
Nicolas Loubère, chef sommelier à Drouant
Nicolas Loubère,
chef sommelier à Drouant
Nicolas Loubère, 35 ans, est le chef sommelier de
Drouant. Dans l' élégant cadre Art Déco du restaurant,
il gère sa cave de 30 000 bouteilles avec passion. Il lui aura fallu
cinq années de formation, de belles expériences et une forte
ténacité pour arriver le 1er janvier 1999 à Drouant
et gravir ensuite les échelons.
Une formation en salle complétée
par un CAP en sommellerie : une bonne école
Nicolas Loubère habite alors Caen, il est attiré par
la cuisine, sans bien en cerner les contours. C'est pourquoi il se lance
dans un BEP CAP de salle à Douvres, en Normandie : « j'avais
envie d'aller dans ce milieu, j'appréciais l'ambiance qui règne
dans les restaurants ». Ce parcours scolaire concluant le pousse
à aller plus loin. Trop jeune encore pour travailler, il cherche
une formation complémentaire et bien que ne connaissant pas le vin,
il effectue un CAP sommellerie par apprentissage à Paris. « J'étais
en apprentissage chez Michel Rostand et à l'EMPT.
Pendant deux années, j'ai beaucoup travaillé et appris
bien sûr. J'étais aux cotés du chef sommelier et je
faisais tout. C'est un métier rude physiquement, et au départ
peu intéressant pour moi, il fallait porter les bouteilles, décaisser
mais ma curiosité aidant, j'ai vu toute l'étendue de connaissances
que je pouvais acquérir, la géographie, l'origine des vins,
leur cépage, les sous sols
c'est un domaine vaste. Cela m'a
beaucoup plu et j'ai voulu rester dans le métier ».
Commis, sommelier, second puis chef sommelier
Après son service militaire, Nicolas se lance dans la profession.
Il entre au Divellec à Paris, aux Invalides en tant que commis sommelier
: « Aux cotés de Pierre Laroche, chef sommelier passionné,
j'ai été immergé dans ce milieu. Nous dégustions
les après-midi. Cette expérience de deux années a été
très enrichissante ». Puis, il est demi-chef sommelier
au Fouquet's sur les Champs Elysées : « dans une brigade
de 20 sommeliers, j'étais responsable d'un rang, de la commande de
vin en salle.
C'était mon premier poste à responsabilité, mais
sans gestion de cave ni de contact terrain. J'ai exercé au Fouquet's
pendant 18 mois, puis j'ai voulu quitter un peu la salle pour élargir
mes compétences. Le travail de salle est parfois ingrat, frustrant
même ». Nicolas entre alors à Drouant en 1990, « le
premier janvier » précise t'il, en tant que sommelier.
Mais, bien vite il gravit les échelons et devient second puis chef
d'une brigade de 5 personnes.
Chef sommelier depuis 6 ans à Drouant : un travail
« intelligent »
A Drouant, Nicolas Loubère a trouvé de quoi exercer
son talent et sa passion :
« je travaille en salle mais
aussi je crée ma carte des vins, j'enrichis la cave, je rencontre
les vignerons, j'appréhende les cépages. Il y a une recherche
permanente. Les découvertes me passionnent et à Drouant on
me fait confiance ».
Nicolas gère une cave de 30 000 bouteilles, 1 100 références
dont 900 sur la carte des vins et 200 en vieillissement. Elle se compose
notamment à 30% de bordeaux rouge, à 20% de bourgogne blanc
et à 10% de champagne.
De belles dégustations
Nicolas a toujours la passion du vin. Il l'exerce en salle, auprès
des vignerons ou encore en Chine où il anime un séminaire
de dégustation chaque année. Il aime le vin sans préférence
marquée, plutôt les vins blancs. Il a de beaux souvenirs, tels
que ce vieux château Certan à Pommerol de 1977, « un
tout petit millésime mais surtout une première dégustation
qui m'a laissé un souvenir de notes vanillées, épicées,
un vin assez déséquilibré mais en fait je m'en souviens
encore ».
Ou encore un Montrachet du domaine de la Romanée Conti : « je
l'ai dégusté en Gironde. Sur les 10 sommeliers que nous étions,
la moitié n'avait jamais goûté cette bouteille. C'était
magnifique, une toute petite production, et un très beau souvenir »
commente t'il.
La sommellerie : un métier complet
« La salle, l'étranger, le conseil, les formations,
l'enseignement, le métier est ouvert à un éventail
large de possibilités. Cela peut donc attirer des jeunes. Ce n'est
pas un métier monotone, bien au contraire, les contacts sont permanents,
la production se renouvelle chaque année, et c'est l'occasion de
nouvelles dégustations. Il y a un rapport humain avec les clients,
les producteurs et un rapport avec le produit, la nature. C'est très
complet. Dans l'avenir, je veux rester dans mon métier, mais m'ouvrir
davantage encore à l'univers du vin.
C'est le 31 octobre 1914 qu'eut lieu la première réunion
de l'Académie Goncourt chez Drouant. Le restaurant de la place Gaillon,
au coeur de Paris, non loin de l'Opéra, était fréquenté
dans les dernières années de sa vie par Edmond de Goncourt.
Lorsque l'Académie dut choisir une nouvelle table après la
fermeture du Café de Paris qu'elle avait fréquenté
pendant onze ans, Drouant devint le nouveau lieu de rendez-vous des « Dix »
qui apprécient la bonne chère. Le premier mardi de chaque
mois, sauf en été, les académiciens se retrouvent à
déjeuner dans le salon Goncourt du premier étage. En automne,
les académiciens y décernent leur prix littéraire.