A l'orée des fêtes de fin d'année,
comment ne pas rendre hommage à ces professionnels qui illuminent
leurs vitrines de leurs trésors gourmands. Nous vous invitons à
la découverte de quatre professionnels qui ravissent leurs clients
à Antibes à Rennes, à Paris comme à Troyes.
Vivement les fêtes !
Pascal Caffet
A Troyes, Pascal Caffet, MOF et Champion du monde, s'appuie sur un laboratoire
ultra-moderne et une boutique aux nombreux espaces gourmands repensés
en fonction des attentes de la clientèle. Sa clientèle est
déjà toute acquise à ses créations, parmi lesquelles
une fabuleuse nouveauté à base de fèves de cacao torréfiées,
des amandes caramélisées sur une crème pâtissière
légère, des framboises légèrement parfumées
à l'alcool de framboise, une mousse chocolat et un biscuit aux amandes
de Provence.
Pascal Caffet ou la passion maîtrisée au
maximum
En 20 ans, le Palais du Chocolat est passé de 50 m2 à 230
m2 !
Meilleur Ouvrier de France 1989 et Champion du Monde 1995,
Pascal Caffet a propulsé le chocolat au firmament de la ville de
Troyes.
A l'âge de 10 ans, il passait aussi son samedi à
faire une quarantaine de tartes et pétrir croissants et brioches.
Mais surtout, il trempait le chocolat, près de l'enrobeuse où
son père, boulanger-pâtissier, apprenait les rudiments du chocolat
pour ouvrir en novembre 1979 ce qui allait devenir l'étonnant Palais
du Chocolat.
Une fois le C.A.P. de Boulanger en poche, Pascal Caffet continue alors par
le C.A.P. de Pâtissier. Il échoue de peu au titre de Meilleur
Apprenti de France en 1981, et finit l'année suivante troisième
à la première édition du concours de Meilleur Apprenti
d'Europe, mais l'envie d'aller plus loin est plus forte. Il s'exile alors
un an à Paris, à la maison Peltier où il travaille
le matin les biscuits aux côtés de Lucien Peltier, avant de
s'appliquer, l'après-midi, sur les décors des nouveaux entremets.
C'est le décès prématuré de son père
qui le ramène auprès de sa mère à la boutique
familiale où il va préparer le titre de Meilleur Ouvrier de
France qu'il décroche en 1989, puis remporter le titre de Champion
du Monde en 1995 avec Olivier Bajard, son ami de toujours, Meilleur Ouvrier
de France lui aussi.
Aujourd'hui, l'homme est un chef d'entreprise aguerri par les deux principales
étapes de la maison familiale.
La première, c'est en 1991, quand il décide de quitter le
magasin de 50 m2 pour aller...juste en face, mais dans 230 m2. Malgré
la guerre du Golfe, l'opération est réussie.
La seconde consiste en 1998 à déménager la production
du centre ville à la périphérie de Troyes pour gagner
en fonctionnalité grâce à une cellule de surgélation,
une chambre froide de 80 m3 qui équivaut à une quarantaine
de portes de Koma, sans oublier l'enrobeuse et le tunnel. Résultat,
les entremets semi-finis découpés sont juste à décorer.
Et la mise aux normes agro-alimentaires lui a permis de gagner une nouvelle
clientèle avec les restaurateurs. Une dizaine de personnes y travaillent
dans une agréable luminosité, sous la direction d'Alexandre
Gyé-Jacquot, MOF Chocolatier 1996: « Pourquoi ça
marche ? Je crois que Pascal Caffet a beau avoir les titres, il recherche
tous les jours la nouveauté, il suit l'évolution des parfums
et il ne s'endort pas sur ses lauriers. Prenez par exemple les pièces
montées de mariage, et bien la pièce est comprise dans le
prix. Au lieu de servir cinq choux par personne, on leur propose trois choux
et un petit gâteau, décor compris. Cela a déclenché
les ventes, d'autant que le décor n'est pas mangé le jour
du mariage mais le lendemain. Et grâce à une thermoformeuse,
on peut avoir tous les moules et réaliser une pièce de 100
personnes en deux heures de travail. ».
Un laboratoire qui optimise la production
S'appuyant sur ce laboratoire hyper-moderne, Pascal Caffet et sa femme Florence
ont donc repensé et réaménagé la boutique pour
optimiser les ventes au maximum. A gauche, en entrant, l'espace Chocolat.
On y trouve toutes sortes de bonbons chocolat, avec la spécialité
maison , « Les Cristallines de Troyes » (chocolat et
feuilletine) dont l'aspect volumineux déclenche l'achat cadeaux.
Juste en face, c'est l'Espace Pâtisserie où tous les entremets
sont déclinés en part individuelle, ce qui permet à
la clientèle de goûter le petit format avant de commander les
tailles plus conséquentes.
Les plus grands succès s'appellent « Wendy »
(Biscuit chocolat, mousse chocolat au lait, crème brûlée
vanille), « Royal » (biscuit chocolat, mousse chocolat,
biscuit croustillant) ou encore « l'Ecureuil » (biscuit
chocolat et macaron, mousse noisette et chocolat). On y trouve aussi des
assortiments tout prêts de petits fours sucrés ou salés
dont la jolie transparence des barquettes aiguisent les appétits
tout en permettant aux maîtresses de maison de les poser directement
sur la table. Un conditionnement astucieux qui a permis au rayon de multiplier
par deux son chiffre d'affaires.
Enfin, au fond, il y a l'Espace des
cadeaux et des Desserts Glacés, au nombre desquels trônent
le « Mont-Blanc » (crème glacée vanille,
nougat glacé chocolat, macaron amande), et, le « Terry »
(crème glacée chocolat, parfait noisette, macaron amande,
riz soufflé).
Pour lui, aucun doute, ce sont les campagnes de communication régulières
qui ont contribué au succès de l'entreprise : dépliant
maison qui présente tous les entremets et desserts glacés,
campagnes radio, publicité dans la presse quotidienne régionale
et désormais site internet www.pascal-caffet.com. Une communication
très importante, mais surtout une passion faite d'exigence, de rigueur
et de création permanente.
Ainsi, la carte des entremets s'enrichit pour les fêtes d'une création
conjuguant les coquilles meringue et la mousse chocolat : « C'est
très simple volontairement pour plaire aux enfants et aux clients
qui n'aiment pas forcément le biscuit ». Simple encore,
et aux accents de poire belle hélène, une réalisation
qui conjugue un fondant au chocolat et une compotée de poires revenues
au beurre, flambées à l'alcool de poires et gousse de vanille
Tahiti. Coup de cur enfin, avec des fèves de cacao torréfiées
et des amandes caramélisées sur une crème pâtissière
légère, des framboises légèrement parfumées
à l'alcool de framboise avec une mousse chocolat et un biscuit aux
amandes de Provence. Enfin, pour ses clients qui préfèrent
le goûteux rustique, Pascal Caffet revisite la tarte aux pommes avec
un fond de pâte sucrée et crème d'amande aux raisins
légèrement macérés dans un vieux rhum, le tout
recouvert d'une crème chiboust à la vanille et des pommes
caramélisées....tout un programme !
LE PALAIS DU CHOCOLAT
2, rue de la Monnaie - 10000 Troyes
Tél. : 03 25 80 38 38
Fax. : 03 25 80 43 38
Christian
Cottard
Deux fois finaliste du prestigieux titre de Meilleur Ouvrier de France,
Christian Cottard fait partie de ces professionnels qui ont l'irrésistible
besoin de créer et de recréer sans cesse du beau et du bon,
du savoureux et de l'onctueux en associant saveurs et textures différentes
à l'image de sa bûche vedette des fêtes, la Satin Suprême
: un parfait chocolat blanc avec un intérieur biscuit pain de gênes
aux suprêmes d'agrumes oranges et pamplemousses macérés
au cointreau.
Christian Cottard ou le (re)créateur de l'onctuosité
gourmande
Deux fois finaliste du prestigieux titre de Meilleur Ouvrier de France,
Champion de France des Desserts, et, pâtissier à Antibes, Christian
Cottard fait partie de ceux qui ont l'irrésistible besoin de créer
et recréer sans cesse du beau, du bon, du savoureux et de l'onctueux.
C'est simple, chez les Cottard, on est pâtissier de père en
fils. Son apprentissage, il l'a fait à la pâtisserie familiale
Bosio de Menton. Les deux premières années seront les plus
difficiles, passage obligé à faire et refaire les gammes d'un
art qui ne pardonne pas l'à peu près.
En 1980, il monte parfaire sa formation à la légendaire pâtisserie
Hellgouarch. Il y apprend la pâtisserie parisienne, faite de force
et de vérité. Il y pratique un travail soigné dans
une constante pression où les seules règles sont l'ordre,
la rigueur et l'exigence. Curieux de connaître toutes les facettes
du métier, il passe aussi chez Flo pour apprendre les gros volumes,
les objectifs à tenir et la rentabilité à surveiller
de près. Il en gardera une vision rentable et productive.
Puis, après un bref séjour californien, il revient à
la pâtisserie familiale de Menton. Il y reste cinq ans avant de se
décider à voler de ses propres ailes avec femme et enfant.
La seconde partie de sa vie professionnelle le conduit alors au célèbre
restaurant l'Oasis de La Napoule, puis au Château d'Esclimont où
il rationnalise la pâtisserie en hôtellerie restauration de
luxe aux côtés de monsieur Traversac. C'est là qu'Alain
Ducasse le sollicite pour rejoindre le Louis XV de Monte Carlo. Pendant
deux ans, il est chef pâtissier du restaurant gastronomique et de
l'hôtel. Il y apprend le management, à la tête d'une
brigade de 14 personnes. Deux années difficiles et superbes à
la fois, pendant lesquelles il se présente au titre de Meilleur Ouvrier
de France pour la seconde fois. Il décrochera les félicitations
du jury, mais un peu trop en avance sur son temps, -nous sommes en 1989-,
on lui reprochera sa composition à base de ganache au fruit... une
évidence aujourd'hui ! Ce qui ne l'empêchera pas de décrocher
la même année le titre de Champion de France du Dessert et
celui de lauréat national du Grand Prix Canderel.
« On n'est créateur de rien dans l'absolu
car tout a été fait »
Le 1er décembre 1989, c'est décidé, il décide
de mettre à profit tout son savoir en s'installant avec Marie-Josée,
sa femme, rue de la République, au cur du vieil Antibes. Aujourd'hui,
ils sont 4 en production et 2 à la vente, et les gourmets de la Côte
d'Azur ne savent plus où donner des papilles. Dès que l'on
y pénètre, on salive devant le choix des vingt-cinq gâteaux
toujours renouvelés en fonction des saisons, des mignardises que
l'on a de suite envie de goûter, des petits fours apéritifs
irrésistibles, des chocolats qui sont autant d'invitations gourmandes,
sans compter la quinzaine de glaces et sorbets et les viennoiseries toutes
plus moelleuses les uns que les autres. Oh, l'homme reste modeste, du genre
à vous glisser dans un sourire « On n'est créateur
de rien dans l'absolu car tout a été fait ». Et
le professionnel n'écoute... que ses clients : « Ils viennent
d'abord pour les classiques que j'essaye de bien faire en soignant la présentation,
la décoration, le volume et l'équilibre des saveurs en tenant
compte de l'évolution de leurs goûts. »
Douze ans après, il constate que le consommateur a zappé le
biscuit joconde avec papillons et golfeurs, au profit de produits identifiables
à l'il. Outre les classiques de tradition (religieuse chocolat,
mille-feuille caramélisé...), Christian Cottard s'attache
donc à rendre ses créations immédiatement « parlantes »
à ses clients : « Le chocolat doit avoir la couleur du
chocolat. On vend mieux un gâteau avec du cacao sur le dessus. Et
quand, l'été dernier, j'ai voulu conjuguer le cassis et la
poire pochée dans un jus de cassis, je me suis arrangé pour
que les deux saveurs sautent aux yeux dans la décoration. »
Ce qui explique aussi le succès incroyable du « Négus »
(succès aux amandes, praliné feuilleté et parfait au
chocolat Manjari, équilibré et tendre), de la « Tarte
au citron du pays » (avec agrumes de Menton et meringue qui fait
penser à un uf à la coque), ou encore du « Tutti
Frutti » avec ses multiples fruits sur le dessus.
Pour ces fêtes de fin d'année, il présente près
de 18 sortes de bûches qui allient tradition et innovation, et qui
reprennent surtout tous ses produits phares. Il pressent déjà
le succès de la poire/caramel, de la Douce à la mousse chocolat
gianduja fruitée aux amandes, et, de la Cévennes, une bûche
aux marrons avec des marrons glacés à l'intérieur et
un parfait au vieux rhum. Enfin, il compte beaucoup sur sa nouveauté
2001, la Satin Suprême : un parfait chocolat blanc et cointreau avec
un intérieur de biscuit pain de gênes aux suprêmes d'agrumes
oranges et pamplemousses macérés au cointreau. Une fois encore,
le fondateur de l'association des Pâtissiers de restaurant de la Côte
d'Azur ose des associations de saveurs et des textures différentes
pour faire de sa création une valeur sûre.
PATISSERIE COTTARD
49, rue de la République
06600 Antibes
Tél. : 04 93 34 09 92
Nicolas
Boussin
Enfin, à Paris, Nicolas Boussin (MOF 2000) lance une nouvelle création
diablement gourmande pour les 8.000 clients quotidiens de la Grande Epicerie
(Le Bon Marché). Né de la complicité avec une designer,
il propose « le gâteau » : un cube de 24 couches
de plaisir et de 11 cm de côté, qui est composé d'un
biscuit pistache associé à de la feuilletine et du praliné,
une mousse chocolat noir, une chantilly au gianduja et une compotée
de framboise au vinaigre balsamique. Une merveille d'équilibre placée
dans une vitrine transparente et sous une coque amovible en chocolat noir
sur laquelle « le gâteau » est gravé en
sept langues...
Nicolas Boussin invente « le gâteau »
Créativité, respect du produit, rigueur et maîtrise
font partie des atouts de Nicolas Boussin, Meilleur Ouvrier de France 2000.
Mieux, le chef pâtissier de la Grande Epicerie de Paris (Le Bon Marché)
lance une nouvelle création gourmande diablement originale qu'il
appelle tout simplement « le gâteau ».
Très
porté sur la marge, le coût matière et le chiffre d'affaires
-fonction oblige-, Nicolas Boussin cherche en permanence la méthode
la plus rapide pour améliorer la qualité du produit. Cette
mission, il l'a acceptée voici quatre ans en devenant Chef pâtissier
de la Grande Epicerie de Paris, du magasin Le Bon Marché (groupe
LVMH) qui accueille près de 8.000 clients chaque jour rue de Sèvres
(Paris VIIème).
Le rayon pâtisserie comprend des viennoiseries et fours frais, des
entremets et toute une gamme de macarons, le produit-vedette. Il y a bien
sûr les grands classiques : café, chocolat, vanille, framboise,
noisette et pistache. Mais surtout quelques bijoux sucrés à
base de senteurs, d'herbes ou infusions (mais pas d'arômes) qui sont
proposées dans un coffret Spéciale Fêtes : lavande-abricot,
girofle-griottes, menthe-framboise, bergamote-orange, chicorée-confiture
de lait, verveine-citron.
Du côté des best-sellers encore, un entremets aux fruits exotiques
et cointreau, et, une merveille lait d'amande avec crème brûlée
à l'amande douce et compotée de pruneaux. Il a aussi remis
au goût du jour un tiramisu à la décoration moderne
et revisité un entremets chocolat avec une mousse noisettes gianduja,
une mousse chocolat et un biscuit sacher.
C'est à l'âge de 16 ans qu'il quitte une Seconde E pour embrasser
la pâtisserie de boutique à Chantilly. Passionné, il
décroche son CAP en un an, file à l'INFATH apprendre la cuisine
aux côtés de Jean-Marc Delacourt, un MOF Cuisinier, avant de
rejoindre les cuisines du restaurant « Ledoyen » à
Paris, sous la direction de Francis Trocellier (MOF).
Après son service national, on le retrouve au restaurant « Toit
de Passy » (1 étoile michelin) où il commence à
révéler son potentiel. Il rejoint ensuite les Entremets de
France où il apprend, émerveillé, à regarder
travailler Serge Breda (MOF), avant de tirer le sucre à son tour.
Fort de cette expérience, il passe ensuite près d'un an à
la pâtisserie Hellgouarch comme responsable four, glaces et tour,
avant de prendre en charge la conception des montages artistiques et sujets
spéciaux de la pâtisserie Wittamer à Bruxelles : « Cela
a été un rêve pendant un an et demi. Tirer du sucre
toute la journée et faire des décors, vous imaginez ! »
Il apprend aussi la culture plus germanique de la pâtisserie entre
les massepains et autres masses un peu plus sucrées : « Regarder
une pâtisserie différente sans se prendre pour le nombril du
monde, cela m'a donné une ouverture d'esprit incroyable »,
souligne ce professionnel qui s'était donné jusqu'à
l'âge de 25 ans pour finir ce qu'il appelle « ses études
pâtissières ».
Le 18 mars 1991, à 25 ans, il met alors tout son talent au service
de Potel & Chabot à New York. Malgré les difficultés
liées à la langue anglaise et à l'approvisionnement
en matières premières, il crée le laboratoire de pâtisserie,
élabore une gamme de pâtisserie pour le secteur traiteur et
deux magasins français de luxe, tout en formant une équipe
de pâtissiers.
Un an après, un nouveau challenge l'attend.
Jean-Marc Delacourt qui vient d'obtenir le titre de MOF cherche un chef-pâtissier
pour le Domaine de Divonne les Bains, un hôtel 4 étoiles avec
casino, golf et quatre restaurants (gastronomique, casino, golf et brasserie).
Nicolas Boussin se retrouve alors à la tête d'une équipe
d'une dizaine de pâtissiers. Il gère les stocks et le coût
matière, met en place le nouveau matériel, crée un
fichier informatique de recettes, sans compter les cartes de desserts adaptées
à chaque restaurant et les pièces artistiques en sucre pour
les manifestations qui ne manquent pas dans le premier casino de France.
Au passage, il remporte aussi le Championnat de France des Desserts en 1994.
Six ans plus tard, en mars 1998, il accepte alors de relever le défi
de La Grande Epicerie de Paris en prenant le poste de Chef Pâtissier.
Deux ans après, il obtient le titre de Meilleur Ouvrier de France
Pâtissier en 2.000. Créativité, innovation, respect
du produit, rigueur et maîtrise de l'animation et de la formation
d'une équipe font partie des atouts de ce professionnel qui rationalise
sa production au maximum, se posant chaque fois la sempternelle question
: quelle est la méthode la plus rapide pour améliorer la qualité
du produit ?
« le gâteau », est un cube de 24 couches de plaisir
et 11 cm de côté composé d'un biscuit pistache associé
à de la feuilletine et du praliné, une mousse au chocolat
noir, de la chantilly au gianduja et une compotée de framboise au
vinaigre balsamique.
Le mot d'ordre de son équipe est « fraîcheur optimum ».
Et, pour relever ce défi permanent, ce jeune chef a obtenu les moyens
de ses ambitions : une centaine de plaques de cuisson, deux fours rotatifs
de 40 plaques, un four de 3 étages, une dizaine de plaques Ponton
Lemeunier, un autre de dix plaques à air pulsé, ainsi qu'une
dresseuse pour une production de 600 kg hebdomadaires de macarons, sans
oublier un pistolet à compression pour dorer les croissants. « C'est
bien simple, mes pâtissiers ne font que de la pâtisserie. Pour
les boulots répétitifs je préfère prendre des
manutentionnaires. Rigueur et régularité sont les maîtres
mots de la maison. Ainsi, on progresse tous ensemble et tous les jours.
C'est ce que je dis aux apprentis. Nous avons un superbe métier mais
il faut être passionné. Ce métier est tellement dur
que l'on s'use vite si l'on ne place pas la passion au-dessus de tout. Vous
savez, quand on a des chiffres à tenir, on ne joue pas à l'artiste
! » Quoique. En effet, pour ces fêtes de fin d'année,
Nicolas Boussin lance « le gâteau », un cube de
24 couches de plaisir composé d'un biscuit pistache associé
à de la feuilletine et du praliné, une mousse au chocolat
noir, de la chantilly au gianduja et une compotée de framboise au
vinaigre balsamique. Un petit bijou de 11 cm de côté, né
de sa complicité avec la designer Géraldine Lorand, placé
dans une vitrine transparente et sous une coque amovible en chocolat noir
gravée « le gâteau » en 7 langues !
LA GRANDE EPICERIE DE PARIS
38, rue de Sèvres - 75007 Paris
Tél. : 01 44 39 81 00
Fax : 01 44 39 82 69
Laurent
Le Daniel
A Rennes, Laurent Le Daniel (MOF 1997) s'est lancé dans l'aventure
de la pâtisserie de boutique après des années d'enseignement.
En face de l'Hôtel de Ville, sa boutique de 30 m2 ne désemplit
pas grâce à des spécialités fruitées et
chocolatées. Après avoir lancé une originale tarte
aux agrumes de forme carrée et un gâteau-coeur qui conjuguait
champagne, abricot et pistache, il place ses fêtes sous le signe du
chocolat en associant chocolat, caramel et beurre demi-sel.
Laurent Le Daniel ou la passion reine
Formateur pendant quatre ans, Laurent Le Daniel a relevé le défi
de la pâtisserie de boutique. Passionné depuis l'enfance, ce
Meilleur Ouvrier de France rend les rennais encore plus gourmands.
Ses yeux s'éclairent quand il évoque le premier Noël
de sa boutique rennaise, créée voici deux ans : « Il
y avait cinquante personnes en permanence dans le magasin toute la journée
et les gens attendaient patiemment jusqu'à trois quart d'heure. Ce
jour-là, le travail de toute une année a été
récompensé ». Ce jour-là, non seulement le
pâtissier voyait récompenser son talent, mais le chef d'entreprise
savourait son entêtement. Si la région rennaise n'a pas une
vocation aussi gastronomique que le Rhône-Alpes par exemple, les clients
lui donnaient raison. Raison contre le refus de quatre banques qui avaient
bloqué son dossier épais comme un mille-feuille malgré
son titre de Meilleur Ouvrier de France, obtenu en 1997, et aboutissement
d'une passion inflexible pour la pâtisserie. Cette passion lui tient
cheville au corps depuis l'enfance où il squattait la cuisine familiale
jusqu'à point d'heure. Elle rebondit ensuite au fil de rencontres
professionnelles, dès les années d'apprentissage où
il travaille chez un maître d'apprentissage qui lui apprend les structures
du métier sans brûler les étapes, geste après
geste. Son parcours le conduit ensuite dans les maisons Cartron à
Vannes, Peltier à Paris et à l'hôtel Nikko où
il obtient ses premières responsabilités. A Chambéry,
aux côtés de Michel Laborier, il est ensuite à l'école
de la rationalisation. En Savoie, il apprend à manager avec Patrick
Chevallot (MOF). Puis, il choisira de transmettre sa passion par le biais
de la formation en école et en entreprise, avec l'Ecole Nationale
Supérieure de la Pâtisserie d'Yssingeaux (Haute-Loire). Après
quatre ans d'enseignement, ce breton d'origine opte alors pour l'aventure
en boutique en s'associant avec Agnès, sa soeur, titulaire d'un DESS
en Administration des entreprises.
Aujourd'hui, dans sa boutique de 30 m2 au sol de mosaïque classé
et aux meubles apaisants en poirier, ce jeune chef d'entreprise de 32 ans
colle au plus près des attentes de sa clientèle : « Il
faut souvent remplacer les gâteaux originaux par d'autres tout aussi
originaux qui se conservent bien. Il est capital d'avoir une spécialité
qui ancre une clientèle. Enfin, il est nécessaire de garder
les classiques car il y a toujours une demande. »
La vitrine est à l'image de cette stratégie commerciale. Elle
présente un éventail équilibré entre gâteaux
chocolatés et fruités. On y trouve une quinzaine d'entremets,
une trentaine de petits gâteaux et des tartelettes parmi lesquelles
une adorable tatin et une étonnante Tarte aux agrumes et pistache
de forme carrée qui allie le pamplemousse rosé sucré
et le pamplemousse rouge plus acidulé. On trouve aussi le Parlementin,
cette nouvelle spécialité rennaise, initiée par le
syndicat des pâtissiers, qui consiste en un biscuit moelleux avec
une compote de pommes à base de cidre et une nougatine aux amandes.
Au palmarès des ventes, la première place va sans conteste
au « Boréal » (crème brûlée,
mousse chocolat noir, biscuit macaron), puis au Mille-Feuille caramélisé.
Le rayon chocolat propose des tablettes maison et une vingtaine de sortes
de bonbons de chocolats dont le « Vertige » (caramel,
beurre demi-sel) qu'il avait conçu pour sa finale de Meilleur Ouvrier
de France en 1997. Enfin, il profite des fêtes traditionnelles pour
créer des gâteaux d'un jour. Son gâteau de l'an 2000
conjuguait champagne, abricot et pistache. A la St Valentin, il proposait
un gâteau-coeur crème vanille, fruits rouges et biscuit croquant.
Et, pour ces fêtes de fin d'année il va décliner le
caramel, le beurre demi-sel et le chocolat, en recouvrant le tout de chocolat
blanc.
Face à l'Hôtel de Ville de Rennes et déjà fournisseur
des cocktails du conseil général, Laurent Le Daniel prend
à bras le corps son récent statut de chef d'entreprise, et
constate, dans un sourire, que « la passion finit toujours par
payer. »
PATISSERIE LE DANIEL
Place de la Mairie - 13, galerie du Théâtre
35000 Rennes
Tél. : 02 99 79 33 81