Les échos
Arnaud Albinoni
Les Français restent les champions du monde pour la table et le dodo
En ces temps de grande morosité, il est agréable de commencer cette rubrique sur les échos par une grande et bonne nouvelle : l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) organisme sérieux s'il en est, vient de nous décerner le glorieux titre de champions du monde pour ces deux activités essentielles, à savoir la table et le lit.
Pour la table, il apparaît que nous y consacrons plus de deux heures par jour ; à titre comparatif, les Mexicains, au hasard, qui ont fait parler d'eux pour d'autres raisons, n'y consacrent qu'une heure...
Cette indication est rassurante car elle démontre que, malgré la crise, les Français continuent à trouver le temps et le plaisir de la table. Il contredit toutes les prévisions apocalyptiques qui avaient été formulées il y a quelques années sur la disparition progressive du repas structuré. Il est en même temps, pour vous professionnels, un élément encourageant : vous pouvez continuer à escompter que vos clients passeront du temps à table.
Notre deuxième trophée se fait avec le sommeil. Il apparaît que sa durée moyenne dans notre beau pays avoisine les neuf heures. Les Espagnols, qui, culturellement, structurent leur journée par une sieste, sont derrière nous malgré celle-ci. Cette indication est également rassurante, nous aimons passer du temps au lit, l'étude ne dit pas si c'est pour dormir, méditer ou faire autre chose... Les nuits les plus courtes se déroulent au Sud-est asiatique avec le Japon et la Corée du Sud. On ne connaît pas les durées imparties au Chinois, mais gageons que leur dure vie industrielle doit laisser assez peu de temps au sommeil.
Malgré la crise et la morosité que veulent nous infliger nos chers médias, la France resterait le pays où il fait bon vivre ?
La France cède à l’Espagne sa 2ème place d’exportateur de vins
Il y a des indicateurs qui, par contre, ne sont pas des plus positifs : parmi ceux-ci figure la 3ème place que se prend la France en matière d'exportateur de vins.
La France a été longtemps 1ère dans ce domaine et on a presque envie de dire que les différentes filières s'étaient installées dans ce confortable leadership.
Il y a peu, l'Italie lui ravissait la 1ère place. Cette année les chiffres sont cruellement tombés et l'Espagne, avec 19,5 millions d'hectolitres exportés, prend à la France sa 2ème place, n'exportant, pour sa part, que 13,6 millions d'hectolitres. L'Italie reste en tête avec une dynamique commerciale extrêmement forte.
Nous pouvons toujours nous consoler en constatant que nous exportons des vins de plus grande valeur que ceux écoulés par les deux pays en tête.
Les différentes filières viticoles semblent avoir préféré la qualité à la quantité dans leurs ventes à l'étranger.
Sur le plan national, la diminution de la consommation de vins et d'alcools en général, tant au restaurant qu'au bar, vous ont amenés, vous professionnels, à faire également ce choix du qualitatif sur le quantitatif.
L’embauche d’apprentis encouragée avec zéro charge
Le dispositif zéro charges pour les contrats d'apprentissage et de professionnalisation peut être, pour vous professionnels du CHR, un excellent levier pour faire face à vos besoins sans alourdir vos coûts d'exploitation. Du moins c'est l'hypothèse qu'a effectué le Gouvernement pour développer l'emploi des jeunes, compte tenu de la lourdeur et de la permanence du chômage chez les moins de 26 ans. En plus de la suppression des charges, une prime de 1 800 _ est attribuée jusqu'au 1er juin 2010. Son paiement s'effectuera en deux fois, à la signature du contrat et l'autre partie après six mois. Les contrats de professionnalisation donnent également lieu à une prime de 1 000 _ pour tout emploi d'un jeune de moins de 26 ans. Cette prime peut être portée à 2 000 _ si votre jeune embauché n'a pas le niveau du baccalauréat.
L'État veut, en même temps, encourager le recours aux stagiaires, tout en apportant une réponse à leurs demandes de rémunération. La nouvelle réglementation exige que le stagiaire reçoive une rémunération dès le 2ème mois de stage, alors que cette obligation existait dès la fin du 3ème mois. Par contre, si vous embauchez ce jeune à la fin de son stage en lui offrant un CDI, vous pouvez prétendre à une prime de 3 000 €, elle aussi versable en deux fois, 1 500 € à la signature du contrat et 1 500 _ au terme des six mois.
On peut constater que l'État a fait un effort, pour à la fois concilier les besoins des jeunes et les aides aux entreprises dans ces périodes difficiles pour elles.
À vous de bien choisir vos jeunes et de bien les former dans des métiers où ils ne devraient pas connaître le chômage tant les besoins sont importants.
La fréquentation touristique de 2009 meilleure que celle de 2008 ?
La fréquentation touristique 2009, dont le point le plus fort est vécu ce mois-ci, sera-t-elle supérieure à celle de 2008 ? Pratiquement tous les professionnels du CHR sont concernés par la fréquentation touristique. En ce moment, chacun de vous est en droit de se demander si la saison 2009 sera meilleure ou moins bonne que celle de 2008.
En 2008 nous avons reçu près de 80 millions de visiteurs pour l'ensemble de l'hexagone. Ce chiffre est important mais en le regardant de près on a certes constaté que l'année 2008 avait été globalement bonne mais qu'elle avait été légèrement inférieure à l'année précédente, la crise effectuant ses premiers effets.
La saison d'hiver, qui a ouvert 2009, a été excellente, alors comment se feront la pré-saison, saison et arrière-saison.
Dans le domaine des loisirs, avec la crise, on a constaté ces derniers mois des modifications profondes dans les habitudes des clients, tant français qu'étrangers. Ces modifications affectent d'abord les modalités de réservation. Il y a deux ans encore, le client, surtout étranger, réservait longtemps à l'avance, afin d'être sûr d'avoir la location dans l'endroit et le moment de son choix. De plus en plus, cette habitude de réservation calculée très en amont semble se perdre. La profession hôtelière, surtout en zone de fort tourisme, avait structuré ses habitudes de travail par rapport à ces processus de réservation effectués longtemps en avance. On pourrait presque dire que cela avait donné de mauvaises habitudes car certains professionnels s'étaient installés dans un confort ne les incitant pas facilement à se remettre en cause. On peut les comprendre, afficher complet plusieurs mois avant la saison est certes réjouissant.
Il apparaît que ces habitudes, aujourd'hui, sont abandonnées par les clients qui optent de plus en plus pour le "last minute". Au dernier moment, et souvent en utilisant Internet, le client recherche la bonne formule, sans toujours avoir un choix très précis dans sa demande initiale. Il se décidera en fonction des opportunités et des offres du moment. On peut facilement comprendre que ce changement de pratiques soit déstabilisant pour la profession. Dans tous les cas, cela vous oblige à modifier complètement votre organisation de travail et vos moyens de communication.
Ceux d'entre vous qui ont investi dans des sites Internet faciles d'accès et de manipulation pour ce type de clients ont certainement des retours sur investissement intéressants.
Enfin, cette année, la promotion qui a été faite sur les chèques vacances par le Gouvernement auprès de toutes les entreprises devrait également faire ressentir ses effets bénéfiques.
Alors, à vous de jouer pour attirer le plus possible de clients pour la saison qui bat son plein et de vous préparer aussi à l'arrière-saison, qui devient de plus en plus une période de congés compte tenu du vieillissement de la population.
Le débat sur l’ouverture du dimanche continue
Dans notre beau pays, nous savons trouver des débats sans fin, parmi ceux-ci figure l'ouverture dominicale.
Avec les mêmes arguments de défense de l'emploi, les protagonistes des deux camps continuent avec entrain et enthousiasme leurs attaques et défenses. Les tenants de l'ouverture dominicale, parmi leurs arguments, mettent en avant des possibilités de création d'emplois allant jusqu'à 10 000. Ils développent également toute une argumentation sur les catégories socioprofessionnelles qui sont prioritairement intéressées par ce type d'emploi et en premier, les jeunes, notamment les étudiants pour qui cette activité constitue une source de revenus difficilement trouvables autrement.
Les adversaires de l'ouverture du dimanche mettent en avant le sacro-saint repos dominical, l'atteinte inacceptable à la vie familiale. Ils soulignent également que l'ouverture dominicale est une source de précarisation des emplois.
Ce type de dialogue de sourds a été notamment vécu et amplifié sous toutes ses formes autour de site commercial de Plan de Campagne dans les Bouches du Rhône sans jamais vraiment trouver de solutions stabilisées et satisfaisantes.
Il semblerait que le ministre du travail veuille trouver une solution permettant aux deux parties de s'y retrouver. Au stade actuel, il préconise la possibilité d'ouverture le dimanche pour tous les commerces inclus dans des zones touristiques et thermales ou ayant déjà une antériorité dans ce domaine. La mise en œuvre de ce type de dispositifs voulu par le ministère du Travail devrait permettre de concilier les possibilités d'ouverture avec le volontariat des salariés... même si cela est difficile à organiser et concilier.
Déclin du muguet du 1er mai
Si les organisations syndicales, toutes confondues, ont fait recette pour le 1er mai et ont exprimé leur satisfaction sur la longueur des cortèges des manifestants, il n'en est pas de même pour les producteurs et vendeurs de muguet du même jour.
Ainsi, cette année, il y a eu beaucoup de manifestants dans la rue, mais moins d'acheteurs de muguet, voire de vendeurs et surtout de producteurs.
Le muguet est majoritairement produit en pays nantais et ceux-ci connaissent depuis plusieurs années des difficultés liées à l'écoulement de leur éphémère production. Ainsi, notre muguet, symbole du bonheur, est entré dans une spirale récessionniste : moins de vente, d'où une diminution des producteurs et une augmentation du prix, d'où une nouvelle incitation à la diminution des ventes... C'est bien dommage, mais verrons-nous apparaître pour le muguet ce qui existe déjà avec le sapin de Noël, autre produit éphémère, à savoir de jolies clochettes en plastique made in China ?
Nous avons gagné la bataille du roquefort, merci Monsieur Obama !
Presque aussi longue que la guerre des Roses, la bataille du roquefort va se solder au mieux des intérêts de nos braves producteurs du délicieux fromage. Cette bataille a été gagnée grâce au concours de l'Union européenne. En effet, depuis les années 80, l'Europe s'opposait farouchement à toute importation de bœuf aux hormones made in USA. Cette allergie européenne aux hormones avait entraîné des représailles d'outre-Atlantique, dont le point d'apogée était la taxation à 300 % de notre bon roquefort.
Un compromis historique a été signé des deux côtés de l'Atlantique permettant les importations de bœuf américain... sans hormone. En contrepartie, nous pouvons commercialiser le roquefort. Mais comme les choses dans ce monde ne sont jamais simples, si le calumet de la paix a été fumé entre le bon Monsieur Obama et notre glorieux Barroso, certains parlementaires américains sont en train de souffler sur les braises de la poursuite du conflit. En effet, ceux-ci s'estiment injustement traités dans ce règlement qui écarte de nos assiettes européennes le bœuf américain aux hormones. À suivre donc... Peut-être que vous servirez du bœuf américain avec ou sans hormones...
L’opposition au rosé “made in UE” continue
Comme nous l'avons déjà relaté, la Commission européenne, parmi ses initiatives créatives, parfois peu compréhensibles, se propose d'autoriser la fabrication et la vente de rosé issu d'un simple mélange entre des vins rouges et des vins blancs. Ce genre d'approche a scandalisé les producteurs de vins rosés, notamment
français qui y voient une concurrence déloyale. En plus, ils argumentent sur l'absence de qualité de ce type de produit. La Commission européenne défend son projet en mettant en avant que hors de l'espace européen, cette pratique de coupage blanc et rouge pour faire du rosé est largement pratiquée. Nos braves producteurs rétorquent que ce n'est pas parce que des bêtises sont faites hors Europe que l'on doit nécessairement les reproduire à l'intérieur de notre espace européen.
On peut souligner la défense vigoureuse qu'a engagé notre ministre de l'Agriculture pour tenter de mettre fin à ce projet qui apparaît sans de réels fondements. À suivre...
Une étude sur l’alcool à afficher impérativement…
Depuis une bonne décennie, toutes sortes d'associations anti-alcooliques nous assènent avec une consternante régularité les méfaits de l'alcool. En parallèle, la peur du gendarme a également contribué à diminuer considérablement la consommation d'alcool. On en vient à envier la période où le regretté Paul Ricard faisait défiler sous le regard suspicieux des journalistes ses retraités représentants en Pastis et autres choses alcoolisées... Quoi qu'il en soit, l'actualité nous apporte une information scientifique portée par l'université de Wageningen des Pays-Bas. Une étude scientifique
produite par cette université, tend à prouver que la consommation continue de vin augmente l'espérance de vie. Les bons scientifiques qui ont effectué cette étude affirment que l'espérance de vie est augmentée de cinq ans pour un buveur de vin par rapport à un buveur d'eau. Bien évidemment, ce type d'information, par les temps qui courent, est politiquement incorrecte et n'a donc pas fait la une des médias. Nos journalistes, quotidiennement porteurs de nouvelles plus catastrophiques les unes que les autres, devraient s'essayer à cette approche sur la consommation quotidienne de vin. Nous sommes persuadés, à la rédaction, que cette pratique, en plus de contribuer à leur longévité, devrait les amener à avoir une vision plus optimiste de l'existence... Bien évidemment, pour être tout à fait sérieux, nous nous devons de préciser que les scientifiques de l'université de Wageningen ont précisé que la consommation optimale quotidienne, pour bénéficier de cette espérance supplémentaire de cinq ans de vie, était de vingt grammes. Au-dessus, les mêmes scientifiques ne répondent plus de rien. Dans tous les cas, nous ne pouvons que vous conseiller de vous procurer cette étude, et après vous l'avoir fait traduire du néerlandais au français, de la tenir à disposition de vos clients.


