
Le commerce c'est ma vie...
L'épicerie du Buisson
à Marcq-En-Baroeul
« Amabilité, Propreté, Qualité »
telle est la devise d'Yvonne Dauphin. C'est cette philosophie qui a été
le leitmotiv de toute une vie au service et surtout à l'écoute
des gens.
Enclave chaleureuse, ancrage d'un quartier dans la réalité
d'une ville en mouvement, l'épicerie est la clé de voûte
de l'organisation sociale locale. Yvonne n'en doute pas l'épicerie
a de l'avenir !
beaucoup d'avenir !
Un quartier, aux airs de village
Marcq-En-Baroeul est, comme tout le monde le sait, une ville dans
la périphérie de Lille. Loin du centre ville et du rush perpétuel,
le quartier du buisson a ce côté village où tout le
monde se connaît. Le temps et le calme permettent au gens de redécouvrir
leurs voisins et de nouer des relations qui ne soient pas que pure cordialité.
Ce qui est marquant lorsque l'on découvre les lieux pour la première
fois est l'organisation exemplaire de ses commerces. On trouve pratiquement
tout ici. Carrossier, mercerie, presse, tabac, brasserie, boulangerie, épicerie
s'articulent et s'organisent formant un réseau solidement ancré
dans le quartier et à l'écoute des personnes.
Un air de famille
Yvonne est fille de cafetier : « Je suis tombée dans
la profession toute petite. J'ai travaillé chez mes parents jusqu'à
20 ans avant de me lancer toute seule dans l'aventure
Le commerce c'est
ma vie ». Ainsi dit, ainsi fait ; elle ouvrira sa première
épicerie à Douai, sa ville natale. 3 ans plus tard une nouvelle
opportunité s'offre à Yvonne : « Sur Lille un café
était à la vente, j'ai trouvé l'occasion intéressante
surtout qu'ayant grandi dans un café j'avais déjà une
grande expérience du métier.
De plus le café avait une patente de débitant de tabac.
J'y ai travaillé pendant 10 ans. C'est pour ça que j'ai arrêté
et que j'ai repris une activité d'épicerie. C'est vraiment
la liberté, ici on travaille tous les jours de 8h à 13h et
de 16h à 20h, le samedi que le matin et pas le dimanche ».
Cela fait près de vingt ans maintenant que Yvonne officie dans le
quartier, le dernier déménagement qu'elle ait effectué
visait juste à déplacer son commerce d'environ 500 mètres,
déplaçant ainsi l'épicerie d'une artère de circulation
à une rue plus intérieure au quartier.
Profession de foi d'une passion
Yvonne apprécie son métier, elle a la certitude d'être
là où elle devait être et ne ressent aucune lassitude
après plus de quarante ans de travail auprès des clients.
Elle ne se sent pas en concurrence avec les grandes surfaces tellement
les deux choses sont différentes.
Son créneau : un service proche des gens, interactif, réactif,
personnalisé. En un mot sa mission est de rendre service à
ses clients.
Son credo : « Il n'y a pas de petit ou de gros
client, il n'y a que des clients ». Ce principe d'égalité
séduit immédiatement le client occasionnel qui découvre
en ce lieu une authenticité des plus saines l'incitant ainsi à
renouveler l'expérience d'un commerce différent.
La qualité et la diversité du rayon fruits et légumes
séduiront plus d'un consommateur, la règle d'or ici est la
confiance et tous les clients savent bien qu'Yvonne vérifie tous
les produits qu'elle vend dans son magasins. Impossible que l'achat soit
pourri, abîmé, ou dégradé de quelque manière
que ce soit, cela fait vingt ans que l'établissement est dans le
quartier et la confiance est là. Les rayons crémerie, fromage
et spiritueux sont également le fer de lance de ce commerce.
Une des plus grandes et des plus appréciables fonctions de
l'épicerie est sans aucun doute son activité de « traiteur ».
« Tous les jours, je prépare des plats différents
que je propose aux clients. De temps en temps certains clients me demandent
un plat en particulier alors je vois ce que je peux faire. D'autre fois,
certaines personnes ont envie d'originalité mais n'ont pas d'idées
de ce qu'ils désirent précisément, alors ils me demandent
de choisir pour eux. De toutes façons, tout ce que vous faites est
très bon, me disent-il, alors on vous fait confiance ».La
clientèle du magasin est constituée à près de
70% par des habitants du quartier, en grande partie des personnes âgées
qui trouvent en ce lieu un climat de confiance, mais aussi et de plus en
plus de jeunes désirant découvrir des aliments de qualité,
obtenir des conseils, des recettes.
Et demain ?
Yvonne a confiance en l'avenir de la profession.
Le plus dur
selon elle dans la profession, le « nerf de la guerre »,
c'est la relation de confiance entre le client et l'épicier. Et là,
il n'y a pas de recettes miracles, le temps et l'investissement en sont
les clés. Elle constate que quand son mari la remplace au magasin,
même si l'alchimie n'est pas brisée, la confiance n'est pas
la même et les comportements non plus. « Ceci bien que les
clients connaissent son mari ».
Cependant Yvonne n'en doute pas, le besoin est là et quand
la retraite sonnera, son commerce sera repris et, passé la période
d'adaptation, la machine se remettra en marche.