W. Procter et J. Gamble
(fabricant de bougies pour le 1er et savonnier pour le 2ème)
En 1837, William Procter et James Gamble créent
une Société qui représente aujourd'hui 300 marques
de produits grande consommation, un effectif mondial de 110 000 personnes
réparties dans 140 pays et un chiffre d'affaires de plus de 38,13
milliards de dollars. Ariel est l'un des produits phares de la Société,
né d'une découverte capitale : les enzymes.
L'eau, le savon et la lessive
L'eau représente dans l'histoire la première forme de nettoyage
connue. Si le savon est utilisé depuis l'Antiquité, l'apparition
des premières lessives est intervenue au début du vingtième
siècle. Il s'agissait d'augmenter l'efficacité du produit
de lavage mais aussi dans certains pays de faire face au problème
de pénurie de matières grasses végétales exotiques
utilisées pour la fabrication des savons. Ainsi apparue au début
du XXe siècle, la nécessité d'un produit de remplacement
pour le savon, élément de base des produits de lavage de l'époque.
Trois âges se sont succédés : celui du savon, celui
des poudres de savon puis celui des détergents synthétiques
en 1952. Ce marché a trouvé rapidement preneur. Dès
la fin des années 70, et en l'espace de 13 années, le marché
des détergents en France a sextuplé, en passant de 52 000
tonnes à 300 000 tonnes.
1837 marque l'association de William Procter et James
Gamble
Le savon est le premier métier du groupe, celui par lequel la société
va acquérir les bases de son savoir-faire industriel et de son expérience
commerciale. Tout commence à Cincinnati, aux Etats-Unis en 1837,
avec l'association de William Procter, l'anglais et James Gamble, l'irlandais,
mariés à deux surs, Olivia et Elizabeth. C'est ainsi
qu'ils créèrent sous le conseil de leur beau-père commun
la Société Procter et Gamble. En cette période de panique
financière aux Etats-Unis, ils se lancent dans la vente de savons
et de bougies, sous l'emblême "Moon and Stars" (Lune et Etoiles).
En 1859, La Compagnie emploie 80 personnes. La fabrication de bougies sera
abandonnée en 1920, avec l'apparition et la popularité croissante
de l'ampoule électrique.
William et James améliorent sans cesse la fabrication du savon, qui
repose encore sur une méthode qui consiste à faire bouillir
des débris de graisse avec des cendres de bois. Un accident de fabrication
marque une étape importante dans le développement de Procter
et Gamble. Par inadvertance, un ouvrier laisse bouillir trop longtemps le
mélange. Le savon qui sort de la cuve contient des bulles d'air,
ce qui lui donne le pouvoir de flotter. La société avec l'aide
de James Norris Gamble, fils de James et chimiste, perfectionne le procédé
et lance ce savon en 1879 sous le nom d'Ivory. C'est à Harley Procter,
le fils de William que revient l'appellation "ivory". La pureté du
savon l'aura sans doute inspirée, mais bien moins que la lecture
de la Bible un dimanche à l'Eglise : "out of ivory palaces". William
Alexandre Procter, l'arrière-petit-fils de William sera en 1890 le
premier Président de la Société, le deuxième
sera William Cooper Procter jusqu'en 1934. Il restera alors le dernier membre
des deux familles à avoir géré la Compagnie. Après
le lancement en 1926 de Camay, un savon rose moussant et parfumé,
Procter et Gamble mettra au point des détergents, des adoucissants
textiles, des nettoyants ménagers.
1921 : le premier savon en poudre pour machine
à laver chez Procter et Gamble
En 1921, Procter et Gamble lance Chispo, le premier savon en poudre conçu
spécialement pour le lavage en machine. Puis, en 1933, c'est Dreft,
le premier détergent synthétique doté d'une "molécule
miracle" qui apparaît sur le marché. Ainsi les dérivés
du pétrole se sont progressivement substitués aux corps gras,
base du savon, à partir des années 50. En 1931, un chercheur
de Procter et Gamble, alors en voyage d'étude en Allemagne, apprend
la découverte d'une molécule de synthèse qui facilite
la pénétration des teintures dans les fibres. On la destine
donc à l'industrie textile. Le centre de recherche de Procter et
Gamble analyse la molécule et acquiert les brevets, lui ouvrant la
voie de la fabrication d'un produit de lavage fondé sur ce principe.
Une association d'enzymes biologiques et de puissants
ingrédients détergents
Dès 1954, Procter et Gamble s'implante en France, 117 ans après
la création de la société. En effet, en août
1954, deux ingénieurs arrivent avec les plans de la chaîne
de production, à Marseille. En octobre, c'est le démarrage
de l'usine avec la production de la lessive "tide". En 1957, Procter et
Gamble France compte 356 employés. En 1958, lancement de Camay et
Bonux. Au début des années 60, Procter et Gamble représente
une quarantaine de produits grande consommation, un effectif mondial de
26 000 personnes réparties dans une dizaine de pays, un chiffre d'affaires
de plus de 1,5 milliard de dollars. En 10 ans, Procter et Gamble lancera
six produits, de Camay à Bonux en passant par Dash et Ariel.
1967 : naissance d'Ariel
En 1967, naît Ariel, la première lessive biologique aux enzymes
qui combattent spécifiquement les taches d'origine protéinique.
En effet, en 1966, le département recherche et développement
de Procter et Gamble France attire l'attention de la direction générale
sur la découverte d'une famille de substances chimiques, les enzymes.
Les enzymes sont des substances organiques, des protéines à
la base de presque toutes les réactions chimiques de l'organisme.
Elles interviennent en particulier dans les fonctions de la digestion et
de l'élimination des déchets. Elles peuvent littéralement
"digérer" les taches de fruit, sang ou uf. Il faut alors identifier
les enzymes qui résistent le mieux aux autres éléments
chimiques en présence, au repos et au moment du lavage. Après
7 mois de tests dans le département témoin des Seine-Maritime,
Ariel est lancé.
La machine à laver
Elle devient électrique au début du siècle et automatique
en 1937. En 1945, elle reste pourtant un luxe presque totalement inconnu
de la grande majorité des ménages français. Ce n'est
que vers les années 1950 qu'elle fait son apparition de façon
significative dans les foyers. Entre 1954 et 1964, le taux d'équipement
en machine à laver le linge passe de 8,4 % à 35,5 %. En 1994,
près de 85% des foyers possèdent une machine à laver.