La Vallée noire pour écrin
La Châtre
Jolie ville de trente mille âmes environ,
au cur de la Vallée Noire chère à Georges Sand.
Trente mille âmes et un cur que l'on peut sentir battre dans
ses hôtels et restaurants. L'un d'eux, le Chopin - et son annexe le
Georges Sand un Hôtel-Restaurant dont le patron, M. Meillien,
connaît la musique. Une mélodie du service qu'il joue depuis
20 ans.
Une vocation précoce et un goût prononcé
pour le contact.
Ce travail d'hôtelier-restaurateur, il en rêvait depuis
l'enfance. N'était-il pas à douze ans derrière un comptoir
? Après une période d'apprentissage,
M. Meillien découvrira
son métier « sur le tas » puis se mettra à
son compte. Cela fait quatre ans maintenant qu'il a déposé
ses bagages à la Châtre en reprenant deux établissements,
le Chopin et son annexe le Georges Sand.
13 chambres et 150 couverts mis à la disposition d'une clientèle
variée : commerciaux, voyageurs de passage, ouvriers, randonneurs
ou touristes, y trouvent un accueil des plus chaleureux. Au Chopin, « il
y a toujours une solution pour tous types de personnes. Il y a toujours
à manger quelque chose pour chacun, selon ses moyens. A 5
ou 30.5 vous serez reçu de la même façon ».
Une clientèle hétérogène
et fidèle
Bien que l'hôtel soit complet chaque soir et que le restaurant
ne désemplisse guère, M. Meillein garde la tête froide
sur sa réussite grâce à une philosophie bien simple
: son succès n'est pas un dû mais le fait d'un accueil personnalisé,
d'un service où la proximité avec le client est de mise. Rendant
de multiples services, mettant en relation les gens entre eux, proposant
de bons plats et des chambres confortables (2**, télévision,
douche, toilettes, téléphone), il a su avec ses neuf
équipiers fidéliser une clientèle que tous n'eussent
pas accepté : « j'ai connu des établissements où
une certaine clientèle n'était pas la bienvenue ».
Grâce à sa passion des contacts, le patron de l'Hôtel-Restaurant
a ainsi su fédérer dans son établissement un ensemble
hétéroclite de clients. Nombreux si l'on considère
que chaque semaine y sont dégustés un demi buf, un porc
et un agneau déclinés en menus (traditionnels ou plus imprévus),
pizzas et galettes.
De nombreux contacts avec les acteurs locaux ont
permis le développement de l'activité
Pour implanter son Hôtel, M. Meillien a su profiter des différentes
infrastructures sportives ou culturelles, tissant des liens avec le Syndicat
d'initiative, l'Auberge de jeunesse, le Foyer des Jeunes Travailleurs, le
Comité des Fêtes ; mais aussi les festivals musicaux de l'été
tels ceux se déroulant à Nohant (festival Chopin) ou à
Saint-Chartier (Festival international des Maîtres Luthiers) qui drainent
une population jeune et festive.
Les compétiteurs d'un circuit automobile situé non loin de
là, trouvent également porte ouverte au Chopin où le
patron reste présent à toute heure pour accueillir les retardataires
en quête d'un gîte et d'un couvert.
Cette implication dans
la vie locale a ainsi permis au Chopin de se constituer une clientèle
de fidèles mais aussi de nouveaux visiteurs attirés par les
manifestations culturelles et touristiques de la région.
Sa
politique de tarifs diversifiés et adaptés séduit les
clients potentiels, heureux de trouver là un établissement
où le service rendu reste indépendant de la durée ou
du coût de leur séjour.
La possibilité de s'agrandir et le rêve
d'une TVA à 5.5% permettrait de dynamiser l'activité
Malgré sa réussite et sa rapide implantation locale,
le patron connaît quelques soucis. Un manque d'espace tout d'abord
: « Victime » de son succès, le Chopin a besoin
de s'agrandir mais les autorisations sont difficiles à obtenir. « J'ai
besoin de développer l'établissement. Même avec quinze
chambres supplémentaires, j'aurais encore une demande dépassant
l'offre ». Certes, on lui proposa de construire un nouvel hôtel-restaurant
mais le lieu envisagé ne correspondait ni aux attentes de M. Meillien
ni à son acception du métier. Aussi prend-il son mal en patience
tout en regrettant de ne pouvoir répondre aux nombreuses sollicitations.
Mais également des difficultés à recruter un
personnel compétent. Des charges sociales trop lourdes ainsi qu'une
TVA à 19.6% sur son activité de restauration limitent ses
capacités en termes de rémunération. Une rémunération
qu'il aimerait augmenter, conscient de la difficulté des différents
métiers, de la cuisine au service en salle.
Sa réussite, il sait qu'il la doit également à ceux
qui travaillent avec lui dans un esprit d'équipe qu'il a développé.
Pour le patron du Chopin, chacun doit être apte à seconder
un collègue, même s'il s'agit de passer de la cuisine au service
en salle. De cette façon, une certaine solidarité unit ceux
qui
ensemble oeuvrent à la bonne marche de l'établissement.