
Une partie de l'équipe de la Lampa
La Lampa à Toulon : la fête à tout prix
Après plusieurs années de gérances
et de saisons, Philippe Tanguy revient à La Lampa où il avait
travaillé 10 ans auparavant comme serveur. Aussitôt, il met
en uvre l'idée qu'il se fait du bar, à savoir une ambiance
festive et conviviale qui passe par l'organisation de soirées à
thème en collaboration avec les discothèques de la région.
Une cohabitation difficile
C'est à 18 ans que Philippe Tanguy, toulonnais d'origine, entre dans
la vie active et, plus particulièrement, dans le métier de
cafetier : « j'ai commencé par des gérances, précise-t-il,
de bars, de discothèques et de brasseries. Mais, je connaissais déjà
La Lampa, car j'y ai travaillé il y a 10 ans comme serveur. C'est
donc après avoir fait quelques saisons à Courchevel et à
Cavalaire, poursuit-il, que j'ai eu l'occasion et les fonds nécessaires
pour acquérir La Lampa ». Ce choix n'est donc pas le résultat
du hasard : « j'ai choisi La Lampa, avoue Philippe Tanguy, car
je connaissais déjà la clientèle. Mais cela ne signifie
pas pour autant que tout était acquis a priori. Nous avons en effet
un problème de voisinage non seulement à La Lampa, mais encore
dans tous les établissements du port. Ce qui signifie qu'à
minuit et demi nous arrêtons de servir nos clients et à 1 heure,
nous mettons tout le monde dehors au même moment. Cela entraîne
nécessairement du bruit. En revanche, si nous avions une autorisation
d'ouverture jusqu'à 3 heures du matin, par exemple, les clients partiraient
petit à petit et, nécessairement, il y aurait moins de bruit.
C'est le même type de problèmes que l'on retrouve à
propos de l'animation et des activités festives de Toulon : « il
y a très peu d'établissements qui participent à l'animation
et à l'ambiance festive de Toulon, et il ne reste plus que 3 discothèques.
Lorsque les gens sortent, par conséquent, ils ne restent pas à
Toulon : ils vont à Bandol, Cassis, Cavalaire, Hyères, etc.,
qui sont des villes très touristiques et très animées.
La situation empire, bien évidemment, durant la période estivale
: non seulement les toulonnais vont ailleurs, mais les touristes ne s'arrêtent
que très rarement dans les établissements du port. Ici encore,
poursuit-il, il semblerait que la nouvelle municipalité soit prête
à remédier à ces difficultés, car il est indispensable
de trouver des solutions pour faire vivre Toulon ».
span class=titre>Créer une ambiance festive
Ces solutions, La Lampa les a trouvées à son propre niveau
: « quand je suis arrivé à La Lampa, explique Philippe
Tanguy, l'activité principale était la restauration. Je n'ai
pas supprimé cette activité, mais j'en ai ajouté d'autres,
comme les soirées à thèmes et la possibilité
de manger des Tapas. Nous organisons, mon frère et moi, 2 soirées
par mois en moyenne. Mais, en raison du bruit, nous ne pouvons pas faire
venir des groupes de musique ». C'est sans doute en raison de
cette limitation que Philippe Tanguy a décidé de trouver un
moyen original de poursuivre la soirée commencée à
La Lampa : « nous organisons un grand nombre de soirées
en collaboration avec les discothèques, précise-t-il, de sorte
que les coûts sont réduits pour tout le monde. L'avant-soirée
a lieu à La Lampa à partir de 20 heures, souvent avec un thème
et un repas adapté à ce thème, pour un prix qui ne
dépasse que très rarement 100 F. Ensuite, nous allons tous
en boîte ». L'avant-soirée à La Lampa a cependant
une valeur en elle-même : « les soirées à
thèmes ont un franc succès, avoue Philippe Tanguy, et il nous
arrive de faire venir des Stars du cinéma X, comme N. J. de Naya,
qui signent des autographes et passent derrière le comptoir pour
animer la soirées. Ou alors, ce sont des danseuses et des défilés
de mode ».
Le souci principal de Philippe Tanguy est en effet de créer une ambiance
festive et conviviale : « à La Lampa, avoue-t-il, nous
avons une clientèle très hétéroclite, puisque
homosexuels et hétérosexuels s'y côtoient dans une parfaite
harmonie. Ce qui nous importe avant tout est que les gens se sentent bien
et fassent connaissance, de sorte que ceux qui viennent une première
fois reviennent pour l'ambiance. Moi-même, poursuit-il, j'entretiens
une relation de copinage avec les clients, car il m'arrive souvent de sortir
et faire la fête avec eux ». L'ambiance festive et conviviale
est en effet un élément indispensable au bon fonctionnement
d'un établissement : « le bar traditionnel n'est plus ce
qu'il était, explique Philippe Tanguy, de sorte qu'il faut sans cesse
se remettre en question. Tous les matins, je me demande ce que je vais bien
pouvoir faire pour innover et faire sortir la clientèle. Certes,
la brasserie est également une nécessité, car elle
touche un autre type de clientèle, à savoir les gens qui travaillent
dans le quartier et qui viennent déjeuner. En outre, s'il n'y avait
que le bar, les clients ne viendraient qu'après le repas, voire pas
du tout ».
Une adaptation permanente
La Lampa propose donc un grand choix de Tapas et cocktails originaux ainsi
qu'une carte variée pour la brasserie. Pour un prix unique de 20
F, on pourra choisir, entre autres Tapas, une Salade de poulpes provençale,
une Petite friture d'Eperlans, une Ratatouille de moules au cumin, des Tortillas,
un Chili con carne, des Albondigas (brochette de buf pimentée)
ou, pour 80 F, une formule de 4 Tapas et un verre de Sangria. Parmi les
cocktails, outre les classiques de 50 à 73 F, on aura le choix entre
un B 52 à 30 F (crème de café, Bayles, Rhum brun) qui
se boit dans un petit verre « cul sec » avec une paille,
un Blue Job pour 30 F (crème de café, Bayles, chantilly) qui
se boit sans les mains ou des Rhums arrangés pour 20 F (Qui Fémal,
Pom-K-Nel). A la brasserie, on pourra choisir une formule à 70 F
avec des moules marinières et une bière en pression, un plat
du jour à 49 F, des salades de 25 à 57 F, des pâtes
de 55 à 60 F, des viandes de 70 à 80 F ou des poissons de
45 à 90 F.
On aura compris que le principe de La Lampa est de s'adapter aux désirs
de la clientèle : « nos clients n'ont pas nécessairement
des budgets très importants, précise Philippe Tanguy. C'est
pourquoi nos prix sont, dans l'ensemble, raisonnables. Aujourd'hui il faut
être aussi bon commerçant que gestionnaire et c'est pour ne
pas avoir pu ou voulu s'adapter que certains établissements sont
condamnés à fermer leurs portes. A La Lampa, conclut-il, l'adaptation
est permanente et nous avons le projet de créer un espace Internet,
car les gens apprécient de plus en plus les Cyber Cafés et,
en outre, cela nous permettra un apport de clientèle l'après-midi ».