
M. Richard Malek
Une institution marseillaise« L'Esquinade »
La mer, en toute simplicité : « L'Esquinade »
à Marseille
A deux pas du Vieux-Port, la place Thiars et les rues environnantes constituent
l'un des quartiers les plus animés et chaleureux de la cité
phocéenne. « L'Esquinade » s'y taille une place
de choix, avec ses fruits de mer et plats de poissons appréciés
des marseillais.
Une succession d'établissements
familiaux dans un quartier privilégié
C'est en 1988 que Monsieur Richard Malek crée « l'Esquinade ».
Il a toujours exercé le métier de restaurateur. Lorsque sa
famille s'installe à Marseille en 1961, ses parents fondent un restaurant
dans le quartier de la place Thiars, « le Mistral ».
L'établissement devient rapidement le lieu où se retrouvent
beaucoup de français venant de quitter l'Algérie ; ils y apprécient
en particulier une cuisine ensoleillée, riche en poissons. La mère
de M. Malek est, note-t-il, « une excellente cuisinière,
qui savait depuis sa jeunesse cuisiner les produits de la mer, mais toujours
de façon simple et épurée. Mon frère et moi,
nous l'observions quand elle travaillait, et nous avons ainsi hérité
de son savoir-faire, et appris la cuisine « sur le tas ».
D'ailleurs, aujourd'hui, la cuisine de « l'Esquinade »
est à l'image de celle que mes parents pratiquaient : simple, sans
sauces ou préparations compliquées, elle se base sur l'excellence
et la fraîcheur des produits de la mer. » M. Malek et son
frère fondent par la suite un restaurant tout proche de l'actuelle
« Esquinade », « la Daurade », à
quelques dizaines de mètres de là. Lorsque la possibilité
s'offre de racheter les murs de « l'Esquinade », M.
Malek est satisfait de demeurer dans le même quartier, toujours fréquenté,
même en morte saison : « Cette partie de Marseille n'est
jamais désertée, même lorsque les gens ont tendance
à moins sortir, parce qu'il fait plus gris ou que le mistral souffle
de façon impressionnante. Ici, la fréquentation est bien sûr
moins importante en hiver, mais ce n'est jamais le désert ! L'emplacement
me convenait donc tout-à-fait. De plus, le lieu possède un
certain cachet : l'immeuble date du XVIIème siècle et a le
charme de l'ancien. Lorsque nous avons entrepris d'importants travaux de
restauration, lors de la reprise, nous avons vu apparaître, sous les
cloisons, des murs de pierre sèche que nous avons laissé apparents
; de même, les poutres du plafond sont d'anciens mâts de navire,
qui rappellent la vocation de Marseille... »
Une fraîcheur hors-pair et un rapport qualité-prix
sans faille
Le propriétaire de « l'Esquinade » déplore
que la conception du repas au restaurant ait énormément changé
depuis quelques dizaines d'années : « Lorsque j'étais
très jeune, le repas au restaurant constituait un événement.
Les gens y entraient à midi, pour en sortir presque à seize
heures... Aujourd'hui, cela est devenu rarissime. Il nous faut travailler
de façon très différente, être rapides et efficaces,
quels que soient les menus. Cela implique une autre définition du
métier, à laquelle j'ai voulu bien sûr m'adapter. La
simplicité des plats à base de produits de la mer, plateaux
de coquillages ou poissons, permet de se plier à la demande de rapidité.
Par ailleurs, le rapport qualité-prix doit être excellent,
car miser sur des tarifs très élevés n'est pas un calcul
rentable : la concurrence est tellement immense, que cela ne pourrait fonctionner.
Dans le quartier de la place Thiars en particulier, il n'y a pratiquement
que des restaurants ! Nous devons proposer des prix raisonnables. Le principe
de « l'Esquinade » est donc de ne jamais rogner sur
la qualité - et donc le prix - des produits, mais de procéder
à un travail en cuisine simple et qui n'exige pas la présence
d'un grand nombre d'employés. En revanche notre capacité d'accueil,
assez importante, demande qu'il y ait pas mal de personnes travaillant en
salle... Nous avons un grand nombre de clients qui nous sont fidèles
depuis douze ans. Ils apprécient la fraîcheur sans reproche
des produits, et aussi - et cela à mon avis est un aspect extrêmement
important de la restauration - l'accueil qui leur est fait. Les serveurs,
Jean-Paul, Michel, Patrick, en particulier, sont connus des clients qui
sont heureux de les retrouver et qui ont parfois avec eux des relations
très proches de l'amitié... Pour que les employés d'un
établissement aient le sourire et ne donnent pas aux clients l'impression
d'être des objets anonymes, il n'y a qu'une façon de procéder
: le patron doit être sans reproche dans sa relation aux serveurs
; je les respecte, et ce sont pour moi plus des amis que des employés. »
Il est notable que l'accueil est un des points forts de « l'Esquinade »
: prévenant, professionnel et souriant, il est la meilleure des mises
en condition pour savourer de copieuses assiettes de fruits de mer ou des
poissons préparés avec finesse, sans parler de la savoureuse
bouillabaisse prisée des habitués. On peut donc, à
« l'Esquinade », goûter au charme de la cuisine
de la mer, en se délectant des produits magiques que la Méditerranée
offre à ses amoureux. Produits qui prennent d'appétissantes
formes sur les tables de l'établissement : huîtres, violets,
oursins et palourdes, croustade aux fruits de mer, supions à la provençale,
friture de petits poissons, palourdes gratinées, marinades de saumon
ou de sardines, ou encore de rougets... Voilà, entre autres, pour
les entrées. Parmi les plats, il faut goûter les diverses bouillabaisses
: « Esquinade », à la langouste, au homard, ou
royale ; marmite du pêcheur, bourride, mais aussi spaghetti aux palourdes
ou au saumon, brochettes royales de poissons, langouste grillée,
suprême de loup aux grisets, ou encore portefeuille de saumon au bloc
de foie gras. Avec, bien sûr, les poissons du jour, grillés
ou en croûte de sel ou encore à la provençale : loup,
daurade, sard, rouget ou sole. Pour les amoureux d'air marin et de la cité
phocéenne, « l'Esquinade » recèle des
trésors gourmands !