L'hôtel Lesdiguières, bâtiment incontournable
du patrimoine grenoblois, a conservé sa façade.
C'est tout. L'intérieur n'est plus qu'un vaste chantier qui permettra
à l'établissement, une fois les travaux terminés, de
répondre à toutes les normes d'hygiène et de sécurité.
Au Clos d'or, autre site de l'école internationale hôtelière
de Grenoble, le menu est identique. Si bien qu'il ne reste plus en ce début
d'année scolaire que les bâtiments de l'avenue Beaumarchais,
construits beaucoup plus récemment, qui ne soient réellement
en fonction.
La fusion des trois établissements date de 1995 et
a donné un nouvel élan à l'école dauphinoise
: «Auparavant, les trois écoles étaient indépendantes,
voire concurrentes» explique Lucie Belchior, proviseur qui maîtrise
parfaitement l'évolution de ce contexte particulier puisqu'elle avait
été auparavant et durant quatre années, proviseur adjoint
au Clos d'or... Elle ne peut donc que se féliciter de ce regroupement
: «Nous avons effectivement ce privilège d'avoir une école
sur trois sites. Ca crée beaucoup de vie, beaucoup de richesse et
cela nous permet d'accueillir 800 élèves tout en gardant une
taille humaine». Surtout, cette multiplicité des locaux offre
un panel de formation complet, du C.A.P. à la licence : «En
fait, nous correspondons parfaitement au lycée des métiers
que Jean-Luc Mélenchon, notre secrétaire d'Etat, souhaite
mettre en place».
Un hôtel d'application
Parallèlement, les élèves bénéficient
d'un cadre parfaitement approprié à leur épanouissement.
L'internat par exemple, qui peut accueillir 236 personnes, est organisé
en petites chambres de quatre lits réparties dans six bâtiments
organisés autour d'une placette. Chaque élève peut
ainsi, en fonction de ses disponibilités, accéder directement
à sa chambre. L'école est également dotée d'un
amphithéâtre entièrement équipé en multimédia,
de différents restaurants et, chose plus rare, d'un hôtel d'application.
Les formations dispensées vont donc du CAP cuisine ou restaurant
à la licence commerce et vente, grâce aux relations tissées
avec l'université Pierre-Mendès-France, déclinée
en deux options : management des unités hôtelières et
direction d'unités de restauration. Entre les deux, le choix est
multiple. Les élèves peuvent ainsi suivre un B.E.P. hôtellerie-restauration
ou alimentation option pâtisserie, avant de s'engager dans la préparation
d'un bac professionnel (concernant la filière alimentation option
pâtisserie, la filière jusqu'au bac professionnel sera ouverte
à la rentrée prochaine).
Mais le BEP peut aussi déboucher
sur une première technologique d'adaptation qui ouvre ensuite les
portes sur le Bac technologique hôtellerie. Au niveau supérieur,
deux BTS sont également préparés dans cette école
internationale hôtelière de Grenoble : tourisme ou hôtellerie.
Tous les titulaires de diplômes peuvent alors suivre des mentions
complémentaires sur une année avec trois options différentes
: sommelier, traiteur ou accueil réception. Il existe enfin une formation
complémentaire d'initiative locale de maître fromager.
Un portefeuille de stages complet
Cette offre très étendue n'est pas le seul atout de l'établissement
isérois, dont le qualificatif d'international est loin d'être
un vain mot. L'ouverture au monde participe à la notoriété
de l'école. Grâce à un professeur de cuisine qui parle
le japonais, de jeunes Nippons venant de Nagano, Omiya, Nagoya, Mito ou
Hamamatsu, sont accueillis chaque année pour découvrir la
cuisine et la culture française. Mais les élèves profitent
également de cette notoriété en suivant des stages
à l'étranger, que ce soit en Grande-Bretagne, en Autriche,
en Espagne ou en Italie.
Seulement, l'international n'est pas tout et les responsables de l'école
souhaitent également que leurs élèves découvrent
l'ensemble de la chaîne hôtellerie-restauration : «Nous
offrons un portefeuille de stages complet, qui peut aller de la cafétéria
à l'hôtel 4 étoiles. Partout en fait où il y
a un vivier d'emplois. L'important est que nos élèves puissent
parfaitement se situer sur le marché du travail et donc orienter
leurs études en fonction de leur goût» souligne Jean-Claude
Godon. Le chef de travaux insiste également sur l'esprit d'ouverture
qui règne au sein de l'établissement. Ainsi, en partenariat
avec le GRETA Alpes-Dauphiné, des sessions de formation continue
sont également dispensées au grand public sur des thèmes
allant de l'nologie à la connaissance des produits.
Des concours heureux
Quant aux élèves, ils ont maintes occasions de quitter le
strict cadre de l'école. La semaine du goût en est une annuelle,
durant laquelle ils se déplacent dans les écoles primaires
de la ville de Grenoble afin de préparer des exercices avec les jeunes
enfants. Mais il en est une autre, plus originale, qui se déroule
au quotidien : chaque jour, sur les ondes de Radio France Isère,
une émission de 2 minutes est présentée par un étudiant
ou un professeur qui aide ainsi à la connaissance des champignons,
des vendanges ou des fruits et légumes de saison...
La qualité de la formation dispensée dans cette école
hôtelière internationale de Grenoble peut aussi se mesurer
à l'aune des concours culinaires auxquels participent les élèves.
L'an dernier par exemple, Eric Simonin s'est classé premier à
la bourse Evian-Badoit des jeunes créateurs d'entreprise, Cyriel
Zaetta a obtenu le deuxième prix au concours général
en bac technologique hôtellerie, Laurence Picoloto était 2ème
du concours de cuisine et des arts de la table de Monaco, tandis que, conjointement,
Sandrine Lopez et Valérie Four emportaient la palme à un concours
similaire en Italie....
Décidément cet établissement isérois, si parfaitement
enraciné dans le patrimoine grenoblois, n'a pas fini de faire parler
de lui.
Et la rénovation actuelle des sites Lesdiguières
et Clos d'or, destinée à lui donner le visage du modernisme,
l'ancrera solidement dans ce XXIème siècle naissant : riche
passé et avenir prometteur sont loin d'être antagonistes.
Yannick Rizzi étudiant en Sommellerie
De la pâtisserie à la sommellerie. Découvrant les métiers
de bouche en 3ème lors du stage obligatoire qu'il effectuait alors
dans une pâtisserie, Yannick Rizzi n'a depuis plus quitté cet
environnement, pas plus que l'école hôtelière internationale
de Grenoble. Conquis par ce qu'il avait touché du doigt, il entre alors
dans la filière bac technologique hôtellerie, avant de poursuivre
avec un B.T.S. : «Durant ces cinq années, on voit tous les secteurs
de la profession et grâce aux différents stages qui jalonnent
les études, on travaille aussi bien en brasserie qu'en hôtel
2 étoiles ou en restaurant gastronomique».
Alors, B.T.S. en poche, Yannick Rizzi a décidé de ne pas en
rester là. A 20 ans, il débute une mention complémentaire
en sommellerie : «C'est un énorme tremplin qui permet de trouver
du travail aussi bien comme sommelier que comme directeur de salle ou maître
d'hôtel». Et Yannick a fait son choix : «Je penche plutôt
pour être sommelier... au départ ! Mais je garde dans l'optique
de devenir directeur de salle afin que les cinq années d'études
qui ont précédé cette mention complémentaire ne
soient inutiles». Et pour se convaincre que le parcours est possible,
il louche vers un glorieux aîné : «Eric Beaumard, aujourd'hui
directeur de salle au Georges V après avoir été meilleur
sommelier de France est un bon exemple pour les élèves de cette
section».
Yannick Gelas étudiant en Bac pro cuisine
«Créer de belles assiettes et faire plaisir aux gens» :
le credo de Yannick Gelas est simple et a pris corps lorsqu'en classe de 3ème,
il a effectué un stage chez un traiteur. C'était décidé,
il entrerait dans la grande corporation des métiers de bouche. Après
avoir obtenu un B.E.P. hôtellerie, il prépare désormais
un bac professionnel : «Si au départ de mes études, la
formation était double, cuisine et service, je suis aujourd'hui spécialisé
en cuisine... ce qui ne veut pas dire que nous ne travaillons plus du tout
le service» !
Agé de 18 ans, il pourrait bien ne pas s'arrêter
une fois le bac en poche : «J'envisage de poursuivre une année,
avec une mention complémentaire traiteur». Surtout, le dernier
stage qu'il a effectué en Grande-Bretagne lui a ouvert de nouveaux
horizons. Le savoir-faire français en matière de cuisine n'étant
plus à démontrer, Yannick rêve d'une carrière professionnelle
hors de nos frontières : «C'est sûr que j'aimerais bien
travailler en voyageant ou voyager en travaillant. En plus les conditions
de travail que j'ai découvertes en Angleterre sont souvent meilleures».
Mais comme le jeune homme a la tête sur les épaules, il
n'envisage pas de partir sitôt ses diplômes obtenus : «je
dois d'abord prendre de l'expérience en France avant de pouvoir espérer
aller voir ailleurs».
Eric Simonin en Mention complémentaire traiteur
«C'est une vocation. Enfant, jamais je ne me suis posé la question
de ce que j'allais faire plus tard. Je le savais ! Et si ma grand-mère
a tenu un restaurant, ce n'est pas là que j'ai découvert le
métier puisque je n'étais pas né à cette époque».
Eric Simonin n'est pas un Grenoblois pure souche. Né à Montbéliard,
il a commencé ses études dans sa région d'origine : «J'ai
préparé mon bac professionnel hôtellerie à l'école
de Poligny dans le Jura où, alors que j'étais en 1ère,
j'ai préparé en candidat libre un B.E.P. hébergement.
Ce n'est que pour le B.T.S. art de la table et
du service que je suis
arrivé à l'école internationale hôtelière
de Grenoble parce que je trouvais intéressant de découvrir
de nouvelles méthodes de travail. Et puis, c'est une région
qui
me plait»...
A 20 ans, il est aujourd'hui en mention complémentaire traiteur. Logique
tant son projet professionnel est d'ores et déjà parfaitement
défini : «Durant ma 2ème année de BTS, j'ai participé
à la bourse Evian-Badoit des jeunes créateurs d'entreprise.
Et sur 40 candidats, je me suis classé 1er : c'est un concept de traiteur
à domicile aussi bien pour les particuliers que pour les entreprises».
Ce projet, baptisé «Les réceptions d'Eric», a donc
séduit le jury ce qui permettra à son promoteur de suivre l'an
prochain à Paris une F.C.I.L., formation complémentaire d'initiative
locale.