
Françoise Picard
Café-snack "Les Beaux arts" à Montpellier
: sérénité et qualité au coeur de la cité.
Après 15 années passées à exercer
le métier de boucher-traiteur, Françoise et Robert Picard
décident de changer radicalement d'activité, de prendre un
virage décisif. C'est ainsi qu'ils se retrouvent au café-snack
"Les Beaux arts" à Montpellier, un site agréable à
deux pas du centre ville. Un nouveau métier qui a exigé un
temps d'adaptation, mais qui, à présent, est devenu satisfaisant.
Retour aux sources
Durant quinze ans, Françoise et Robert Picard ont exercé le
métier de boucher-traiteur à Mauguiau, près de
Montpellier.
Mais en 1999, ils décident de changer d'activité
: "nos
filles sont grandes, explique Françoise Picard, et nous
voulions prendre
un virage. Notre idée était de trouver
une affaire sans avoir
à faire à manger. Nous avons
cherché dans toute la région,
mais soit les repas étaient
indispensables, ou bien c'était
trop cher. Nous avons visité
"Les Beaux arts" et il nous
a plu. D'autant plus, poursuit-elle, que
c'est le quartier où
j'ai grandi et où mes parents avaient
eux-mêmes un bar.
C'est d'ailleurs dans cette ambiance que j'ai
été
élevé et que je retrouve à
présent. Néanmoins,
nous avons décidé
de continuer à vivre à Mauguiau
: nous y avons notre
maison avec des chevaux, la passion de mon mari, et maintenant
que
nous n'y travaillons plus nous l'apprécions d'autant
mieux".
L'emplacement lui-même est idéal : "nous
sommes sur une
petite place sans voiture, au calme, à proximité
du
centre de Montpellier sans les inconvénients, et de plusieurs écoles
connues comme celle des Beaux-arts".
Cependant, ce changement d'activité ne fut pas sans un temps d'adaptation
ni un surcroît d'activité : "le métier de boucher
est, dans l'ensemble, plus facile, avoue Françoise Picard.
En
revanche, celui de cafetier, surtout lorsqu'on commence est difficile
: pendant 2 mois environ, la mise en place et le service ont été
assez durs. Le métier de cafetier est un vrai métier
et il faut
être un professionnel". D'autant plus que Françoise
et Robert Picard ont été plus ou moins contraints de
poursuivre
l'activité de restauration des "Beaux arts" : "le
propriétaire précédent, précise Françoise
Picard, concentrait l'essentiel de son activité sur la restauration
au détriment de la limonade, de sorte qu'il fermait tous les
soirs
à 20h. Nous avons donc poursuivi cette activité
de restauration
avec le même cuisinier, mais nous avons repris
en main le bar. A présent,
bien que nous n'ayons pas la Licence
IV, nous avons des clients au comptoir
toute la journée et
jusqu'à 1h du matin et nous avons multiplié
par 3 la
limonade".
Une clientèle moins régulière et
plus difficile
Cette situation est cependant le résultat d'une volonté
: "je ne voulais pas de Licence IV, avoue Françoise Picard, car
je ne veux pas d'apéritif qui tourne à la beuverie. Financièrement,
ce n'est pas plus difficile, grâce à la restauration.
Nous
avons une clientèle relativement fidèle et régulière
composée de personnels administratifs, de professeurs, d'instituteurs
et d'étudiants, de sorte que nous faisons une moyenne de 50
couverts
par jour uniquement au déjeuner. Exceptionnellement,
nous organisons
une dégustation de coquillages tous les vendredis
soirs. Nous sommes
quatre à travailler, poursuit-elle : le
cuisinier, de 8h à 11h30
; mon mari qui s'occupe du service
de midi et qui revient le soir ; ma
fille Jennifer et moi". Ainsi,
au café-snack "Les Beaux-arts"
on aura le choix entre le plat
du jour à 40 F, par exemple une Macaronade
à la Napolitaine
; des salades variées (Camarguaise, Magret
séché,
Rustique, etc.) de 25 à 37 F ; des viandes garnies (Entrecôte
bordelaise, Faux filet sauce roquefort, etc.) de 30 à
55 F
; trois formules de 43 à 48 F et des glaces de 12 à 24 F.
Mais l'expérience de Françoise Picard lui permet également
de constater des évolutions dans le comportement des clients
: "la
clientèle est tout de même moins fidèle
qu'avant,
de sorte qu'on voit des clients pendant un an et, tout d'un
coup,
ils disparaissent pour réapparaître 6 mois plus
tard. En même
temps, poursuit-elle, la clientèle est
devenue plus difficile : elle
est plus exigeante et demande beaucoup.
Par exemple, il faut servir les clients
en 5 minutes : ils n'ont pas
le temps de finir leur verre qu'ils
en veulent tout de suite un autre.
Plus généralement, on peut
dire que les gens sont beaucoup
plus pressés qu'avant, et tout
découle de là".
Malgré tout, l'ensemble est
plutôt satisfaisant et il
est nécessaire de s'adapter à
ces nouveaux comportements
: "le principe, avoue Françoise Picard,
c'est de considérer
que le client est celui qui dirige et il est
satisfait à partir
du moment où c'est bon".
Un métier exigeant
C'est cette qualité qui différencie le café-snack
"Les Beaux arts" de la restauration rapide en général : "ici,
précise Françoise Picard, nous faisons une cuisine
familiale
et, par exemple, le steak haché est fait maison. A l'inverse,
la restauration rapide recherche la facilité. Les jeunes recommencent
à fréquenter les cafés traditionnels, car ils
aiment
bien manger. Pour ma part, je préfère le traditionnel
sandwich
jambon beurre à un quelconque hamburger".
Ce n'est donc pas véritablement la concurrence de la restauration
rapide qui explique la situation générale des cafés
:
"souvent, avoue Françoise Picard, la fermeture des cafés
est le résultat d'une confusion entre la recette et le bénéfice.
En outre, c'est un métier qui exige de nombreuses heures de
travail.
Je ne crois pas qu'un jeune qui débute ait assez de
volonté
pour travailler autant ni pour sacrifier sa vie de
famille : c'est un
choix difficile à faire. Pour notre part,
conclut-elle, pendant 15
ans nous n'avons pas pris de congés,
car nous ne voulions pas
perdre nos clients. A présent, nous
nous permettons de pendre une semaine.
Mais, l'essentiel de ce métier
est de n'avoir pas peur de travailler, de ne pas être fainéant"