Les MIN ont un rôle essentiel dans le maintien d'un
commerce de proximité en centre ville.
La création des MIN au milieu des années 50, avait pour objectif
principal de réorganiser les marchés de gros afin d'approvisionner
le commerce traditionnel, majoritaire à l'époque.
La
donne a profondément changé, et les MIN redéfinissent
leur stratégie : maintenir la pluralité des circuits de distribution,
et se diversifier de façon à proposer une offre de produits
et de services toujours plus importante.
Une force notable dans la commercialisation
des denrées alimentaires
Les MIN contribuent à l'aménagement du territoire, en
appuyant le commerce de détail, ils participent au maintien de l'activité
des centres villes. Ainsi que le précise Jacques Valade, le Président
de la FFMIN : « les commerces de détail alimentaire indépendants
sont les garants d'une animation et d'une vie collective dans les centres
villes et les grands ensembles. Ils dépendent en grande partie des
marchés de gros pour leur approvisionnement car ils peuvent leur
fournir un approvisionnement dans de bonnes conditions de compétitivité,
une large gamme de produits et les petites quantités dont ils ont
besoin. Les commerces de détail alimentaire indépendants trouvent
en effet sur le MIN une gamme large adaptée en termes de qualité,
de niveau d'élaboration et de prix ».
En 2002, la France présente 18 MIN, sur 500 hectares aménagés,
soit 2400 entreprises employant 25 000 personnes pour un chiffre d'affaires
de 70 milliards de francs auprès de 450 000 acheteurs.
Des investissements nécessaires
Les MIN ont eu leurs heures de gloire dans les années 70 avant
de stagner voire de régresser jusque dans les années 1995.
Leur réaction s'est faite sentir, et les MIN ont, depuis, beaucoup
investi dans tous les domaines et dans toutes les régions. A Rungis,
à Toulouse, à Rouen, à Marseille, et ailleurs, gestionnaires
et grossistes ont entrepris la rénovation d'outils de travail souvent
anciens, mettant en place de véritables politiques d'assurance qualité.
Ce vaste mouvement de rénovation, rendu nécessaire par l'évolution
des besoins de la clientèle des MIN, s'accompagne d'une autre mutation
: celle du métier même des occupants des marchés. Les
grossistes investissent dans des domaines complémentaires à
leur activité commerciale : transformation industrielle, préparation
des commandes, logistique,
afin de toujours mieux personnaliser le
service de leur clientèle.
Ainsi, 70.3 millions d'euros ont été investis sur les
MIN en 2000, après 300 millions en 1999, dont les trois quarts ont
été consacrés aux nouveaux investissements et un quart
à la réhabilitation de bâtiments. 1999 a été
l'année de Nice avec son nouveau secteur produits carnés,
l'année 2000 a été celle des halles du Sud ouest de
Toulouse avec la création d'un secteur viande et l'arrivée
de Promocash, comme à Rouen. Rungis n'est pas en reste : mise aux
normes du pavillon viandes, développement continu des opérateurs
horticoles, grand chantier de mise aux normes au pavillon de la marée,
et la planification de l'espace eurodelta
Monsieur Pepineau, Président d'Unigros (union générale
des syndicats de grossistes du MIN de Rungis) nous le précise pour
Rungis : « il faut continuer les efforts d'investissements, les
travaux engagés à la marée et aux fruits et légumes
compléteront le programme de modernisation et donneront la possibilité
à tous les secteurs d'augmenter leurs parts de marché ».
Cette démarche semble porter ses fruits : « à
Rungis, c'est une progression de plus de 8% du chiffre d'affaires global
des entreprises qui dépasse 7 milliards d'euros, c'est aussi une
progression de plus de 1.5% de l'emploi salarié qui représente
plus de 12 000 personnes au 31/12/2001 » précise Marc Spielrein,
président directeur général de la Semmaris et président
de l'union mondiale des marchés de gros.
Diversité et différenciation des
produits et des services
Les atouts des MIN sont en effet nombreux, notamment pour le secteur
CHR. En premier lieu, la multidiversité en termes de produits et
des services font des MIN une vitrine de référence. Jacques
Valade l'explique : « Les MIN sont des lieux uniques où
le petit commerce indépendant peut s'approvisionner régulièrement
dans des conditions qui lui sont adaptées. Les détaillants
sont assurés de trouver là un choix, une qualité et
une variété de nombre dans des conditions favorisées
par une confrontation physique de l'offre et la demande. En outre, la qualité
des produits qui sont commercialisés grâce à la stratégie
de différenciation menées par les opérateurs les plus
dynamiques est sans conteste. Les MIN proposent un large assortiment de
produits régionaux, nationaux et d'importation, finement segmenté
pour répondre à la diversité des besoins des acheteurs
et favoriser ainsi la biodiversité ».
Les MIN sont réputés pour l'importance de leur offre,
et tout particulièrement concernant les produits frais. Mais, l'on
voit depuis quelques années l'offre se développer dans de
nouveaux secteurs tels que les fleurs, les plantes ou encore la décoration.
Les gammes alimentaires également se sont élargies au prêt
à consommer et au prêt à l'emploi, ainsi le pavillon
traiteur à Rungis s'est considérablement agrandi. Un récent
sondage de la Sofres demandé par le MIN de Rungis, réalisé
en 2001 auprès de 1000 personnes, montrait Rungis comme un marché
ouvert. Il est vécu comme un marché où l'on trouve
pour chaque produit vendu une large gamme de prix.
Cette diversité permet au CAR de trouver son inspiration et
aussi des produits d'une grande rareté. Comme le précise Monsieur
Pepineau, président directeur de Paris Select : « nous
avons une variété de fruits et légumes très
recherchée et très étendue. Vous trouverez chez nous
des fruits rouges en toutes saisons, des mini légumes ou encore des
champignons sauvages. J'ai des variétés très rares,
je recherche les légumes oubliés tels les physalis ou les
pommes de terre noires. Rungis est une démonstration de force de
la pluralité de l'offre ».
Une qualité sans faille
La qualité des produits et des services offerts, la sécurité
alimentaire (mises aux normes des bâtiments, traçabilité)
et l'amélioration de l'accueil des visiteurs sont les voies dans
lesquelles l'ensemble des MIN se sont orientés.
La qualité des produits se note de par la richesse d'une offre
en produits certifiés et labellisés. Elle a notamment pour
origine le rythme élevé des approvisionnements, qui fait la
fraîcheur des produits, comme nous le précise Jacques Valade
: « les efforts des grossistes de marchés pour toujours
plus de fraîcheur, de qualité en particulier organoleptique
des produits et de service (préparation) sont à même
de satisfaire la clientèle la plus exigeante ». La situation
géographique des MIN permet cette circulation des marchandises avec
rapidité et souplesse. La gare de fret dans l'enceinte même
de Rungis ou à proximité comme à Rouen permet cette
réactivité.
La sécurité alimentaire est un travail quotidien dans
lequel les MIN se sont engagés. Les crises successives de l'ESB,
de la fièvre aphteuse ont conduit les opérateurs à
reconsidérer la sécurité alimentaire comme un enjeu
essentiel. C'est pourquoi ils se sont engagés depuis plusieurs années
dans un processus de modernisation. Dans le cadre de la FFMIN, une démarche
qualité est mise en place, il s'agit d'un engagement volontaire axé
sur le service dans plusieurs domaines (maintenance patrimoine, propreté,
gestion des déchets, sécurité, signalétique,
environnement
). Les MIN se sont aussi dotés d'infrastructures
tels que les Services vétérinaires sur place à Rungis,
qui a un effet des plus rassurant sur le client.
Une concurrence et une complémentarité
: la pluralité des offres
« Les libres services de gros tels que Promocash et les
activités traditionnelles des MIN sont complémentaires. Leur
présence sur les MIN est bénéfique pour les deux parties.
Les libres services de gros tels que Promocash apportent aux MIN une offre
plus large de produits, en général peu présents sur
les marchés de gros, par exemple l'épicerie sèche,
les boissons, une offre plus large de services (plage horaire plus large)
et la présence physique régulière d'une large clientèle
(les restaurateurs) qui se déplace irrégulièrement
sur les marchés classiques. Les MIN apportent une offre beaucoup
plus large pour les produits alimentaires, donc plus d'attractivité,
et une offre complémentaire (fleurs, décoration
).
C'est bien pourquoi, de plus en plus de cash sont installés sur les
MIN : ils sont présents sur une dizaine de marchés membres
de la FFMIN et à proximité de beaucoup d'autres
Mais,
les restaurateurs trouvent également sur les MIN les produits non
alimentaires dont ils ont besoin et dont la variété est en
constante croissance, que ce soit au niveau des équipements (ustensiles
de cuisine), de la décoration (assiette, mobilier, objets divers
)
des fleurs et des plantes », précise Jacques Valade.
Des pavillons multi-produits ont vu le jour comme à Promocash
où frais et sec se côtoient faisant gagner un temps précieux
aux acheteurs, l'offre est devenue plus transversale.
Dominique Haug,
Directeur du MIN de Rouen précise : « Ainsi l'arrivée
de Promocash à Rouen marque la volonté du MIN de développer
de nouvelles activités en complétant l'offre de produits et
services mais aussi en introduisant de nouveaux modes de commercialisation
adaptés à l'évolution des demandes des professionnels
des métiers de bouche. Aujourd'hui, ce nouvel investissement entrepris
pour la construction de Promocash permet d'offrir en plus des produits qui
n'étaient pas ou peu représentés comme l'épicerie,
les spiritueux ou les viandes ainsi que des fournitures et du matériel
sur un seul et même site.
Le MIN de Rungis
Le marché de Rungis est le plus grand marché d'Europe
pour les produits frais, avec un volume d'affaires annuel de 40 milliards
de francs. L'activité y est bouillonnante avec un ballet incessant
de voitures et de camions à toute heure de la nuit et une grande
partie de la journée. Le MIN se lève avec la marée
et ferme ses portes avec l'horticulture. Ville dans la ville, Rungis a,
à sa disposition, toutes les administrations nécessaires à
son bon fonctionnement : Poste, banques ou encore services vétérinaires
et toutes les possibilités d'acheminements. Au centre d'un dédale
d'autoroutes, de nationales ou encore de chemin de fer, le MIN est en constante
activité.
Ce mouvement lui assure le renouvellement permanent des produits commercialisés.
Et des produits, le MIN n'en manque pas. Avec ses pavillons spécialisés
et sans cesse modernisés, comme en ce moment la viande et la marée,
les grossistes et les producteurs rivalisent de variété et
de fraîcheur pour séduire toujours plus les 22 000 acheteurs
et abonnés permanents. Rungis est un marché de découvertes,
où les produits rares foisonnent. Les activités de service
s'y déploient de plus en plus, celles de la transformation notamment.
Lactivité du MIN déborde largement des frontières
françaises. Au total, plus de 18 millions d'européens sont
desservis à partir de Rungis dont 12 millions de français.
Tels ces restaurateurs anglais qui viennent tous les deux jours ou encore
ces hollandais qui venant livrer leurs fleurs coupées en profitent
pour repartir camions pleins. Les produits commercialisés sur les
232 hectares de superficie concernent la marée et les produits d'eau
douce (6%), les produits carnés (7%), les produits laitiers (6%),
les produits traiteurs, les fruits et légumes (29%) ainsi que l'horticulture
(18%). Plus de
11 800 personnes travaillent quotidiennement au MIN.
La qualité est au centre des préoccupations du MIN de
Rungis, et notamment le respect des normes sanitaires. La rénovation
du pavillon produits laitiers (12000m2) en est un exemple. Elle bénéficie
dorénavant d'un renforcement de la désinfection, du nettoyage,
de la réfrigération et de la traçabilité des
produits laitiers.
Le pavillon viande qui a subi la crise de l'ESB
et la fièvre aphteuse de plein fouet s'est modernisé sur 2002,
il est un espace lumineux et réfrigéré avec un maintien
en température, disposant d'une grande allée centrale et un
accès direct extérieur pour les camions. Le pavillon marée
en sera très prochainement équipé.
Le MIN de Rouen
Le MIN de Rouen, à l'instar des autres MIN a connu une époque
faste dans les années 70 grâce à son transfert du vieux
marché du centre ville en 1969.
A 5 minutes du centre ville,
face au port, il est maintenant idéalement situé. L'évolution
des circuits de distribution, et sans doute le non repositionnement des
opérateurs ont conduit le MIN a stagner, voire régresser dans
les années 90. L'activité du MIN était alors à
70% centré sur les fruits et légumes (elle représente
51 % en 2000). Dans les années 1990, une activité de diversification
a vu le jour avec notamment le secteur fleurs.
Depuis la fin des années
90, le MIN de Rouen a repris sa progression. Les grossistes ont investi,
les opérateurs se sont restructurés pour gagner en compétitivité.
Par ailleurs, une démarche qualité, engagement volontaire
axé sur le service dans plusieurs domaine (maintenance patrimoine,
propreté, gestion des déchets, sécurité, signalétique,
environnement..), a été mise en place.
Le MIN de Rouen investit pour s'adapter à l'évolution
des formes de distribution et aux changements
de mode de consommation.
La construction du cash & carry Promocash en fait partie. « L'arrivée
d'un cash & carry marque la volonté affirmée du MIN de développer
de nouvelles activités en complétant l'offre de produits et
de services, mais aussi en introduisant de nouveaux modes de commercialisation
adaptés à l'évolution des professionnels des « métiers
de bouche », précise Dominique Haug, directeur du MIN.
Ainsi élargie, l'offre sur le MIN attire aujourd'hui de plus en plus
de clients dans des secteurs aussi divers que les commerces de proximité,
les marchés de détail, la RHF, ainsi que tous les autres métiers
de bouche.
D'ailleurs, depuis l'ouverture de Promocash le 22 septembre 2001, le flux
de véhicules à l'intérieur du MIN a augmenté
de 25% pour dépasser la moyenne de 2000 véhicules par jour ».
« Le MIN a de nombreux atouts pour les CHR. Nos clients
ont, à proximité du centre ville un pôle complet, une
référence dédiée à l'alimentaire. Ils
ont plus de choix à disposition qui leur permet de se démarquer
de leurs confrères. L'espace est sécurisé, les parkings
sont immenses, les clients ont à leur disposition une station service,
un restaurant, nous accueillons le siège de l'UHR, et une permanence
de ramassage des tickets restaurants. Nous avons élaboré un
concept intéressant avec Promocash de façon à ce que
l'entrée dans le MIN soit plus libre, sans péage, pour les
restaurateurs ». Cela marche ! Le Min a d'ailleurs d'autres projets
« il ne peut que progresser, en agrandissement pour élargir
l'offre, encore ». Le secteur des produits carnés va s'intensifier,
mais peut être aussi trouverons-nous bientôt de la vaisselle,
du matériel, « une diversification d'entreprises dont Promocash
restera la locomotive ».
Exemple du MIN de Rouen :
20 hectares de superficie totale, 50 000 m2 de surface construite
52 entreprises, 600 emplois, 500 000 entrées annuelles, 160 millions
de francs d'investissement public depuis 1969. 180 millions d'euros de chiffre
d'affaires répartis de la façon suivante : 54 % pour les fruits
et légumes, 19 % pour les produits de la mer, 12% pour les sociétés
de services, 9 % pour les fleurs et 3% par les produits alimentaires divers.
Il rayonne sur l'ensemble de la région Haute Normandie et
sur les départements limitrophes : Calvados, Somme, Oise, Yvelines.