Mon Marché :
Les charmes de la ruralité à Monterblanc
Originaire de la région vannetaise, Guénhaël
Pasco, boucher de
formation, a décidé de s'installer
à Monterblanc, un village de 2500 habitants, il y a 17 ans de cela.
Les débuts furent difficiles, en raison d'une nécessaire adaptation.
Mais, la persévérance et les choix stratégiques
ont porté leurs fruits : aujourd'hui, Mon Marché a une clientèle
familiale importante et étend son activité jusqu'à
30 kilomètres alentours.
Dès lors que l'on s'éloigne des centres urbains,
en l'occurrence Vannes et Saint Avé, on emprunte de petites routes
de campagne, vallonnées et apaisantes. On a l'impression d'avoir
parcouru des centaines de kilomètres, tellement l'effervescence citadine
semble lointaine. En vérité, on n'a pas roulé plus
de 15 minutes et, déjà, apparaissent de paisibles villages,
avec leurs églises au milieu des places où l'on sent qu'il
fait bon vivre
et oublier les préoccupations. Voilà
Monterblanc, à quelques minutes de Vannes, et cependant si loin.
On comprend, dans ces conditions, que Guénhaël Pasco,
enraciné dans sa région d'origine, ne l'ait jamais quittée
: « j'ai fait mon apprentissage de boucher à Vannes, précise-t-il,
puis j'ai travaillé 3 ans chez un grossiste, pour finalement venir
m'installer à Monterblanc, où j'ai repris Mon Marché
en 1987.
C'est un établissement, poursuit-il, qui a 25 ans d'existence, mais
lorsque je suis arrivé, il était fermé depuis trois
ans. Les débuts, par conséquent, ont été assez
difficiles : il a fallu résister à l'envie de tout laisser
tomber, persévérer tout en ayant un salaire très bas
et, surtout, ne pas compter les heures que mon épouse, Annie, et
moi passions à travailler dans le magasin ». Certaines
difficultés demeurent aujourd'hui : « en fait, explique
Guénhaël Pasco, Monterblanc, qui fait partie de la deuxième
couronne vannetaise, est un village rural où le passage est très
limité. On ne peut donc guère compter sur les touristes. De
plus, 85% de la population travaillent à Vannes et les gens font
souvent leurs courses avant de rentrer. Enfin, nous sommes à 5 minutes
de Saint Avé qui est un centre urbain plus important que Monterblanc ».
Malgré tout, Annie et Guénhaël Pasco sont parvenus
à surmonter ces difficultés, principalement grâce à
l'activité traiteur : « en réalité, avoue
celui-ci, je n'ai pas créé cette activité tout de suite,
car il y avait très peu de demandes en la matière et, qui
plus est, il fallait également s'équiper en locaux et en matériel,
ce qui représente un budget important. Finalement, ce n'est qu'au
bout de 7 ans que j'ai décidé de voir ce que cela pouvait
donner. Je n'ai pas employé d'ouvrier traiteur dès le départ,
mais j'en ai pris un en boucherie ; et je pense aujourd'hui qu'en fait ce
n'était pas la bonne formule, car sans cela l'activité traiteur
se serait développée beaucoup plus rapidement. En même
temps, poursuit-il, il y avait un problème stratégique, à
savoir qu'il existait déjà dans la région, et existe
encore, un grand nombre de traiteurs et organisateurs de réceptions.
J'ai donc décidé de cibler mes clients et d'axer mon activité
sur une clientèle principalement familiale ».
Aujourd'hui, les choix d'Annie et Guénhaël Pasco se sont
révélés pertinents : « notre clientèle,
précise-t-il, s'étend sur un périmètre de 25
à 30 km, pour des réceptions qui sont surtout des mariages,
des anniversaires, etc., c'est-à-dire des banquets familiaux. L'activité
traiteur se développe principalement de mars à septembre,
puis de mi-novembre jusqu'à mi-janvier. Bien évidemment, nous
nous sommes équipés : des camions, de la vaisselle et, lorsque
nous organisons des réceptions importantes, nous employons des extras.
Or, nous n'avons fait aucune publicité et notre accroissement s'est
fait par le bouche à oreille. Cela dit, poursuit-il, je ne cherche
par particulièrement à m'agrandir davantage, car je ne veux
pas tomber dans le piège propre à tout accroissement un peu
trop rapide et trop poussé, à savoir que plus on s'agrandit,
plus on travaille. Je tiens à préserver tout de même
une vie privée et un peu de temps libre ».
La carte
que propose Guénhaël Pasco est à l'image de ses ambitions
: à la fois riche et à la portée de tous.
Des « gourmandises apéritifs » : Navette, Canapés
assortis, Mousseline de crabe et saumon, etc., de 0,3 à 24,35
la pièce. Des entrées froides : Assiettes aux trois poissons
fumés ou gourmande, Darne de saumon sur lit de macédoine,
Terrine de saumon et de St Jacques sur assiette, Coquille de saumon ou de
surimi, Saumon ou Colin Bellevue, Pagode Créole, etc..., de 2,55
à 6,70 la pièce. Des entrées chaudes : Bouchée
à la reine, Coquille ou Croustade de St Jacques, Feuilleté
de la mer, Escargots farcis, etc..., de 2,3 à 5,2 la pièce.
Des poissons cuisinés : Filet doré austral au coulis d'étrilles,
Brochette de St Jacques sauce curry, Cassolette de St Jacques aux petits
légumes, Colin sauce dieppoise, Tresse du pêcheur à
la fondue de poireaux, Filet de hoki sauce safranée, etc..., de 4,9
à 6 la pièce. Des viandes cuisinées : Caille
farcie aux raisins, Pavé de biche sauce poivre vert, Coquelet aux
morilles, Filet mignon sauce porto, Filet de buf en feuilleté
sauce madère, Faisan aux cassis, etc..., de 4 à 6,1 .
Des plats uniques : Couscous, Paëlla, Potée bretonne, Choucroute
garnie, Coq au vin, Goulash, Porcelet grillé, Jambon braisé
de 3,4 à 7 la part. Les buffets, de 9,15 à 21
par personne, sont des compositions choisies de toutes ces propositions.
Quant au magasin, son activité est complémentaire de
celle du traiteur : « pour moi, explique Guénhaël
Pasco, ces 2 activités forment un tout, car le rayon moteur du magasin
est la boucherie et, au sein de celle-ci, les plats à emporter. Certes,
si j'étais à Vannes, ce serait encore plus important ; mais,
pour une commune rurale comme Monterblanc, on peut dire que c'est tout à
fait satisfaisant. Mes ventes les plus importantes ont lieu le vendredi,
car les gens s'invitent sans pour autant désirer passer beaucoup
de temps en cuisine. Je propose tous les jours un plat différent
de 900g à 1kg pour un prix de 5 e. Dans un centre urbain important,
ce serait plus cher. Mais, je suis obligé de m'adapter aux clients
et à mon environnement ». Mais, cette adaptation n'est
pas univoque : « si, dans l'ensemble, conclut-il, les goûts
n'ont pas véritablement changé, en même temps, le mode
alimentaire des personnes âgées a évolué ».