Juillet 2010

Zoom sur une ville

Julia Green


Marseille Les professionnels du CHR luttent contre les effets de la crise


Marseille est la capitale de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) et la préfecture du département des Bouches-du-Rhône. La ville est bordée par la Méditerranée à l'ouest, enserrée par le massif de l'Estaque et le massif de l'Etoile au nord, le Garlaban à l'est et le massif de Marseilleveyre au sud.

Premier port français et méditerranéen, c'est aussi le quatrième au niveau européen. Sur le plan international, Marseille est la deuxième représentation consulaire de France avec plus de soixante-dix consulats. Le quartier d'affaires Euro méditerranée et l'obtention du rang de capitale européenne de la culture pour 2013 sont autant d'atouts qui renforcent son rôle dans le bassin méditerranéen.

Le renouveau de la ville a attiré plus de 40 000 nouveaux habitants entre 1999 et 2006 et plus de 13 000 entre 2006 et 2007. La nouvelle image, dont elle jouit est matérialisée par les travaux importants effectués dans le cadre du projet Euro méditerranée, entre la gare Saint-Charles, la Belle de Mai et les anciens docks.

Le tramway illustre aussi la nouvelle image de la cité phocéenne :  il traverse de grands axes comme la Canebière ou encore le palais Longchamp. Mis en service au cours de l'année 2007, son chantier a permis aussi de réhabiliter certaines rues de Marseille  et de les mettre en valeur.

En 2007, sa population était de 852 395 habitants (recensement l'Insee), ce qui en fait la seconde commune la plus peuplée de France. Depuis 2000, la ville est à la tête de la communauté urbaine "Marseille Provence Métropole" qui regroupe 1 023 972 habitants.

Bénéficiant d'une durée exceptionnelle d'ensoleillement, avec plus de 116 jours de soleil par an et d'une température moyenne de 14,6 C, Marseille et ses environs sont très prisés des touristes.

La ville attire en effet sans cesse de nouveaux visiteurs : le trafic de la gare Saint-Charles est passé de 7,1 millions de passagers annuels en 2000 à 15 millions en 2007 grâce à

l'effet TGV qui met Marseille à 3 heures de Paris, à 1h40 de Lyon et à 4 heures de Lille. Et ce n'est pas tout car en l'espace de dix ans, Marseille a multiplié par trente le nombre de croisiéristes en escale, sur des paquebots de plus en plus prestigieux, comme par exemple le Queen Mary II.

Depuis la fin des années 1980, Marseille profite d'une image positive, celle d'un  lieu de culture, de solidarité et de pacification interethnique. L'image de la ville passe peu à peu de celle d'une cité arrogante et bruyante à celle d'une ville unique en son genre bénéficiant d'un site naturel exceptionnel, et celle d'une ville à la pointe de la mode et de l'art.

Les professionnels du secteur du CHR, situés sur Marseille et ses environs, vivent au rythme des touristes de passage et de la population locale

Selon le rapport publié par le Comité Régional du Tourisme de la région PACA en septembre 2009, il ressort que la saison estivale  a été marquée par les effets de la crise économique.

La crise économique a en effet limité le pouvoir d'achat de la population locale et des touristes sur l'ensemble de la zone marseillaise. 56% des professionnels interrogés estiment les dépenses des touristes à la baisse, alors qu'ils n'étaient que 47% en 2008. Ce chiffre confirme les restrictions que les touristes disent appliquer sur le budget vacances.

L'étude démontre également un ralentissement du tourisme d'affaires, des courts séjours, de l'activité hôtelière et de celle des restaurateurs.

En 2009, le budget dépensé par la clientèle française   a été stable voire en légère baisse par rapport à 2008. (47 % des professionnels interrogés le pensent stable, 28% en baisse et seulement 18 % en hausse).

La clientèle étrangère a été quant à elle plutôt en baisse par rapport à 2008 (18 % des personnes interrogées pensent que la clientèle étrangère est en hausse, 42 % la jugent stable et 33 % en baisse).

Jean-Sébastien Grollet, gérant du Promocash de Marseille, depuis novembre 2009 est quotidiennement au contact d'une grande majorité de restaurateurs issus de la restauration rapide et économique. Ces derniers, selon leur localisation, bénéficient d'une clientèle de bureau et / ou de touristes.

A l'écoute des difficultés que rencontrent ses clients face à la crise économique, Jean-Sébastien Grollet suggère de mettre en place des actions spécifiques pour dynamiser la fréquentation de leurs établissements : baisse des prix, offres promotionnelles, davantage de communication et de publicité, création de nouvelles offres et des formules tout compris.

M. Grollet conseille aussi de rester réaliste par rapport à ce qui est possible de mettre en place et ce qui l'est moins. Il suggère par exemple de maintenir les prix affichés tout en en proposant une plus value au niveau de l'accueil ou de la rapidité du service pour compenser le manque à gagner pour les clients. La rapidité du service est un facteur essentiel dans un contexte où la clientèle est de plus en plus pressée par le temps. Notamment, lors de la pause déjeuner où la clientèle de bureau dispose de moins d'une heure pour se restaurer. A défaut de pouvoir baisser les prix, les restaurateurs doivent pouvoir répondre aux attentes spécifiques des clients.

Le gérant Promocash a constaté également que la plupart de ses clients redynamisaient leur établissement en apportant quelques rénovations. L'objectif est d'améliorer la propreté et la convivialité des lieux sans pour autant investir financièrement dans de grands ouvrages.

Notre gérant conseille enfin de ne pas toucher à la quantité des plats et de privilégier la qualité des produits

Dans un tel contexte économique et fort de son expérience dans la grande distribution et le secteur de l'hôtellerie-restauration, Jean-Sébastien Grollet conseillerait à un jeune entrepreneur désireux de s'installer dans la ville ou ses environs de choisir l'emplacement le plus stratégique pour ouvrir son établissement. Le centre ville et le centre des affaires de Marseille apparaissent par exemple comme des endroits prometteurs. Par ailleurs, à l'heure où les consommateurs restreignent de plus en plus leur budget, il est important pour un restaurant de proposer un menu complet (entrée, plat, dessert, vin au verre ou café) à un tarif moyen de 13 euros. Ces efforts permettent de fidéliser une clientèle de bureau qui doit se restaurer tous les jours à proximité de son lieu de travail.

Enfin, la qualité de l'accueil du client et la convivialité des lieux restent les critères clés pour conquérir et garder ses hôtes.

AG Com
Promocash