
L'équipe de ''chez Tof''
L'art et l'amour de la convivialité : « Chez
Tof », à Paris
Lorsque le restaurant est aussi un lieu de vie et de fête
« Chez Tof », dans le XVIIème arrondissement.
Près de la rue de Lévis, célèbre pour avoir
abrité l'un des plus anciens
marchés parisiens, le quartier
Villiers est particulièrement agréable, vivant et animé.
A la fois populaire et bourgeois, il est tout en nuances et en diversité
: à l'image du restaurant de M. Morère, où une généreuse
cuisine du sud-ouest s'allie à un art de la fête et des contacts
humains.
M. Christophe Morère a appris le métier de
restaurateur « sur le tas« , par une longue et variée
expérience. Ancien fonctionnaire de police travaillant en particulier
pour les chemins de fer, spécialisé dans l'enseignement des
sports de combat, il vient à la restauration par le hasard d'une
rencontre, à la suite de laquelle il devient d'abord directeur de
nuit d'un restaurant parisien. Béarnais d'origine, M. Morère
cultivera toujours, dans tous les établissements où il a été
cuisinier ou gérant, ce qui reste « sa » cuisine,
malgré 27 années passées à Paris...
En mai 1998, il est séduit par le cachet de l'établissement
qui deviendra « ChezTof », bien sûr diminutif
de son prénom. Bien que le quartier soit plaisant et animé,
M. Morère nous confie que ce n'est pas ce qu'il a retenu en premier
lieu : « Le lieu n'est pas décisif dans la réussite
et l'esprit d'un restaurant ; ce qui compte est l'atmosphère particulière
de l'établissement en elle-même, et surtout le désir
de lui conférer une touche personnelle. « C'est ce que
j'aime le plus dans ce métier, et sans doute ce que je réussis
le mieux, puisque nombreux sont les clients qui m'ont suivi depuis mon restaurant
précédent, malgré la distance ! »
»Pour le gérant de « ChezTof », les
qualités de base du restaurateur résident dans l'accueil et
la capacité d'être à l'écoute du désir
des gens. Il faut savoir, précise-t-il aussi, « leur apporter
le maximum, en qualité de cuisine et en convivialité, avec
un minimum de prix : aujourd'hui, les clients ne peuvent pas dépenser
des fortunes, et en même temps ils aiment sortir de plus en plus souvent,
et pas seulement de façon exceptionnelle.
Mais en même temps, ce qu'ils recherchent au restaurant, ce n'est
pas seulement la cuisine : un accueil froid les décourage ! J'ai
constaté très vite que mes nombreux habitués viennent
parce qu'ils trouvent ici une facilité de relations, des échanges
inattendus, qui restent toujours bon-enfant, avec un certain côté
« franchouillard« que j'affectionne...
J'ai d'ailleurs installé une table d'hôtes, qui permet aux
clients de se rencontrer, de plaisanter et de bavarder facilement. On trouve
ici une clientèle assez jeune, mais aussi des grand-parents, parfois
octogénaires, amenés par leurs petits-enfants... Quant aux
catégories socio-professionnelles, elles sont vraiment variées
: des ouvriers en bleu de travail, des employés, des étudiants,
mais aussi des directeurs de grandes sociétés qui viennent
régulièrement et apprécient de se sentir chez eux,
ou encore, parfois, des artistes ou des sportifs célèbres... »
Le cadre de « ChezTof » annonce immédiatement
la couleur : à l'entrée, un comptoir chaleureux, une première
salle décorée d'affiches sportives, de carte du pays basque,
des photos des amis-clients, des drapeaux espagnols ou du sud-ouest : de
quoi réchauffer les clients les plus sombres ! Une seconde salle,
cave voûtée, abrite souvent les groupes, notamment les enterrements
plus que joyeux de vie de garçon ou de jeune fille... Mais la particularité
du restaurant ne consiste pas seulement dans une atmosphère très
chaleureuse et humaine ; elle réside aussi dans les petits prix pratiqués,
associés à des assiettes on ne peut plus généreuses.
« Ici, précise M. Morère, un client n'a jamais faim
après son repas. Je ne lésine jamais sur la quantité,
ni sur la fraîcheur des produits ; il faut biensûr accepter
alors une marge plus que raisonnable, et savoir choisir des produits à
la fois attractifs, frais et peu coûteux... ».
Dès le début, le gérant de « ChezTof »
a ciblé très précisément son créneau
: à midi, des salades géantes à 58F, qui ne laissent
personne sur sa faim, ou des formules à 50, 60, ou 75F. Mais M. Morère
précise que la clef de la réussite ne consiste pas à
offrir une cuisine à la fois bonne et peu chère : « les
petits restaurants où l'on mange bien et à des prix raisonnables
sont légion à Paris. En soi, cela ne constitue pas une originalité...
Si mon établissement est plein dès le premier jour de reprise,
après chaque fermeture de week-end ou de vacances, c'est parce que
chacun sait qu'il ne sera pas accueilli de façon anonyme, et qu'il
ne se sentira pas isolé. » La principale qualité
du restaurant est sa très bonne clientèle, qu'on peut qualifier
de « bon enfant« ... Il y a par exemple, beaucoup de
femmes qui viennent déjeuner ou dîner seules ici, parce qu'elles
savent qu'elles seront en bonne compagnie, sans être importunées...
Evidemment, c'est au patron et au personnel de savoir inspirer, maîtriser
et insuffler cette atmosphère : « Cela demande de l'expérience,
mais avant tout l'amour des relations humaines. Et je dois avouer que c'est
ce que je préfère dans ce métier : chaque fois qu'un
client pousse la porte, j'ai l'impression qu'un nouveau personnage entre
dans un théâtre, où tout est toujours singulier et nouveau. »
En ce qui concerne la cuisine, les principes de « ChezTof »
sont les mêmes : il faut d'abord que règne la confiance. Les
clients écoutent volontiers les conseils des serveurs ou du patron,
sans peur d'être déçus. M. Morère insiste sur
l'idée que le restaurateur doit savoir faire plaisir à sa
clientèle, et la respecter, tout en lui cuisinant ce qu'il aime :
en l'occurrence, une cuisine franchement orientée vers le sud-ouest.
Les plats les plus appréciés consistent bien sûr dans
le cassoulet (légérement tomaté, et servi dans une
grande jatte), le confit, le cou de canard farci ; mais les riches salades
« géantes« ont aussi leurs inconditionnels, en
particulier à midi. Il faut goûter à la « Béarnaise« (verdure,
tomates, lardons, chèvre chaud, pommes de terre sautées),
à la « Sud-ouest« (pour apprécier ses
gésiers confits), ou, entre autres encore, à la « saladeTof »,
pour déguster ses foies de volailles accompagnés de croûtons
aillés... Mais plus encore que ses plats savoureux et copieux, il
faut avant tout découvrir l'atmosphère unique et revigorante
de « ChezTof » !