
Martine et Didier Germain
Germain Traiteur à Montpellier : La qualité
artisanale.
Après plusieurs années passées à
l'étranger, Martine et Didier Germain décident de venir s'installer
à Montpellier
et de créer une société
de traiteur-organisateur de réceptions.
Au début, il
s'agit de restauration à domicile, mais très vite Germain
Traiteur se développe, prend une ampleur considérable et doit
s'agrandir. Aujourd'hui, Germain Traiteur organise des réceptions
de 2000 personnes, mais tient à préserver l'esprit artisanal
qui a présidé à sa création.
Un développement rapide
Jusqu'en 1986, Martine et Didier Germain résidaient et travaillaient
à l'étranger
où Didier Germain était déjà
dans la restauration,
tandis que Martine Germain exerçait un
tout autre métier. C'est
donc à cette date qu'ils viennent
s'installer dans la région
de Montpellier, à Argelliers
précisément : "au départ, avoue Martine Germain, nous
faisions de la restauration à domicile
pour des petits groupes,
le plus souvent pour des professeurs de médecine
ou des avocats.
Notre but était, et est toujours, de cuisiner pour
les particuliers
en leur assurant le même service qu'au restaurant.
Nous avions
alors de petits locaux et parfois nous préparions les repas dans
notre propre cuisine. Cette situation, poursuit-elle, a duré environ
deux années. Très rapidement, en effet, nos clients
nous ont
contacté pour des mariages ou des communions, pour
finalement organiser
des congrès quatre ans après. Il
nous a donc fallu entreprendre
la construction d'une première
cuisine à Argelliers. Mais
notre accroissement s'est fait uniquement
par le bouche à oreille,
car nous n'avons jamais fait aucune
publicité".
En 1995, à la fois par la nécessité de trouver des
locaux
plus adéquats à l'ampleur de leur activité
et pour
se rapprocher de leur clientèle, Martine et Didier
Germain s'installent
à Montpellier même, dans la zone
du Parc Euromédecine.
La structure s'agrandit donc considérablement
: un laboratoire
de 280 m2 qui comprend deux cuisines où travaillent
les deux Chefs,
Didier Germain et Frédéric Husser, collaborateur
de la première
heure ; 14 employés à plein temps
en cuisine et 35 serveurs
en extra dont la plupart est employée
depuis une dizaine d'années
; une salle de réception
sur place ; quatre camions frigorifiques et
tout le matériel
nécessaire à l'organisation de
réceptions de
2 000 personnes. C'est ainsi que Germain Traiteur
est contacté
pour l'inauguration du Corum, le Palais des Congrès
de Montpellier,
qui, aujourd'hui, représente environ 60 % de l'activité,
et de l'Opéra Berlioz sous la présidence de François
Mitterand ; pour les 100 ans du Crédit Agricole ; pour les
Journées
Parlementaires sous la présidence de Lionel
Jospin, etc. "Notre activité est telle, précise Martine Germain,
que nous sommes
très vite complets pour l'année suivante,
aussi bien pour
les congrès que pour les banquets. Mais, poursuit-elle,
nous ne cherchons
pas à récupérer la clientèle
potentielle du marché,
car nous ne faisons toujours aucune
publicité : ce sont les clients
qui nous contactent, le plus
souvent dès la fin de la réception
que nous avons organisé".
Un esprit artisanal
Malgré cet essor relativement rapide, Martine et Didier Germain ont
tenu a préserver
l'esprit qui a présidé à
leur entreprise : "nous
faisons du haut de gamme, explique Martine
Germain, ce qui signifie que quand
un client prend contact avec nous,
il désire un peu plus que la prestation
normale. De notre côté,
nous n'utilisons que des produits
frais et quels que soient les budgets
de nos clients, l'esprit est le
même : nous tenons à
préserver un aspect artisanal. Ainsi,
poursuit-elle, nous sommes
très proches des clients : ils viennent
et, en fonction de
leurs désirs, je leur fais des propositions. Ensuite,
ils voient
mon mari qui leur explique ce qu'il peut faire ou ne pas faire.
Mais,
toujours, nous faisons en sorte que la clientèle ait l'impression
d'être au restaurant, quel que soit le nombre de personnes.
C'est
la raison pour laquelle nous refusons de faire du réchauffé
: les cuissons sont faites sur place et les assiettes sont servies
en cuisine
de manière à présenter un service
de restauration".
Mais Germain Traiteur a également su prendre en compte les modifications
du comportement alimentaire de la clientèle : "Il y a eu deux
évolutions notables, explique Martine Germain. D'abord, et
en
raison des différents problèmes alimentaires dont
on a pu entendre
parler, les clients sont devenus de plus en plus
exigeants quant à
la qualité, de sorte, par exemple,
que nous ne cuisinons presque plus
le boeuf : il a été
remplacé par le poisson. Ensuite,
les gens passent de moins
en moins de temps à table et ne veulent plus
de plats trop
lourds. Les repas à trois plats se font plus rares et,
qu'il
s'agisse de congrès ou de banquets, nous proposons
de plus
en plus de gros cocktails avec un plat à table. D'ailleurs,
les cocktails ne sont plus ce qu'ils étaient : ils sont devenus
plus raffinés et plus variés". Germain Traiteur propose
donc une très grande variété de cocktails, dont le
cocktail
dînatoire aux "Saveurs Régionales" avec une
animation
spécifique à chaque stand régional.
On peut y goûter,
entre autres choses, des coquillages de Bouzigues,
un Gaspacho glacé
de tomates rehaussé d'une crème
mousseuse, des Lasagnes
vertes aux aubergines confites, de Petits
encornets farcis aux saveurs de
menthe fraîche, fromages et
desserts pour 180 F H.T./personne. Le "Buffet
Méridional" comprend,
quant à lui, des Plateaux de coquillages
de l'Etang de Thau,
une Terrine de rascasse et poivrons doux grillés,
Taboulés
de rougets de Méditerranée, des magrets de canard
dorés
au miel des Garrigues, fromages et desserts pour 280 F H.T./personne.
En ce qui concerne les mariages, on pourra choisir entre un "menu gastronomique"
avec, par exemple, une salade tiède de homard sur un millefeuille
de choux verts et petits légumes croquants, un Gigot de baudroie
au lard
et à l'ail rose, un pigeonneau (désossé)
rôti
au beurre miellé, fromages et desserts pour 300
F H.T./personne ; un
"menu provençal" avec une Pressée
de foie gras de
canard aux petits artichauts violets, un Portefeuille
de loup piqué
à l'ail doux, un Râble de lapereau
au serpolet, fromages
et desserts pour 350 F H.T./personne.
Une profession qui n'existe pas.
Si Martine et Didier Germain rencontrent des difficultés assez communes
à la profession,
comme une clientèle de plus en plus
exigeante et des budgets à
la fois plus restreints et très
disparates entre la province et Paris,
le principal problème
réside dans le statut même de la
profession : "longtemps,
avoue Martine Germain, nous avons été considérés
comme un pis aller et comme des faiseurs de tambouille.
Nous avons
dû faire de gros efforts pour modifier cette image et, dans
une certaine mesure, nous avons réussi. Mais, notre profession n'est
pas reconnue en tant que telle : nous sommes affiliés à
la restauration
rapide, alors que nous voudrions avoir un statut à
part entière
de traiteur-organisateur de réception.
Autrement dit, notre profession
n'existe pas". A cette situation problématique
est liée
une certaine manière de concevoir et d'exercer
ce métier
: "souvent, conclut Martine Germain, les jeunes sont
attirés par
cette profession en raison des gros budgets alléchants.
Mais c'est
un métier où l'on ne peut improviser, il
faut avoir une
planification très précise et une gestion
très rigoureuse.
Les gens qui débutent sont souvent
très pressés, alors
que l'essentiel de notre métier
est la patience".