissage, prêt
sans doute à prendre, un jour, la relève. Ce sont ainsi pas
moins de cinq générations qui ont permis à l'entreprise
de se maintenir et de se développer pour que perdure la tradition
des anchois de Collioure.
L'anchois de la société Roque :
un produit de qualité
Guy Roque est rentré dans la Société en 1960
: « j'ai appris le métier, la production et surtout le
savoir-faire de mon grand père. J'aime ce métier. Avant l'anchois
était considéré comme le plat du pauvre, maintenant
il est devenu pratiquement un produit de luxe. Il a été revalorisé ».
Et la Société Roque le valorise plus encore. Cette société
familiale de 40 personnes travaille manuellement, de façon artisanale
: « Notre poisson est ramené par les pêcheurs de
Collioure. Ensuite, nous le pré-salons, dans les 12 heures qui suivent
la pêche. Mélangé au sel il y reste un mois, puis il
est étêté, éviscéré et rangé
en fut pendant 3 mois. Après cette maturation, il est dessalé
et prêt à être transformé et conditionné.
C'est pourquoi le travail de l'anchois nécessite une main d'uvre
importante. Il faut faire le filet un à un à la main, enlever
l'arête, le conditionner dans l'huile. Il n'y a de machine que pour
le dessalage ».
Collioure : capitale de l'anchois
« L'anchois à Collioure se caractérise par
une saveur différente, il est plus parfumé, cela provient
sans doute de la qualité du plancton dans le golfe du Lion, précise
Guy fin connaisseur, l'anchois se mange en entrée, sur une pizza,
dans de nombreux plats, ou sur toasts.
En hiver, l'anchois se prépare couramment à Collioure dans
l'ouillade, et en été il constitue la base du plat catalan
: c'est un plat d'entrée composé de filets d'anchois, d'huile
d'olive, de vinaigre de Banyuls, d'ail haché, de persillade, d'uf
dur et de poivron grillé ». Et Guy se le prépare
ainsi tous les dimanches, arrosé d'un bon vin rouge ou rosé
de Collioure ou un Rancio, ce vin vieux, sec.
Une entreprise en constant développement
La société Roque produit des anchois au sel traditionnel,
des filets d'anchois à l'huile, de la crème d'anchois, de
l'anchoïade et des roquerones : « les roquerones sont notre
spécialité.
Ce sont des anchois marinés au vinaigre de Banyuls ». La
société est en progression constante avec 6 % de croissance
par an. Elle dispose d'un bâtiment neuf depuis 1998 aux normes européennes.
Ses clients sont essentiellement français avec quelques ventes à
New York ou en Suisse. Mais cette année, l'anchois se fait plus rare
et les campagnes de pêche, entre mai et octobre, n'ont ramené
que 200 tonnes d'anchois frais.
L'entreprise Roque poursuit sa production artisanale, une IGP est même
en cours à Bruxelles pour sauvegarder et reconnaître ce travail
de qualité.