Ils sont fous ces Lorrains ! Vouloir ouvrir une crêperie
à Mondelange, sur l'axe Metz-Thionville, dans une petite rue d'une
bourgade de 6.000 habitants ressemblait à une gageure et Eric Elandaloussie
ne s'en cache pas : « Mon beau-frère était crêpier
depuis de nombreuses années et il avait envie de changer de lieu
de travail. Alors l'idée germait depuis longtemps, mais on craignait
qu'à Mondelange, ce soit un peu osé. Plus on y pensait, plus
on s'y préparait et plus on se disait qu'on était fous »
! Seulement la fortune sourit aux audacieux : « Sans le savoir,
et malgré la situation de notre crêperie, on a tapé
dans le mille. Ça a marché tout de suite et même si
la commune n'est pas trop passagère, on reçoit environ 1.500
personnes par mois ». La proximité d'un axe routier important
est bien sûr un avantage certain, mais moins que les thermes d'Amnéville,
une station de cures toute proche.
Le concept n'était pas de recopier à l'identique
la carte des établissements spécialisés bretons : « Le
but était de fusionner deux terroirs dans les assiettes. D'une part
donc la Bretagne ; d'autre part, notre région avec ses propres spécialités
: pommes de terre, jambon et saucisses fumées, munster ».
Mais ces galettes lorraines n'en ont pas moins reçu des noms de baptême
qui sentent bon les embruns, la marée et la pêche à
pied : de la Pierre noire à la Jument en passant entre autres par
l'Eckmül, elles portent toutes des appellations de noms de balises
ou de phares bretons
comme l'enseigne de la crêperie d'Eric Elandaloussie.
« Le phare breton « : ce n'est pas le simple plaisir
du jeu de mots qui a incité le propriétaire à baptiser
ainsi son établissement. Au contraire, à partir de ce nom,
il a voulu aller jusqu'au bout dans la décoration de la crêperie,
où le bleu et le blanc sont les deux couleurs dominantes. Dans la
salle de restaurant, des cabines de plage font face à une barque
tandis que des filets de pêche se disputent les murs avec des hublots
: « On pousse la déclinaison du thème jusqu'aux
petits détails. Ainsi, les salières et les poivrières
sont des reproductions de phares ; les sets de table sont des rappels au
monde marin et même dans les toilettes, les battants de WC comme les
dévidoirs de papier toilette sont décorés de phares.
L'important est de laisser penser aux consommateurs qu'ils sont réellement
dans un phare breton »
L'euro, monnaie
phare
« Fin 2000, j'ai compris que le passage à l'euro était
inéluctable »
Alors plutôt que de se laisser
porter par les événements, comme une frêle esquisse
sur les vagues, Eric Elandaloussie a choisi de prendre les choses en mains
: « L'une de mes craintes est qu'il y ait une accalmie de l'activité
commerciale lors du passage officiel à l'euro, puisque l'on parle
d'une baisse de 30 %. J'ai donc anticipé pour rassurer ma clientèle,
lui dire qu'au Phare breton, on parle euro depuis un an et qu'il n'y aura
donc pas de risque de rendu de monnaie, pas de risque d'augmentation de
tarif puisque la carte est déjà établie en euros ».
Si Eric Elandaloussie a donc établi une nouvelle carte, avec prédominance
à la nouvelle monnaie européenne depuis le début de
l'année, il ne s'est pas arrêté en si bon chemin : « Dans
un premier temps, les clients ont été surpris. Je me suis
donc dit que ce n'était pas suffisant : il ne fallait pas seulement
mettre les tarifs en euro, mais bien assurer un accompagnement pédagogique ».
Avec l'autorisation de la Banque de France, il a donc disposé sur
chaque table des enveloppes avec de fausses coupures en euro représentant
les 7 modèles de billets et les 8 modèles de pièces
: « Et l'on a assuré de véritables cours auprès
de nos clients, pas trop longs bien sûr ! On demandait l'autorisation
aux consommateurs et ça a été très, très
bien perçu ».
Si bien même que depuis la rentrée de septembre, Eric Elandaloussie
se félicite de percevoir 98 % de ses paiements en carte bancaire
en euros. Une réussite telle qu'il est étonné que d'autres
commerçants n'aient pas suivi son exemple : « Je suis consterné
que d'autres restaurateurs n'aient pas eu la même démarche.
On commence à s'inquiéter trop tard » !
Le Phare breton
68, rue de la Gare
57300 Mondelange
Tél. : 03 87 71 48 61
Propriétaire : M. Eric Elandaloussie
Le Grill Saloon à Albi Au pays des cowboys, le
saloon décline un thème « country »
Une
affaire familiale
Depuis 5 ans, Pascal Julia est le gérant du « Saloon »,
une affaire créée au départ par son père, il
y a 10 ans. En effet, Monsieur Julia tenait à l'époque un
stock américain avant-gardiste, il était alors précurseur
pour vendre les Dock Marteen's ou les Levis. Un jour, il visite un grill
déclinant un style « cowboy » qui lui plait et
lui vient alors l'idée de monter sa propre affaire.
Il choisit
Albi comme ville d'implantation et un vieil entrepôt comme local.
Il aménage le site et décline son thème à travers
la décoration et la cuisine. L'affaire tourne bien et il la revend
ensuite à son fils. Pascal nous précise : « au départ,
j'étais dans la banque. Mais, ça ne me plaisait pas. Mes parents
et mes beaux-parents sont dans l'hôtellerie et la restauration. Déjà
tout petit, j'étais dans le bain de la restauration. J'ai ouvert
un bar à Albi et quand j'ai fini de le payer, je l'ai revendu et
j'ai racheté l'affaire de mon père. »
Un restaurant à thème
Le thème décliné à souhait est le saloon, ambiance
country, mais non tex-mex comme le précise Pascal : « Nous
avons opté pour une cuisine à base de grillades, mais sans
accent tex mex. Le tex-mex a été trop galvaudé il est
aujourd'hui décrédibilisé. Nous réalisons également
une cuisine de terroir, celle du sud ouest. » La clientèle
est, du reste très fidèle, et mieux vaut réserver avant
de se déplacer. Pourtant le saloon est à 25 mètres
d'une rue passante, peu signalé et les propriétaires n'ont
jamais fait de publicité. « Nous n'avons pas de touristes,
ils ne viennent pas jusqu'ici ». La clientèle est très
cosmopolite, jeunes étudiants, hommes d'affaire ou familles. « Nous
n'avons que très peu de lycéens et ne cherchons pas à
avoir des groupes. Ce qui nous importe c'est le bien être des clients
et donc qu'il n'y ait pas trop de bruit »
Décliner un thème est un plus pour la
clientèle
Un thème comme celui ci amène de la fantaisie : « les
clients cherchent un dépaysement. La décoration est créée
pour cela. Nous avons trouvé dans le quartier du Sentier tout ce
qu'il faut pour décliner notre thème : des selles de chevaux,
des affiches, des plaques de voitures, des drapeaux... Mais, j'ai aussi
un copain qui habite Dallas et qui m'envoie régulièrement
des menus, des recettes. Le cadre convient à nos clients. Cela sort
du quotidien, et notamment de la nappe rouge à carreaux. Il faut
rêver. »
Dans la grande salle, le feu de bois apporte beaucoup de chaleur et de convivialité
à la salle toute en boiserie. « Notre thème est
facile à décliner : le western. Certains américains
viennent, ils se retrouvent chez eux ». A la question de savoir
si le fait de décliner un thème n'apporte pas un certain cloisonnement,
Pascal répond facilement : « Dans l'assiette je peux faire
autre chose. Notre fil rouge c'est la grillade, mais ma carte change tous
les ans. Le thème c'est indéniablement un plus. »
La cuisine western autant que du sud ouest
Pascal pratique avec son équipe quelques plats inspirés du
thème western : « J'ai quelques produits typiquement américains,
tels que la bière Bud, du vin californien ou des plats du jour tels
que des wings, des sirloins (découpe de viande façon canadienne)
mais je ne m'arrête pas à cette cuisine-là, car ce n'est
pas forcément ce que recherchent mes clients. Ils viennent surtout
pour les grillades mais aussi pour la cuisine terroir très affirmée
dans notre région. » Le grill, qui est un investissement
lourd à la base, est au centre de la cuisine du saloon : 11 grillades
différentes cuites sur la braise sont proposées, buf,
agneau, canard, avec deux sauces au choix. Et de ce fait, l'activité
du saloon est relativement saisonnière : « je fais 70%
de mon chiffre d'affaires l'hiver, en 6 mois ».
Le Grill Saloon
59, rue Croix-Verte
81000 Albi
Tél. : 05 63 38 07 84
Ouvert du mardi au samedi, midi et soir Fermé en août
ticket moyen : 100 F
Grillade de buf, d'agneau, canard